Daniel COHN-BENDIT Souvenirs d'un apatride
Ce qui me frappe à la lecture de ces souvenirs, et d'autant plus que j'entame en suivant la lecture des "Mémoires" de Didier LESTRADE, cofondateur d'Act Up Paris et ayant bien des traits communs avec Daniel COHN-BENDIT, c'est le côté superficiel, hyper-émotif et incroyablement cossard de notre Dany bien-aimé.
Un trait que j'avais déjà remarqué depuis longtemps sans m'y arrêter vraiment, mais qui explique à mon avis très largement son errement macronien de 2017-2024, beaucoup plus qu'une supposée convergence de fonds avec Macron.
Son obstination à se revendiquer d'un libéral-libertarisme évanescent se nourrit de cette absence de travail intellectuel approfondi qui le conduit à rester à la surface des choses en jouant avec des contradictions transformées en apories.
Son incroyable ralliement à un macronisme tout aussi évanescent s'appuie sur son hyper-émotivité nourrie d'un besoin enfantin de reconnaissance.
Et pourtant, nous l'aimons bien notre Dany, et nous partageons avec lui bien des choses, dont notamment son européisme obstiné, son refus du sectarisme. Et son optimisme constitutif.
Cependant, il me faut bien admettre que ma sympathie spontanée pour lui, qui remonte à loin, mon adhésion pendant longtemps à son flair politique, se heurtent à ces limites que sont son abandon à son émotivité et son absence d'approfondissement des problèmes politiques.
En témoigne sa sous-estimation chronique de l'importance du clivage Droite-Gauche, sa surestimation au contraire du clivage qui opposerait, à Gauche, La France Insoumise aux autres composantes, alors que le problème principal est l'obsession présidentielle de Mélenchon, et que la droite social-démocrate, incarnée par Hollande et tous les anti-Faure du PS, ainsi que par ce qui reste du PRG (très puissant en Occitanie grâce au groupe Dépêche de la famille Baylet), joue un rôle tout aussi négatif dans la "guerre des deux gauches irréconciliables".
Sur la bifurcation écologique également, je note une sous-estimation des enjeux qui le conduit à croire à la possibilité de compromis au rabais qui seraient viables et pertinents.
Bref, Dany, décidément tu ne lis pas assez et tu regardes trop le foot à la télévision.
Pour le reste, je te crédite d'un bon fonds, et ce n'est pas moi qui te ferai de procès d'intention sur des motivations douteuses. Je te souhaite une bonne retraite.
/image%2F1562319%2F20250530%2Fob_66eab8_daniel-cohn-bendit-souvenirs-d-un-apat.jpg)