L'arc antifasciste a plus d'une corde
Certes, nous vivons des temps difficiles et sommes confrontés à des décisions à prendre pas toujours aisées.
En tout cas, disons-le d'emblée la théorie de "l'arc antifasciste à une seule corde" portée par le porte-parole du candidat perpétuel Mélenchon, Manuel Bompard, est fausse.
Dire que partout et toujours il faudrait fusionner avec les listes LFI qualifiées pour le 2d tour dans le cadre d'un "arc antifasciste" dont seule la direction de LFI serait habilitée à tracer les frontières, est non seulement démocratiquement abusif, mais aussi politiquement faux.
Ainsi dans le cas de la ville où je me suis présenté sur une liste "Union de la gauche et des écologistes" (Société civile-PS-Les Ecologistes-Génération.S-Place Publique), qualifiée pour le 2d tour avec 13,09% des voix, il n'y avait pas de liste LFI mais une liste TCES à dominante PCF qui a réalisé 9,53% des voix (grâce à l'apport de voix LFI et NPA). Par ailleurs la liste UDR-RN a viré en tête à 23,84% devant la liste du dauphin du maire sortant LR à 19,56% et deux listes centristes dissidentes de la majorité sortante à 17,51% et 14,71%.
Nous avons donc longuement discuté les différents scénarios de 2d tour, en mettant en avant le risque RN.
Le résultat qui se profile est le maintien de notre liste (la fusion avec TCES ayant échoué en raison des prétentions exorbitantes de ses dirigeants, élus sortants qui voulaient s'assurer un siège à tout prix), avec la possibilité d'un retrait de dernière minute si le danger RN se précisait (fusion de la liste LR avec la liste UDR-RN ou migration visible des électeurs LR vers la liste UDR-RN et incapacité des deux listes centristes à présenter une alternative crédible malgré leur fusion annoncée).
J'apprends la décision de fusion à Toulouse de la liste Union de la gauche avec la liste LFI. Très bien sur le papier... à condition que les électeurs-électrices suivent. À cela une condition qui n'est pour l'instant pas remplie : que la tête de liste LFI se dissocie clairement des propos antisémites de Mélenchon . Ce sera difficile vu le fonctionnement sectaire et grégaire de sa formation politique. Mais ce serait non seulement nécessaire moralement, mais aussi utile politiquement si François Piquemal veut vraiment devenir maire de Toulouse...
Par contre à Marseille et Paris, pas de fusion avec LFI : cela me semble légitime au vu de la campagne menée tirant à boulets rouges sur le reste de la gauche.
Dans d'autres cas (Grenoble, Lyon) la fusion avec LFI semble pouvoir se faire : tant mieux si cela permet le maintien de mairies écologistes, mais surtout si cette fusion ne paralyse pas le fonctionnement de la nouvelle majorité. Il faudra rester vigilants face à la stratégie présidentielle mélenchonienne qui vise à créer le chaos à gauche.
D'autres cas existent, et chaque ville ou presque est un cas particulier : il faut faire confiance aux acteurs-trices locaux pour trouver les bonnes solutions antifascistes.
En tout état de cause, l'arc antifasciste dispose bien de plusieurs cordes. N'hésitons pas à toutes les utiliser.
Post-Scriptum sur Toulouse après avoir lu "La Dépêche du Midi" de ce mardi 17-3. Malgré que ce journal roule de façon évidente pour Moudenc, il nous livre l'info que Piquemal a cosigné un texte désavouant les propos de Mélenchon avec Briançon la tête de liste UG-PS- Ecolos-Archipel citoyen. Les manoeuvres de Delga et des PS anti-écolos n'y changeront donc rien : Piquemal pourrait bien être le futur maire de Toulouse.
Post-Post-Scriptum : Nous avons décidé finalement le retrait de notre liste à Tarbes et appelé à faire barrage au RN. Le danger était en effet trop grand d'un report de voix sur la liste RN compensant la fusion des deux listes centristes. Résultat ce soir...