Le pire n'est jamais sûr
En ces temps où chaque jour semble appeler le pire de la veille, il n'est peut-être pas inutile de rappeler les rares événements positifs du passé récent.
Parmi ceux-ci, je distingue aujourd'hui les résultats inespérés des élections d'octobre 2023 en Pologne.
Trois titres tirés du "Monde des 13, 17 et 21 octobre 2023 résument bien par quoi nous sommes alors passés.
Dans le 1er, celui de la pages "idées" du 13 octobre, le politiste et historien du droit polonais Jaroslaw KUISZ, rédacteur en chef de l'hebdomadaire "Kultura Liberaina", s'interroge sur la possibilité, à l'heure des "démocraties illibérales" telles que la Hongrie ou la Turquie, pour l'opposition de remporter des élections face au déploiement de propagande et de pressions du parti au pouvoir. Il en vient à quasiment théoriser un nouvel âge de la dictature où la polarisation extrême entretenue par le gouvernement s'appuie sur une propagande tellement puissante que l'opposition est réduite à une caricature impuissante sur laquelle projeter toutes les frustrations de la population.
Ce point de vue est partagé par de nombreux observateurs sur la foi des récentes élections en Hongrie et en Turquie et de leur résultat.
Le 17 octobre, dans ses pages "International", "Le Monde" constate, avec une certaine prudence, que "l'opposition revendique la victoire" aux élections législatives du 15 octobre. Le dépouillement du scrutin n'est pas achevé, mais il est déjà établi qu'avec 198 députés, le Parti Droit et Justice (PiS) sortant n'est pas en mesure d' atteindre la majorité de 231 siège à la Diète, d'autant que son allié potentiel Konfederacja n'obtient que 14 sièges. En face par contre, les partis d'opposition Coalition civique (161 sièges), Troisième Voie (57 sièges) et Nouvelle Gauche (30 sièges) sont en mesure de former une alliance majoritaire. Le journal remarque l'importance exceptionnelle de la participation électorale (72,9% de votants) qui a joué en faveur de l'opposition, malgré la mise en place d'un référendum simultané par l'ex-majorité sur des thèmes qu'elle pensait mobilisateurs (dont celui de l'immigration) : celui-ci n'a mobilisé que 40% de participants (moins que les 50% requis pour valider son résultat).
Le 21 octobre enfin, l'analyste politique Piotr Buras célèbre la victoire inespérée de l'opposition démocratique polonaise.
La suite a montré que la coalition majoritaire de l'opposition réussissait à s'imposer au gouvernement et à commencer patiemment à démanteler les points d'appui institutionnels que s'était constituée la Droite nationaliste en huit ans de pouvoir.
C'est sans doute sur la base de cette expérience réussie que Recep Tayip Erdogan a tenté récemment de neutraliser préventivement le candidat de l'opposition aux prochaines présidentielles en Turquie. Sa tentative massivement contestée, notamment par la jeunesse turque, va-t-elle tourner court ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ce vent nouveau de contestation, qui souffle aussi en Serbie, est une brise porteuse d'espérance dont on espère qu'elle se propagera jusqu'en Hongrie, et en Italie...
Cependant les démocrates polonais ne sont pas au bout de leur peine. La perspective prochaine de l'élection présidentielle (18 mai) exacerbe les tensions entre la majorité parlementaire et le président sortant issu du PiS.
La situation politique en Pologne est marquée par une crise profonde qui s'est intensifiée ces dernières semaines. Voici les points clés de l'actualité politique actuelle :
Arrestation de deux anciens députés : Cette semaine, la police a arrêté Mariusz Kaminski et un autre ancien député du parti Droit et Justice (PiS). Ils avaient été condamnés à deux ans de prison pour abus de pouvoir et utilisation de faux documents. Leur arrestation a eu lieu au palais présidentiel, où ils s'étaient réfugiés.
Polarisation politique : La crise actuelle est le résultat d'une polarisation croissante en Pologne, avec un affrontement marqué entre le gouvernement centriste de Donald Tusk et le président Andrzej Duda, issu du PiS. Cette division est exacerbée par des conflits sur des questions telles que la direction de la télévision publique.
Réactions des leaders politiques : Donald Tusk a dénoncé un "chaos juridique" provoqué par le PiS, tandis qu'Andrzej Duda a exprimé son choc face aux arrestations et a appelé à la libération de Kaminski.
Grève de la faim : Mariusz Kaminski a déclaré qu'il entamait une grève de la faim, se considérant comme un "prisonnier politique".
Majorité silencieuse : Au-delà des deux camps politiques, une majorité silencieuse de la population s'inquiète de la crise permanente et aspire à un apaisement.
Contexte électoral : Le PiS, bien que restant la première force politique, n'a pas obtenu la majorité lors des élections législatives d'octobre 2023, ce qui a permis à l'opposition pro-européenne de former un nouveau gouvernement.
Prochaines élections présidentielles : Un nouveau scrutin présidentiel est prévu pour le 18 mai 2025, ce qui pourrait influencer davantage la dynamique politique du pays.
(Synthèse par IA du moteur de recherche Qwant sur la requête "Actualité politique Pologne" le 21-4)
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