Nicolas FRAMONT Saint Luigi

Publié le par Henri LOURDOU

Nicolas FRAMONT Saint Luigi
Nicolas FRAMONT

Saint Luigi

Les Liens qui Libèrent, janvier 2026, 142 p.


 

Je dois d'abord remercier mon fils Louis de m'avoir offert ce petit livre pour mon anniversaire. En effet, je n'aurai pas pensé à me l'acheter tout seul en raison d'un préjugé persistant contre les nouveaux adeptes de la violence révolutionnaire.

Or, je me dois de le reconnaître d'emblée, je n'avais rien lu jusqu'à présent d'aussi subtil et d'aussi juste sur la question de la violence révolutionnaire.

En effet, contrairement à certains de ses thuriféraires, et notamment à Peter Gelderloos que pourtant l'auteur cite positivement, l'auteur ne tranche pas de façon caricaturale la question de l'opposition entre non-violence et violence.

Il alimente au contraire une réflexion nécessaire sur notre impuissance présente face au déchaînement de la violence néo-fasciste et à ses sources.

Il fait le constat lucide d'un enfermement dans une non-violence affadie qui a perdu toute efficacité, et d'une impasse de l'institutionnalisation actuelle de la contestation, qu'elle soit associative, syndicale ou politique, des injustices environnementales et sociales. Il faudrait peut-être encore mettre à part les injustices sociétales, mais peut-on vraiment les dissocier des deux autres ?

Nous sommes sans doute arrivé-es au bout d'un cycle de la remise en cause du système capitaliste, productiviste-consumériste et patriarcal. Un système qui se raidit dans la répression tous azimuts et qu'il va bien falloir affronter en lui résistant.

De ce point de vue, l'affaire décrite ici du meurtre par Luigi Mangione du PDG de la première assurance santé privée des USA, et les réactions qu'il a suscitées, sont un bon symptôme de la situation.

Et c'est ici que réside la subtilité du propos : un symptôme n'est pas un remède. En développant une intelligente critique historique de l'usage révolutionnaire de la violence, Nicolas FRAMONT ne s'arrête pas à la seule critique, tout aussi intelligente, de la violence du capitalisme.

S'il établit bien, et fort justement, les limites de l'action institutionnelle actuelle d'une gauche associative, syndicale politique devenue impuissante, il ne mythifie pas les réponses violentes spontanées ou non à cette impuissance.

Il pose cependant le problème : il s'agit bien de surprendre l'adversaire et de "make capitalists afraid again" pour les amener à reculer dans leurs actions destructives.

Nous en sommes bien là. En ce qui me concerne, je pense qu'il faut revisiter la question d'actions non-violentes qui soient réellement de rupture et non seulement du registre symbolique et communicationnel. Des actions qui se situent également dans une perspective explicitement politique et pas seulement morale.


 

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