Une stratégie pour temps incertains
Comme toustes les Unitaires, je suis au bord du désespoir face à la guerre annoncée des deux gauches qui se précise.
Je tiens à saluer la persévérance, pourtant moquée ou dépréciée, de Marine Tondelier dans l'affirmation de deux priorités qui sont les miennes : l'urgence climatique et la nécessité du rassemblement des gauches et des écologistes.
Il est un peu trop facile de dénoncer son absence de stratégie face à une situation d'une atroce complexité. Il serait bien sûr plus confortable de céder, comme Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, au simplisme d'un ralliement à l'un des deux camps en présence.
Mais comme elle je me refuse à céder à cette tentation.
Nous avons donc l'impérieux devoir de trouver un chemin, si peu frayé et attractif soit-il, pour garder notre intégrité et préparer l'avenir à moyen terme d'une gauche éclatée et en guerre avec elle-même.
Le maintien contre vents et marées d'une candidature Tondelier plombée par les sondages est-il raisonnable ? Je ne le crois plus.
Le ralliement à l'un des deux pôles de la guerre des deux gauches l'est-il davantage ? Je ne le crois pas non plus. Si le programme écologique de Mélenchon est plus proche du nôtre que celui du "pôle socialiste" (quel que soit le résultat de sa primaire d'octobre), son mode de fonctionnement autoritaire, son arrogance, son sectarisme paranoïaque et son tropisme campiste (qui en fait un allié de Poutine et de Xi Jinping) sont indéfendables, sans parler de sa complaisance vis-à-vis de l'antisémitisme d'une partie de ses troupes. Par contre, si le positionnement anti-Poutine et anti-Xi Jinping du "pôle socialiste" nous convient davantage, son programme écologique est peu crédible et son engagement pour les droits des Palestiniens bien incertain.
Il ne nous reste donc, pour préserver l'unité des Ecologistes, qu'à renoncer à une candidature autonome et à laisser la liberté de vote à nos adhérent-es et sympathisant-es tout en développant nos propres positions par une campagne indépendante basée sur notre propre programme et centrée sur le refus de la "guerre des gauches" et la nécessité toujours réaffirmée du rassemblement face au danger néofasciste.
Prenons acte de notre incapacité à inverser le cours des choses, mais ne renonçons pas à être ce que nous sommes : des écologistes opposé-es à tous les impérialismes et partisan-es d'un rassemblement antifasciste victorieux.
Post Scriptum : Je me reconnais totalement dans la stratégie adoptée le 21-9 par notre Conseil Fédéral.
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