Face à des gouvernements d'empoisonneurs
Quand le très modéré "Monde" commence à s'inquiéter dans un éditorial de "la carence fautive de l'État" face à l'"exposition des Français au cadmium" (éditorial du n° daté 19-2-26), c'est bien qu'on a atteint un point critique.
Faut-il souligner que ce cas est unique en Europe, où les seuils d'exposition à ce métal lourd cancérogène ont été abaissés à 40 mg/kg et même à 20 mg/kg dans certains pays... contre 90 mg/kg en France (article du même n° p 6) ?
Et cela alors que les professionnels de santé alertent depuis des années sur la multiplication inquiétante des cancers du pancréas pour laquelle "le cadmium figure en bonne place parmi les suspects".
Comment expliquer une telle inertie des pouvoirs publics, sinon par le poids du lobby agro-industriel, une fois de plus, qui entend préserver l'importation des engrais phosphatés du Maroc à forte teneur en cadmium ?
Face à cela, et malgré l'action persévérante des députés écologistes rappelée dans ce même article pour interdire le recours aux engrais phosphatés contenant du cadmium, il ne nous reste que notre pouvoir de consommateurs. Consommer bio bien sûr, dont le cahier des charges exclut le recours à des engrais de synthèse.
Car, au-delà du cas cadmium, les pratiques chimiques de l'agro-industrie sont largement suspectes, et la nouvelle tentative du sénateur Duplomb de faire autoriser l'acétamipride entre autres doit nous mobiliser, comme elle l'avait déjà fait avec succès l'an dernier.
Une nouvelle pétition est en cours à l'Assemblée nationale.
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