Baudoin et Troubs INUIT

Publié le par Henri LOURDOU

Baudoin et Troubs INUIT
Baudoin et Troubs INUIT
Baudoin et Troubs INUIT
Baudoin et Troubs
INUIT
L'Association, avril 2023, non paginé.


 

C'est grâce au film "Traces-Echos du silence", visionné lors des Rencontre du Film d'Art de Saint-Gaudens, que j'ai découvert ce très intéressant album-reportage.

Je dois dire que le film m'avait moyennement emballé en raison de la parole envahissante de Baudoin, par ailleurs pas inintéressante, et malgré de superbes images, notamment celles de son travail en action (son pinceau magique traçant sans hésitation des formes achevées). Les artistes Inuit annoncés avaient la part congrue dans ce que la présentation du film laissait attendre.

Il n'en est pas de même ici, où la multiplicité des rencontres est bien rendue avec une page par personne rencontrée, où le portrait graphique de la personne s'accompagne à la fois d'une présentation écrite, d'une réponse de sa part à des questions récurrentes et d'une reproduction éventuelle de son oeuvre. Ces rencontres ne se limitent pas à des artistes et rendent bien compte de la diversité sociale, culturelle et politique des deux lieux visités : North West River dans le Labrador, et Pangnirtung, plus au Nord dans le Nunnavut (voir carte ci-dessus).

La richesse de ces témoignages fait apparaître tendanciellement deux points de vue sur l'avenir de ces territoires et de leurs habitants. Le constat commun est cependant que le changement climatique est à l'oeuvre et qu'il est ici plus rapide que dans nos latitudes tempérées. Compte tenu de ce contexte, les uns spéculent sur un développement économique poussé par ce changement : attraction de nouvelles populations, exploitation accrue des ressources naturelles, avec pour corollaire l'intégration des cultures autochtones à une offre touristique accrue. Les autres, se félicitant par ailleurs du réveil de ces cultures après un traumatisme colonial majeur, s'inquiètent de cette prédation accrue sur les ressources et de la perte de pouvoir qui peut s'ensuivre pour les habitants actuels. Dans l'immédiat, on note à la fois les effets induits du traumatisme colonial (alcoolisme, drogue, perte de la culture traditionnelle) et un réveil autochtone qui passe par la reconquête de la langue et la création artistique, avec de premiers effets politiques : l'agrégation à ce réveil d'alliés venus d'ailleurs qui s'acculturent, la conquête de pouvoirs locaux à même de réguler l'afflux touristique et l'immigration dans le cadre d'un développement maîtrisé.

Entre déclin de la culture autochtone et globalisation capitaliste d'une part, réveil culturel et réappropriation de l'espace et des ressources d'autre part, on retrouve ici le même dilemme analysé par Nastassja Martin en des termes à la fois plus tranchés, plus pessimistes et moins accessibles dans "A l'Est des rêves" . https://vert-social-demo.over-blog.com/2025/06/nastassja-martin-a-l-est-des-reves.html

Le point de vue d'Anne-Yes.
 

Publié dans Europe, Histoire, écologie

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