Un clivage de plus à dépasser à gauche
D'un article très pédagogique repris par le blog "entreleslignesentrelesmots", j'extraie le passage suivant :
Pourquoi une majorité de la gauche défend sans relâche le droit du peuple palestinien – et à juste titre – mais reste plus en retrait et parfois aphone lorsqu’il s’agit de l’Ukraine ? L’invasion russe relève pourtant du colonialisme de peuplement, comme le montrent l’annexion de territoires et la déportation de la population civile. L’agression baigne d’impérialisme, au détriment du peuple ukrainien qui lutte pour son droit à disposer de lui-même, droit figurant à l’article premier de la charte des nations unies.
On observe ces comportements détachés face à l’invasion dans une partie des milieux pacifistes et non alignés de la gauche occidentale. Ces positions font écho à certains votes, comme celui de cette Résolution appelant au renforcement du soutien à l’Ukraine le 12 mars 2025 votée à l’Assemblée nationale en France. Lorsque l’on se penche sur la synthèse du vote, on note que les 54 votes « contre » sur 474 votants sont issus du groupe « Gauche Démocrate et Républicaine » et du groupe de « La France insoumise ». Sous couvert du pacifisme et d’antimilitarisme, ils s’opposent au soutien financier et militaire à l’Ukraine, au point de voter contre des résolutions en faveur d’une paix durable. Ce positionnement est notamment influencé par ce qu’on appelle le campisme, un vestige de la guerre froide.
En examinant de plus près la synthèse nominative du vote du 12 mars 2025, on peut observer des nuances montrant la perplexité qui commence à gagner certains députés influencés par le "campisme" analysé dans cet article.
Ainsi l'on constate l'abstention symétrique de trois député-es communistes et de de deux députés écologistes, alors que leurs groupes respectifs ont voté 'contre" et "pour" le renforcement du soutien à l'Ukraine.
Cette abstention se distingue de celle de l'ensemble des groupes RN et UDR, qui exprime leur poutinisme implicite.
Elle est plutôt à mettre sur le compte d'un début d'émancipation du logiciel campiste dans lequel leurs groupes d'appartenance (PCF) ou d'origine (LFI) restent enfermés.
Il s'agit, nommons-les, des député-es Elsa Faucillon, Emmnauel Maurel et Frédéric Maillot pour le groupe GDR (PCF et apparentés), et des députés Alexis Corbière et François Ruffin pour le groupe Ecologiste et Social.
Il est à noter la particulière mobilisation de ce dernier groupe dans ce vote en faveur du oui (34 sur 38, avec seulement 2 absents), alors que les groupes LFI et GDR paraissent beaucoup moins mobilisés (respectivement 45 vote contre et 26 absents, 9 votes contre et 5 absents.
Difficile d'interpréter le sens de ces absences (que l'on retrouve d'ailleurs au PS : 46 votes pour et 20 absents), mais pas au RN : 114 abstentions et 9 absents.
Il est à noter que les deux autres députées du goupe Ecologiste et Social issues de LFI, Clémentine Autain et Danièle Simonnet, ont voté pour, marquant ainsi une franche rupture avec le "campisme".
Approfondir cette rupture est une des conditions du rassemblement à gauche.