Féminisme critique du genre ?
Le blog que je suis assidument "Entreleslignesentreles mots" reproduit un argumentaire TERF (TransExclusionaryRadicalFeminist) traduit de l'anglais (ce courant est très influent dans le monde anglo-saxon, contrairement à la France).
Sous le titre https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/13/principes-de-lanalyse-critique-du-genre/ il déroule une argumentation qui s'appuie sur une analyse qui se veut matérialiste et anti-essentialiste fondé sur l'idée d'une "classe des femmes" fondée sur leur sexe biologique et ses manifestations matérielles mais critique des rôles et codes sociaux. La contradiction entre ces deux positions n'est jamais examinée.
C'est à ce titre qu'elle refuse par exemple le changement de sexe à l'état civil des personnes transgenres qui conforterait ces rôles et codes sociaux. Je suppose que dans la même logique, ce n'est pas précisé ici, ces "féministes radicales" matérialistes refusent également le "mariage pour tous"qui conforte également les codes et rôles sociaux.
Ainsi les personnes transgenres semblent renvoyées "matérialistement" à une contestation d'avant garde des codes et rôles sociaux qu'elles devraient assumer totalement en acceptant de subir héroïquement les conséquences sociales de leur dysphorie de genre. Leur visibilité étant alors totale, elles devraient donc accepter d'affronter en permanence remarques, questions et quolibets ou pire : "matérialistement" elles devraient donc subir un stress permanent.
Cette sororité sélective est refusée par la majorité des féministes françaises, et je dois dire que je trouve cela heureux.
Le droit à l'invisibilité des personnes transgenres fait en effet partie "matérialistement" de leur droit à une vie sereine, et il passe par le changement de sexe à l'état civil, n'en déplaise à nos "féministes radicales".
Il en découle en effet le droit à utiliser les espaces non mixtes comme les toilettes publiques, lieu d'une bataille symbolique gagnée par les TERF au Royaume Uni au nom du "féminisme". Une bataille dont le caractère disproportionné et hors de propos saute aux yeux du sens commun. Réjouissons-nous que de telles controverses n'aient pas atteint nos rivages ! Et continuons à nous battre pour l'égalité des droits !