Politique du désespoir

Publié le par Henri LOURDOU

Politique du désespoir

Décidément, il devient de plus en plus difficile de tracer une perspective crédible face à ce qu’il faut bien appeler un déni collectif et à une terrible insuffisance de l’offre politique, notamment en France. J’en viens donc à tenter de définir ce que l’on peut raisonnablement poser comme actes et comme discours face à cette double carence.

Déni collectif

Il s’exerce d’abord face à l’enjeu principal que constitue le changement climatique. C’est très bien résumé par la climatologue Valérie Masson-Delmotte dans son interview au « Monde » daté 26-8-25. Cette récurrence du déni, tant par les citoyen·nes que par les élu·es, est bien évidemment un premier facteur de désespoir.

Mais il s’exerce aussi, malheureusement, dans deux autres domaines majeurs que sont la réalité de la migration en cours du Sud vers le Nord, et les guerres d’agression de la Russie en Ukraine, et d’Israël en Palestine, et plus précisément sur les conséquences qu’il faut en tirer : politique d’accueil et d’intégration, aide militaire au pays agressé dans le cas de l’Ukraine, cessation de cette aide au pays agresseur dans le cas d’Israël.

Mais qu’une offre politique claire sur tous ces enjeux ne puisse être formulée, en France en particulier, est un second facteur de désespoir.

Terrible insuffisance de l’offre politique

Alors que le Premier ministre, François Bayrou, va engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale le 8 septembre, le plus désespérant n’est pas le flou du positionnement des différents partis du NFP sur ce vote, mais bien l’absence de mise en avant par ses différents partis du contre-projet de budget du NFP.

Ceux-ci en effet préfèrent se déchirer sur la question des prochaines élections municipales de mars 2026, et présidentielles d’avril 2027, ou se positionner par rapport à un hypothétique mouvement social de blocage pour le 10 septembre.

Disons-le clairement, aucun de ces deux sujets n’offre pour moi, comme pour la grande majorité des Français·es, de perspectives mobilisatrices.

Mais, surtout, en se refusant à occuper le créneau qui constitue leur responsabilité propre de partis politiques, ils alimentent le désespoir collectif et la dévalorisation des institutions démocratiques et de l’État de droit.

Quel engagement politique ?

Je pense qu’il ne faut pas renoncer à porter des exigences de radicalité et de pragmatisme au sein des partis politiques existants. C’est donc pourquoi je vais envoyer ce texte sur la liste de discussion du courant auquel j’ai adhéré chez Les Ecologistes.

Néanmoins, cela ne saurait suffire. Je continuerai mon action au sein du Réseau Éducation Sans Frontières, auquel j’appartiens depuis 2006, ainsi que mon soutien à diverses ONG qui travaillent tant sur la question de la bifurcation écologique que de l’accueil des exilé-es ou du soutien à l’Ukraine et à la Palestine et à la promotion du multilatéralisme, des droits humains et du Droit international.

Ces engagements constituent le substrat et la condition d’une action politique enfin à la hauteur sur tous les enjeux mondiaux d’aujourd’hui, qui sont aussi des enjeux locaux. Car aujourd’hui plus que jamais, il faut à la fois penser globalement et agir localement, et penser localement pour agir globalement.


 

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