Sarah SHULMAN Let the Record Show

Publié le par Henri LOURDOU

Sarah SHULMAN Let the Record Show
Sarah SHULMAN
Let the record show
Une histoire politique d'ACT UP New York 1987-1993
Traduit de l"américain par Adeline Chevrier-Bosseau, Hélène Cottet,

Mathieu Duplay, Laurence Gervais, Corinne Oster et Hélène Quanquin

2021, Libertalia 2026 pour la traduction, 1 224 p.


 

Ce gros pavé, consciencieusement traduit, avec 150 pages d'annexes éclairantes (carte de New York avec les principaux lieux évoqués, mise au point sur Act Up et le FBI, extraits du bulletin interne TITA (Tell It to Act up), chronologie des événements clés, liste des entretiens des Archives orales ACT UP, différents glossaires) est cependant d'une lecture très fluide.

Néanmoins, en rendre compte en quelques pages demande un gros effort de synthèse qui m'a obligé à prendre des notes au fil de la lecture. Et je ne saurais trop conseiller à d'autres lecteurices (pour reprendre les codes d'écriture inclusive que l'on retrouve dans cette traduction) de faire de même. De la même façon, malgré la carte, les annexes et index, de nombreux noms demandent une petite recherche pour les non familiers de New York.

Let the Record Show

Ainsi, il faut atteindre la p 595 pour comprendre le sens du titre de ce livre : "Let the Record Show" (jamais traduit, et que l'on peut rendre par : "Que l'archive témoigne") est le titre d'une installation artistique réalisée dans la vitrine du New Museum, musée d'art contemporain à Tribeca (quartier au Sud-Ouest de Manhattan) par un collectif d'artistes d'ACT UP à l'automne 1987 : "En arrière-plan de l'installation , il y avait des photos reproduisant le procès de Nuremberg, avec des pierres tombales portant le nom des politiciens qui étaient activement hostiles aux personnes vivant avec le sida, comme le sénateur de Caroline du Nord Jesse Helms, le cardinal catholique Ratzinger et le journaliste conservateur William F.Buckley. La relation entre l'image et le titre sous-entendait une menace : ces gens-là allaient devoir répondre de leurs actes comme les nazis lors du procès de Nuremberg, et ils allaient devoir endosser la responsabilité de leurs crimes qui avaient coûté la vie à de nombreuses personnes atteintes du sida. En ce sens, cette oeuvre était utopique, car jamais personne n'a dû répondre des souffrances infligées aux personnes atteintes, et personne n'a jamais été reconnu responsable de toutes ces morts." (pp 595-6)

Pourquoi une histoire "politique"

Tout d'abord, soulignons que cette traduction a été facilitée par l'appui des différentes institutions universitaires auxquelles appartiennent les différentes traducteurices : ce qui est l'occasion de souligner le danger que représenterait la prise de pouvoir de l'extrême-droite dans notre pays à la tradition si centralisatrice.

Sarah SHULMAN nous est en effet présentée ainsi : née à New York en 1958, militante dans de nombreux collectifs, dont ACT UP-New York, les Lesbian Avengers et Jewish For Peace, et co-fondatrice de l'ACT UP Oral History Project en 2001. Ce livre est le résultat de cette dernière entreprise réalisée sur 16 ans auprès de 188 personnes.

Sarah SHULMAN n'est pas historienne mais journaliste, et son travail de synthèse est explicitement politique. Il n'en est pas moins doté d'une grande rigueur et abondamment nourri de faits et de citations des acteurices eux-mêmes. Le choix d'avoir limité son histoire à la période 1987-1993 n'est pas justifié par un fait historique précis mais d'abord par le fait que l'implication personnelle de Sarah SHULMAN dans ACT UP New York, commencée en 1987 avec la création du groupe, s'est arrêtée en 1992 et que l'action principale et le succès initial d'ACT UP New York s'est concentré sur ces années-là.

Cependant, la chronologie de l'action du groupe donnée en annexe s'étend jusqu'à fin 1994. Et il est rappelé dans la note introductive aux lecteurices que "le sida n'a pas disparu. Parmi les 100 000 New Yorkais-es qui sont mot-es du sida, 1 779 sont mort-es en 2017." Suivent les chiffres pour l'ensemble des USA (16 350 en 2017 pour 700 000 au total) et ceux donnés par les Nations Unies pour 2018 pour le monde entier : 32 millions de morts, dont 770 000 en 2018. Et l'autrice conclut que les différents groupes ACT UP dans le monde, qui ont été jusqu'à 148, continuent pour la plupart d'exister (p 37).

Le fait d'avoir écrit cette "histoire politique", ainsi que d'avoir fait le film "United in Anger" en 2012,avec son camarade Jim HUBBARD , cofondateur de l'ACT UP Oral History Project, est justifié par le fait que "L'histoire de l'épidémie de sida a été extrêmement mal écrite, truffée d'erreurs de toutes sortes, en partie parce que pendant des décennies, l'industrie culturelle a favorisé la diffusion d'oeuvres -tant créatives que journalistiques- qui faisaient des hétérosexuel·les les héros de la crise, déchargeant ainsi du poids de la culpabilité les puissantes institutions sociales et gouvernementales qui ont abandonné les malades du sida." (p 51)

Citant ensuite deux oeuvres très connues et représentatives (le film "Philadelphia", 1993, et la pièce de théâtre "Angels in America" (1991-2), elle constate qu'elles "donnent à voir des gays malades du sida seuls et abandonnés, et, par contraste, un·e hétérosexuel·le qui surmonte héroïquement ses préjugés pour venir en aide au pauvre gay qui n'a ni communauté ni famille politique pour le soutenir." (p 52 ) Or, ajoute-t-elle, "c'est l'inverse qui est vrai : des gays malades du sida ont été abandonnés par la plupart des hétéros, y compris leurs familles, leurs voisin·es et par leur gouvernement. Et ils ont été défendus par leur communauté, dont les membres n'avaient pas non plus ni droits, ni représentation." (ibid.)

Dictée par l'urgence de survivre, "la coalition contre le sida pour prendre du pouvoir (Aids Coalition To Unleash Power – ACT UP) est un groupe diversifié et non partisan d'individu·es, uni·es par la colère et engagé·es dans une action directe pour mettre fin à la crise du sida." (p 35)

Au point de départ : un abandon politique des malades

Sarah SHULMAN insiste sur le temps qu'il aura fallu à la communauté LGBT pour réagir efficacement et collectivement à l'abandon et au désarroi des premiers malades. Entre les premiers articles sur ce qui est d'abord qualifié de "cancer gay" en 1981 et la naissance de la coalition new yorkaise en 1987, il aura fallu six longues années d'angoisses et de méconnaissance de ce qui se passait, largement dues au choix politique des gouvernants de stigmatiser et d'abandonner une communauté non-conforme aux "valeurs américaines" dominantes. Car c'est l'époque de la "révolution conservatrice" de Reagan, première mouture de la réaction fascisante actuelle. En même temps, la création d'Act Up n'est pas tombée du ciel : elle a été préparée par des actions antérieures, parmi lesquelles on distinguera celle qui a donné naissance aux "Principes de Denver" en 1983. Il s'agit de l'irruption sur scène de personnes vivant avec le VIH lors d'une conférence médicale à Denver pour protester contre le discours déshumanisant répandu dans le monde médical . Leur protestation, formalisée par l'association People with Aids, a donné la base à des principes de démocratie sanitaire adoptés depuis par 42 pays, reconnaissant un rôle actif et déterminant aux personnes touchées par le virus, qualifiées non plus de "victimes" ou de "patient·es" mais de "personnes vivant avec le virus" (p 1 214).

Une longue tradition de lutte et une volonté de victoire

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la création d'ACT UP se situe dans la continuité des luttes pour les droits civiques, les droits des femmes et la reconnaissance des minorités d'orientation sexuelle et de genre et emprunte leurs répertoires d'action : désobéissance civile et non-violente dans un cadre collectif (que l'on dénomme plutôt "communautaire" dans le contexte culturel étatsunien fortement marqué à la foi par l'anti-étatisme et par le racisme).

Sarah SHULMAN insiste également sur le critère d'efficacité de la lutte : il s'agissait bien d'obtenir des résultats concrets et immédiats. Et c'est ce qu'ont permis à la fois la large ouverture de la "coalition" et le recours systématique à l'action directe et à la désobéissance civile non violentes.

Comment ne pas rapprocher cela de la lutte du Larzac et de celle de Notre-Dame-des-Landes en France ? Et de ce que leurs acteurices les plus politiques ont nommé respectivement "front uni" et "composition" plutôt que "coalition" ? Avec dans les deux cas un résultat finalement positif : l'abandon par le gouvernement des projets contestés, et une expérimentation de nouveaux fonctionnements collectifs sur le territoire.

Une stratégie non conceptualisée et à portée limitée ?

Dans la grande fluidité qui a présidé au développement de l'action d'ACT UP, il apparaît rétrospectivement que la grande diversité des acteurices et des actions ont eu des effets différents et parfois contradictoires.

Ainsi, SHULMAN met en vis-à-vis deux grandes actions : une action coordonnée obligeant la Food and Drug Administration (FDA) à donner accès à tous·tes à des traitements expérimentaux qui a "très concrètement amélioré la vie de milliers de personnes" (Seize control of the FDA, pp 225-282); et une action partenariale et non maîtrisée avec une partie du mouvement féministe visant à dénoncer le rôle négatif de l'Eglise catholique, qui a eu des effets controversés à l'extérieur mais aussi à l'intérieur du mouvement (Stop the Church, pp 283-332).

La première action, largement consensuelle, a permis d'assoir une forme de crédibilité d'ACT UP à court terme. La seconde, moins consensuelle, a permis de semer des graines de transformation des mentalités à long terme tout en donnant à court terme une image apparemment négative du mouvement. SHULMAN ne tranche pas sur l'intérêt respectif de ces deux actions si disparates en apparence :

  • la pression mise sur la FDA à New York pour qu'elle ferme ses portes le 11 octobre 1988 face à une manifestation annoncée avec la participation de groupes venus de tout le pays, avec un plan médias très maîtrisé et une demande très précise,

  • et l'occupation de la cathédrale Saint-Patrick en plein service religieux le 10 décembre 1989. Il n'était pas initialement prévu de perturber le service religieux, mais l'intervention de la police provoque des réactions bruyantes et une confrontation sonore et physique avec les fidèles, voire avec un prêtre distribuant des hosties (pp 310-13 et 319-320). Le caractère multiforme de l'action, menée par différents groupes d'affinité, et sa médiatisation incontrôlée brouillent le message.

Si la première action , on l'a dit, a débouché sur une prise de décision positive de la FDA, la seconde n'a pas fait bouger la hiérarchie catholique d'un iota. Cependant le bilan est loin d'être négatif : le caractère intouchable du cardinal O'Connor, personnage cassant et au rôle envahissant, est ébréché; un des participants note ainsi que deux semaines plus tard, pour la première fois, celui-ci est interrogé par un journaliste de télévision sur la contradiction à ouvrir des hospices pour les malades du sida tout en continuant à être contre l'usage des préservatifs et contre l'éducation sexuelle visant à informer les gens sur la contamination aux IST et au VIH (p 323). De plus la convergence entre les féministes s'opposant à l'opération "Rescue" visant à dissuader des femmes à l'entrée des cliniques de se faire avorter et les personnes LGBT s'opposant au refus de l'Eglise à toute politique de prévention des IST s'est matérialisée dans une action commune qui a rassemblé 7 000 personnes dans et autour de la cathédrale, une mobilisation exceptionnelle.

De fait, ce qui a fait l'efficacité d'ACT UP c'est l'alliance du choix de cibles et d'objectifs concrets et de l'action directe déterminée démontrant une colère et une solidarité sans faille.

Le fait de pencher dans un sens (les objectifs concrets) ou dans l'autre (l'action directe) de façon durable ne pouvait que limiter cette efficacité. Et c'est ce qui s'est passé lorsqu'une partie du mouvement s'est dissocié de l'autre pour ne se consacrer qu'à un aspect de l'action. Maintenir cet équilibre précaire entre colère et efficacité à court terme était donc la clé d'une stratégie de moyen et long terme réussie.

La question des acteurices : un déterminant majeur des errances stratégiques ?

Dans la conception-même de son ouvrage, SHULMAN met en avant deux catégories d'acteurices au sein d'ACT UP : d'un côté, les hommes blancs instruits de la classe moyenne ou supérieure, dont le profil facilitait le dialogue avec les institutions dirigées par des personnes au profil similaire, et de l'autre les femmes, souvent lesbiennes ou féministes, ou les hommes racisé-es, issu-es des classes populaires, souvent autodidactes, parfois passé-es par les cases prison ou prise de drogues illégales. Les un-es et les autres sont cependant réuni-es au sein dACT UP par une même urgence : sauver leur vie ou celle de leurs proches face à l'inertie politico-administrative et à la recherche du profit des entreprises pharmaceutiques.

Cependant, en choisissant de prioriser les témoignages des seconds par rapport aux premiers, SHULMAN fait un choix politique : celui de mettre en évidence le différentiel social de l'impact de l'épidémie et de souligner l'importance d'en avoir tenu compte dans la période d'essor du mouvement.

C'est notamment le cas de la non-prise en compte au départ des pathologies spécifiquement féminines dans les effets de l'épidémie.

Ainsi, une des grandes victoires d'ACT UP aura été d'obtenir l'inclusion de ces pathologies dans la définition administrative ouvrant droit à des prestations sociales au titre du sida le 1er janvier 1993, au terme d'une longue mobilisation de deux ans initiée par des femmes d'horizons divers réunies par leur féminisme (militantes politiques, avocates, anciennes détenues, prostituées, souvent lesbiennes) (pp 431-502).

Le fait de n'avoir pas explicitement défini les enjeux de long terme de la lutte n'a pas permis de situer clairement la place des uns et des autres et de dégager une stratégie commune.

C'est ce que suggère SHULMAN pour expliquer notamment le départ de la Commission Recherche-Traitements d'ACT UP, une fois ses principaux acteurs intégrés dans la concertation institutionnelle en 1992 (cf Glossaire des événements, éléments contextuels TAG p 1217 et ACT UP-New York événements-clés 1992 22 janvier p 1140 ).

La question de la dialectique "inside"/"outside" (p 209) associant militantisme institutionnel et militantisme de rue apparaît comme la clé de l'efficacité d'ACT UP, mais elle n'a jamais été théorisée de façon assez claire pour en tirer toutes les leçons.

En particulier lorsqu'il s'est agi d'aller à contre-courant de l'opinion courante concernant l'usage des drogues en pratiquant le partage des seringues pour réduire les risques d'infection, en toute illégalité (pp 519-569) et que cette action aboutit pourtant à une jurisprudence qui a bouleversé la politique de prévention et sans doute largement infléchi le cours de l'épidémie. Ce qui apparaît rétrospectivement comme une des plus grandes victoires d'ACT UP.

Or elle fait apparaître le caractère déterminant du militantisme de rue et de la présence active dans les milieux les plus marginalisés.

Mais cela suppose une avancée institutionnelle qu'il faut conquérir aussi par des actions appropriées.

La "coalition" si elle veut acquérir du pouvoir ("unleash power") doit en passer par là.

L'importance de la communication et son lien avec la vie du mouvement

Tout le monde connaît à présent le fameux triangle rose inversé sur fond noir qui est la "signature" du mouvement avec ses slogans brefs et percutants : "Silence= mort", "Action=vie".

La façon dont il est apparu est racontée par SHULMAN dans le livre 2 ( "L'art au service du changement", pp 573-723), après avoir posé dans le livre 1 "Les bases politiques" dont on vient de parler.

Au départ, comme presque toujours, une initiative spontanée d'un petit groupe affinitaire, en l'occurrence des gays new yorkais constitués en "groupe d'éveil de conscience" sur la difficulté d'être gay à l'ère du sida, qui se réunit en 1986 (donc avant la création d'ACT UP en mars 1987). Dans ce petit groupe, quatre sont des graphistes de profession. Ils décident de concevoir une affiche auto-financée pour la coller sur la 8e rue, alors "littéralement tapissée d'affiches, de manifestes et de diatribes en tout genre" (p 581), car elle était longée de locaux commerciaux à l'abandon.

Au terme de leur brain storming de six mois, ils mettent au point l'affiche "Silence=mort" assortie du triangle rose : "Le triangle rose pointé vers le bas était le symbole que les nazis avaient apposé sur les uniformes des hommes homosexuels dans les camps de concentration : en le retournant de manière à ce qu'il pointe vers le haut, le collectif a établi un lien indissoluble entre la crise du sida et le souvenir de la Shoah, mais tout en le subvertissant."(p 584)

Au final ils font tirer 3000 exemplaires qu'ils font coller, de façon illégale, "sur des murs, des planches de bois sur des chantiers et des panneaux d'affichage à moitié à l'abandon dans (...) des quartiers qui avaient un lien avec les milieux artistiques, pour toucher des personnes en-dehors de la communauté LGBTQ qui pourraient se montrer réceptives." (p 585)

Leur action anonyme correspond au lancement d'ACT UP et éveille un écho dans ses premières réunions, où certains d'entre eux participent. C'est dans ces premières réunions que naît également collectivement le nom du groupe ACT UP (pp 588-9) . Puis le groupe décide de faire don de son affiche, dont il a déposé le copyright, à ACT UP (p 590).

Par la suite se crée le collectif d'artistes "Gran Fury", un parmi d'autres groupes d'affinités qui constituent la constellation ACT UP, qui va avoir un rôle très important dans la communication et la visibilité d'ACT UP à travers le monde de l'art.

Toutes ces initiatives convergent au sein de la RH (Réunion Hebdomadaire) qui a lieu tous les lundis au Gay Center, dans une ambiance que toustes les témoins rapporté-es par SHULMAN évoquent avec nostalgie : une ambiance faite d'urgence, d'échanges intenses et très informatifs et de décisions d'actions inspirantes dans un cadre bien régulé et inclusif.

Ce sentiment d'échapper enfin à l'impuissance et de participer à un groupe fusionnel où la vie est entièrement tournée vers un but commun structure tous les témoignages et le livre lui-même.

Ce qui n'empêche pas le débat, la confrontation voire les affrontements face aux limites de l'action menée.

Limites et portée de l'action collective

C'est en particulier le cas entre 1990 et 1993 où l'épidémie fait des ravages en raison de l'absence de traitement efficace et des résultats encore insuffisants d'une prévention arrachée de haute lutte (voir ci-dessus le partage des seringues).

Mais entretemps s'est construite une "contre-culture" de résistance, médiatique, juridique, financière basée sur l'activisme non-violent.

C'est pourquoi la scission intervenue en janvier 1992 avec le groupe "Traitements-Recherche", devenu le Treatment Action Group (TAG) n'a pas mis fin à ACT UP et à son action.

Et cela malgré la mort de nombreux activistes dont la mémoire est rappelée par SHULMAN dans de nombreux portraits "In Memoriam" intercalés entre les témoignages recueillis de 2001 à 2017.

Dans sa conclusion, elle aussi très centrée sur la parole et le vécu des protagonistes, SHULMAN s'essaie à évaluer les traces laissées par cette période d'activisme intense : à côté du deuil des nombreux-ses disparu-es demeurent les liens tissés à cette époque entre les survivant-es et le sentiment d'avoir fait bouger les lignes d'une histoire dominée par les pouvoirs établis.


Je participe au Mois des Fiertés organisé par Anne-Yes.

Sarah SHULMAN Let the Record Show

Publié dans Histoire, voix libertaires

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