Des jeunes qui vont mal dans une société qui va mal
Remarquable entrevue de la pédopsychiatre Fanny Gollier-Briant à l'hebdomadaire "Politis" du 17 juillet 2025, pp 6-9. Elle rappelle tout d'abord que la croissance des problèmes de santé mentale chez les jeunes est un problème structurel et mondial qui s'est fortement affirmé depuis une dizaine d'années. Gestes d'auto-agression, troubles du comportement alimentaire, addictions, troubles anxieux et dépression repérés augmentent partout dans le monde. Et particulièrement dans les pays les plus touchés par la pauvreté, les violences et la dégradation de l'environnement.
Elle insiste avec juste raison me semble-t-il sur le fait que cette tendance ne relève pas de comportements individuels mais bien de faits sociaux, contrairement au discours réactionnaire qui se répand et tend à stigmatiser la jeunesse et sa prétendue "paresse". C"est bien le fait que les injonctions sociales à l'accélération, la performance et à l'acceptation passive de la violence des adultes et de la destruction du vivant ne soient plus acceptées aveuglément par les jeunes générations qui génère malaise et comportements de fuite ou de refus.
Politiser la souffrance des jeunes est bien un impératif.
D'autant que sa prise en charge par des institutions elles-même en souffrance (école, protection de l'enfance, justice, établissements de santé) n'est plus à la hauteur des défis.
Reconstruire nos services publics est une forme de réponse, mais ne saurait être la seule. Il y a bien un horizon social à dégager : celui d'une société égalitaire, joyeuse, inclusive, créatrice et protectrice du vivant, rompant clairement avec celle qui nous le bouche, la mondialisation capitaliste, extractiviste et violente actuellement à l'oeuvre sur fond de consumérisme débridé.
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