Autoroute A 69 Toulouse-Castres : chronique d'un passage en force et perspectives de résistance
Ci-après quelques éléments tirés de l'article Wikipédia "Autoroute A-69" (dernière mise à jour, 22 avril 2026) :
Le chantier d'autoroute doit relier la sortie 2 de l'A68 (à 12 km de Toulouse) à la rocade de Castres par une liaison autoroutière à 2 × 2 voies entre Castres et Verfeil (Haute-Garonne).
L’A69 est longue de deux fois 62 kilomètres (Ouest/Est et Est/Ouest), en deux fois deux voies, dont 53 kilomètres de construction (44 km de tracé neuf, et 9 km de voie rapide de la route nationale 126 incorporés[16],[68]) et 9 kilomètres de l'autoroute A680 existante renommée[69]. Elle suit à peu près le tracé de la RN 126 et traversera le territoire de 24 communes[70]. Le projet comprend 200 ouvrages d'art et ouvrages hydrauliques[71] et 16 points de recharges de voitures électriques[71
Fin 2023, l’État rappelle que « les services instructeurs, chargés de la police de l’environnement, sont pleinement mobilisés sur ce chantier majeur pour vérifier que les mesures réglementaires sont bien appliquées sur le terrain » et que des « non-conformités ont pu être constatées et certaines d’entre elles ont donné lieu à des mises en demeure ». Selon France Nature Environnement, le chantier a fait l'objet entre mars 2023 et janvier 2025 de 34 rapports de manquement administratif réalisés par la DREAL, la DDT et l'OFB, pour violation des prescriptions de l'autorisation environnementale, ayant mené à 14 arrêtés préfectoraux de mise en demeure[99]. Il s'agit essentiellement de non conformité des mesures d'évitement ou de réduction prévues, de la gestion de l'eau, etc[99]. En 2025 on denombre 300 plaintes devant les différentes juridictions[100]
Le 30 décembre 2025, la cour administrative d’appel autorise la finalisation du chantier[57],[58], considérant que l'autoroute répond à « une raison impérative d'intérêt public majeur », qu'il n'existe pas « de solution alternative satisfaisante à la création d’un nouveau tronçon autoroutier » et que les mesures compensatoires prévues sont suffisantes pour le maintien des espèces protégées présentes sur la zone de travaux [59]. Elle suit ainsi l’analyse du rapporteur public, Frédéric Diard, qui avait notamment conclu lors de l’audience du 11 décembre qu’il était « difficile de dénier [à la population des bassins d’emploi de Castres et Mazamet] la nécessité d'une liaison autoroutière » avec l'agglomération toulousaine[60]. Le collectif La voie est libre se pourvoit en cassation[59] mais les travaux continuent, avec notamment le début de la pose de revêtement bitumineux à la fin janvier 2026[61].
Fin novembre 2025, plusieurs dizaines d'hectares (entre 30 et 51 selon les interlocuteurs[62]) sont signalés comme étant supplémentaires aux 420 hectares d'emprises prévues et autorisées, ce qui amène de nouvelles plaintes[63]. Le 19 décembre 2025, le préfet du Tarn annonce prendre un arrêté stoppant les travaux sur 46 sites concernés par des dépassements d'emprise[64]. Le collectif "La voie est libre" accusent le concessionnaire de continuer les travaux sur ces zones interdites malgré l'arrêté[62].
Le 12 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Toulouse oblige Atosca et ses prestataires à libérer sous quatre jours de toutes les zones qui correspondent à un dépassement de l'emprise prévue dans le projet initial et prononce des mesures compensatoires à mettre en place dans un délai de 30 jours, avec une astreinte de 20 000 euros par jour de retard[62].
La première section de l'A69, le contournement de Verfeil, est ouvert le 16 mars 2026. Cette voie d'un peu moins de 2km, limitée à 70km/h, a été ménagée sur l’emprise de l’ancienne rocade de Verfeil (RD20)[65].
Au total, à l'inauguration des premiers tronçons en mai 2026, Atosca bénéficie de 231 millions d'euros d'aides publiques en numéraire et en nature contre les 23 millions annoncés publiquement au début du projet[41].
Je laisse volontairement de côté toutes les violences auxquelles a donné lieu la résistance pacifique à ce projet, et qui ont abouti à l'évacuation de tout opposant sur le chantier. Ainsi que toutes les prises de position de scientifiques contre son opportunité.
Ce qui ressort de tout cela est l'alliance du gouvernement avec une partie des élus et du patronat local au nom d'un "désenclavement" qui ne constitue qu'un prétexte à l'accélération de la métropolisation autour de Toulouse et à l'accélération des déplacements au service de l'économie fossile (les bornes électriques posées sur le parcours ne sont que l'alibi de cette fuite en avant dans le passé).
Les destructions environnementales causées par le chantier et l'emprise de la nouvelle autoroute constituent un dommage irréversible que les compensations prévues par la loi, et largement déjà inappliquées, ne sauraient réparer.
Le surcoût du trajet pour les usagers quotidiens ne sera pas non plus compensé par les aides substantielles des pouvoirs publics.
Tout dans ce dossier concourt au rejet de cette fuite en avant dans le déni climatique et environnemental.
Et pourtant, cette lutte est pour le moment perdante.
Il faut impérativement en tirer le bilan, qui s'inscrit dans la réaction générale anti-écologique et la montée concomitante de l'extrême-droite.
Nous n'avons pas su construire l'alliance assez large qui aurait pu contrer ce projet.
Ne pas abandonner ce combat est un pré-requis. Le silence observé depuis plus de trois mois par notre parti, Les Écologistes, sur ce sujet me semble préjudiciable, d'autant que notre prise de parole se limitait principalement aux procédures judiciaires https://lesecologistes.fr/posts/OWDQwcuMgyMOj0z3K0hmJ/a69-poursuite-du-projet-inutile-et-ecocidaire
Or , il y aurait mieux à faire : préparer les oppositions futures des usagers à la mise en service d'une liaison qui va rallonger de 12 minutes le parcours de ceux qui choisiront la gratuité par exemple, selon l'article Wikipédia cité ci-dessus.
En tout cas, participer à une résistance dans l'espace local à cette catastrophe environnementale qui a aussi une dimension sociale.
Post Scriptum du 21-5-26 : De passage dans le Tarn, je découvre ces deux articles confirmant les turpitudes du consortium constructeur de l'autoroute. Celles-ci n'empêchent malheureusement pas la poursuite de son oeuvre de destruction, et marquent les limites d'une opposition réduite au juridique.
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