Violences extrêmes avant la Shoah

Publié le par Henri LOURDOU

Violences extrêmes avant la Shoah
Violences
Violences de guerre, violences coloniales, violences extrêmes

avant la Shoah

Revue d'histoire de la Shoah, n° 189, juillet-décembre 2008, 714 p.


 

Remettre la Shoah dans son contexte historique ce n'est pas la relativiser, c'est tout au contraire en dégager plus profondément le sens et l'universaliser pour pouvoir détecter et prévenir les causes de nouveaux massacres de masse.

Dans le contexte actuel de radicalisations et de replis identitaires, ce genre d'entreprise devient de plus en plus indispensable et précieux.

Ce numéro déjà ancien de la Revue du Mémorial de la Shoah est donc d'un intérêt majeur.

Il montre bien la nature traumatique et répétitive des violences extrêmes et le fondement identitaire de leurs déclenchement. Il permet de dépasser ce que la tradition marxiste d'analyse fondée uniquement sur les intérêts économiques avait de limité : quel était par exemple l'intérêt économique des Jeunes Turcs au massacre des Arméniens ? Où celui intervenant dans les guerres balkaniques de 1912-13 ?

Le déchaînement des violences extrêmes a plusieurs causes et plusieurs visages. Schématiquement on peut les réduire à deux grands types qui peuvent d'ailleurs s'hybrider : d'un côté des violences organisées du sommet par des pouvoirs autoritaires ou totalitaires, de l'autre des violences inorganisées venues de la base dans des situations d'anarchie. Les unes et les autres s'appuient sur des préjugés collectifs, travaillés et entretenus par les pouvoirs établis, et transmis parfois inconsciemment par la tradition, faisant d'un groupe donné un bouc émissaire de toutes les peurs, culpabilités et frustrations collectives.

La pratique de la violence s'auto-entretient à travers les mécanismes psychiques du trauma : ce que l'historien George Mosse a baptisé "brutalisation" à partir des effets de la 1e guerre mondiale sur les sociétés européennes peut s'analyser plus finement comme l'addition de traumas individuels dont l'exploitation peut être opéré par des entreprises idéologiques collectives comme les fascismes ou le bolchévisme. Des entreprises farouchement ennemies et pourtant jumelles dans les affects violents qu'elles mobilisent.

Le panorama très riche qu'offre ce numéro ne se réduit pourtant pas à ces considérations. On pourra le mesurer en lisant (voir ci-après) le sommaire.

Violences extrêmes avant la Shoah
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