Marina VLADY Ma cerisaie
Trouvé dans une boîte à livres, ce roman se laisse lire agréablement. Marina VLADY connaît bien l'histoire de la Russie et de l'URSS et cela se voit. L'idée de suivre les personnages de "La cerisaie", célèbre pièce d'Anton TCHEKOV, mort en 1900, sur tout le XXe siècle s'accompagne d'un hommage à sa propre famille, dont, semble-t-il, les pérégrinations et le destin ont servi de modèle.
La dernière descendante de Lioubov Andréievna porte d'ailleurs carrément le prénom et le nom de sa propre mère Militsa ENVALD, et l'époux de celle-ci s'appelle, comme le père de l'autrice, POLIAKOFF-BAÏDAROV.
Ainsi, par la grâce d'un changement de génération l'une et l'autre histoire s'articulent et s'enchaînent admirablement. J'apprécie tout particulièrement la façon dont Marina VLADY rend compte du devenir de cette catégorie sociale broyée par l'Histoire : l'intelligentsia progressiste russe, avec un aperçu, à travers le personnage de LOPAKHINE, sur l'autre catégorie sociale éliminée par la contre-révolution stalinienne, celle des paysans indépendants, les "koulaks".
Si ce roman se lit donc agréablement, il nous donne également à penser sur le destin de la Russie. Un pays voué depuis plus d'un siècle à la violence, et qui aura bien du mal à en sortir.
/image%2F1562319%2F20260831%2Fob_687fb6_marina-vlady-ma-cerisaie.jpg)