Comment nos pouvoirs publics emboîtent le pas à Trump sur les pesticides

Publié le par Henri LOURDOU

Comment les pouvoirs publics français emboîtent le pas à Trump sur les pesticides...

Pressions sur les scientifiques, inversion des valeurs et utilisation abusive du "parapluie européen" en un détournement pervers digne de tous les précédents fascistes, nos gouvernants suivent décidément un chemin plus que délétère, sous la pression du lobby agro-productiviste.

Florilège recueilli sur la liste de diffusion du "Groupe de Travail Eau" des Ecologistes :

Rapport sur les pesticides du Haut Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), dont l'annexe 2, p.119, conclue " les signataires considèrent que le rapport [...] tend à minimiser les incidences des pesticides sur la santé humaine et à exagérer l’impact de la PAC et des procédures d’autorisation et de classification des pesticides pour réduire les effets délétères des pesticides. En conséquence, il ne peut donc que guider une décision publique minimaliste."

Et, comme l'explique Stéphane Foucart dans l'article du Monde qu'il consacre à ce rapport https://www.lemonde.fr/article-offert/f235e85b1e22-6650308/pesticides-et-sante-tensions-au-haut-commissariat-a-la-strategie-et-au-plan-autour-d-un-rapport-commande-par-les-deputes

(Pesticides et santé : des scientifiques dénoncent l’édulcoration d’un rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (lemonde.fr)) "Fortes tensions entre les cinq membres de l’équipe du HCSP chargée de rédiger le rapport et la hiérarchie de leur institution – elle a été placée sous l’autorité de Clément Beaune, nommé haut-commissaire en mai –, demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations, interventions du cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, menaces de sanction à l’encontre de l’une des autrices du rapport, signalement aux ressources humaines d’une autre…Selon nos informations, c’est sur le volet du texte consacré aux pesticides que les pressions se sont focalisées. Jusqu’à ignorer certaines recommandations du conseil scientifique, chargé de contrôler la rigueur factuelle du texte." [...]

" à plusieurs reprises, ses auteurs ont été confrontés à une volonté de leur hiérarchie de minimiser ou d’euphémiser les risques sanitaires des pesticides. Certaines reformulations sont bénignes – en titre d’un encadré, « Le scandale du chlordécone » a, par exemple, été changé en « Le cas du chlordécone » –, d’autres interventions se sont avérées plus problématiques. Selon différentes versions du texte consultées par Le Monde, une étude française citée dans le rapport, indiquant un lien entre la densité de vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant, se retrouve qualifiée – contre l’avis des cinq rédactrices du texte – de « peu robuste au niveau régional » et « posant question ». Même tentative de minimisation de résultats scientifiques sur la question-clé de l’impact sanitaire des traces de pesticides de synthèse dans l’alimentation. Pour faire pièce à une étude française de 2018 montrant un risque diminué de certains cancers chez les plus gros consommateurs d’aliments issus de l’agriculture biologique, une référence à un simple communiqué de l’Institut national du cancer (INCa) a été ajoutée, qualifiant d’« infox » le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer. En novembre 2024, Le Monde avait révélé que les représentants d’une quarantaine d’équipes de recherche travaillant sur les liens entre nutrition et cancer avaient protesté auprès de l’INCa, demandant que ce communiqué soit corrigé. La direction de l’institution ne leur avait pas répondu. Le biochimiste et nutritionniste Denis Lairon, directeur de recherche émérite à l’Inserm, n’avait pas hésité à dire de ce communiqué qu’il « frôle la fake news ». Le conseil scientifique en réprouve également l’usage et s’étonne de sa subite apparition dans la mouture définitive du texte, la jugeant « problématique ». [...] "Selon nos informations, une part des ajouts imposés aux auteurs du rapport ont été demandés par le cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. Dont, en particulier, une estimation par trop optimiste des vertus environnementales de la politique agricole commune (PAC)"

 

Comment ne pas se "radicaliser" face à cela ? Et cela alors que Macron va pérorer à Belem à la COP 30, après avoir cautionné tout cela ?

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