Carbofascisme : un raccourci politique pertinent ?

Publié le par Henri LOURDOU

Carbofascisme :
Un raccourci politique pertinent ?


 

Du toujours très intéressant blog de blogs "entre les lignes entre les mots", je reçois cet article https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/07/05/rendre-les-energies-fossiles-inutilisables/?jetpack_skip_subscription_popup

qui suggère fortement une alliance Europe-Chine contre le carbofascisme incarné par les USA de Trump alliés à la Russie et aux Etats pétroliers-gaziers du Golfe. L'argument est l'investissement massif et incontournable de la Chine dans les énergies décarbonées et les technologies électriques qui en fait un acteur central de la dévalorisation rapide des énergies carbonées.

J'avais moi-même timidement suggéré une telle alliance au moment de l'apparition de l'axe Poutine-Trump sur l'Ukraine, avec l'argument de "l'ennemi principal" utilisé en 1941 pour s'allier avec l'URSS de Staline contre l'Axe fasciste Allemagne-Italie-Japon.

Nicolas TENZER, dans le livre dont je viens de rendre compte, revient sur les contradictions et effets pervers de ce type d'alliance : avoir livré pour 50 ans les pays d'Europe de l'Est à la domination russe, puis avoir cautionné des dictatures et coup d'Etat anti-communistes (ou prétendus tels, comme au Guatemala en 1954, ou en Iran en 1953, au nom de la stratégie de "défense du monde libre, sans parler de la désastreuse guerre du Vietnam, etc.

Nous voilà avertis des dangers d'une telle alliance avec une puissance totalitaire et de ses effets induits.

Il reste que le concept de "carbofascisme" pour caractériser l'axe Trump-Poutine mérite réflexion : leur promotion décomplexée des énergies fossiles dans le contexte d'accélération du changement climatique est un élément majeur d'appréciation de la situation.

Elle demande une riposte à la hauteur de l'enjeu. Or l'on sait que la sobriété énergétique que nous appelons de nos voeux, ne saurait se mettre en place à la vitesse nécessaire si nous ne misons que sur des politiques démocratiques et respectueuses des droits humains. Elle ne pourrait se mettre en place rapidement qu'en cas d'effondrement et de chaos politique et social, dans un contexte inévitablement violent.

Un appui sur la technologie chinoise de l'électrique non carboné n'est donc pas à exclure par principe. Il demanderait cependant une grande vigilance politique sur ses conditions et contreparties.


 

PS  : Je prends connaissance après avoir écrit ce texte de l'existence du rapport parlementaire de Sophia Chikirou, la très proche collaboratrice de Jean-Luc Mélenchon, chantant les louanges du modèle chinois. C'est exactement le contraire de ce qu'il aurait fallu faire : au lieu de rechercher le clivage à tout prix par la provocation gratuite, construire au contraire une réflexion stratégique à vocation majoritaire sur les enjeux écologiques dans un cadre démocratique... Mais voilà, il s'agit surtout de provoquer et de faire parler... de Jean-Luc Mélenchon.

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