En mémoire de René DURAN une expo à Rodez

Publié le par Henri LOURDOU

En mémoire de René DURAN une expo à Rodez
En mémoire de René DURAN une expo à Rodez
En mémoire de René DURAN une expo à Rodez
En mémoire de René DURAN une expo à Rodez
En mémoire de
René DURAN

Le musée des Beaux Arts Deny Puech de Rodez a consacré une exposition à René Duran, disparu récemment. Une exposition qui lui ressemble : interactive et sans prétention, mais très riche en messages divers.

René Duran a souvent été présenté comme un "animateur culturel de la vie ruthénoise", mais il était plus que cela.

J'ai croisé sa route lorsque j'étais lycéen à Rodez, en 1970, et j'en ai témoigné sur le mur d'expression de l'expo (une belle idée tout-à-fait fidèle à ce qu'il était). Voir ci-joint ce qu'il dit de cette période dans l'autobiographie de 5 pages agrafées fournie par l'exposition.

De René Duran je dirais qu'il était à l'aise avec tout le monde et qu'il mettait tout le monde à l'aise. Comme le présentait la 4e de couverture d'un de ses premiers écrits publiés, en 1995, que je reproduis, il n'était "pas vraiment un critique, pas vraiment un poète, pas vraiment un plasticien, pas vraiment un animateur, pas vraiment un chroniqueur, pas vraiment un musicien", mais un peu de tout cela, et il était par dessus tout "un citoyen du monde". Un citoyen du monde fermement arrimé dans son environnement ruthénois, comme en a témoigné sa présence symbolique dans la liste "Rodez citoyen" aux municipales de 2020.

Cet autodidacte complet et semi-marginal est resté fidèle toute sa vie à ses rêves d'enfant et à quelques solides convictions que je partage largement.

Il me plaît tout particulièrement qu'il ait été le promoteur de "l'art approximatif et négligé".

Un bon moment de nostalgie (j'ai appris à lire en 1960 à l'école Victor Hugo, voisine de celle qu'il a fréquenté enfant, celle du Sacré Coeur, et où il comptait des copains, mais c'était douze ans plus tard que lui).

J'ai visité cette expo le 2 janvier en compagnie de Pierre Vuarin, qui avait croisé la route de René à la même époque que moi et était resté constamment en contact avec lui, bien qu'installé à Paris depuis la fin des années 70.

En mémoire de René DURAN une expo à Rodez

Post Scriptum : Autochroniques autour de la littérature.

Je découvre par hasard en traînant chez ma libraire (Les Beaux Jours, avenue de la Marne à Tarbes) ce livre posthume paru en janvier 2025 aux éditions Arts Pauvres, Beauregard 46 260, 100 pages.

J'y retrouve les obsessions et les jugements parfois injustes et toujours allusifs de René. Sa grande gentillesse n' y apparaît hélas pas toujours. Et j'y perçois le danger de le transformer en icône d'une forme de sectarisme basé sur un élitisme anti-élitiste...

Cela étant, j'apprécie toujours son immense curiosité et son érudition décalée, son attention à tous les peuples minoritaires et colonisés, son amour inconditionnel de son terroir occitan et rouergat qui le faisait apprécier localement de beaucoup de monde, sur la base de ce que je qualifierai de malentendu : rien n'était plus éloigné de lui que l'esprit de clocher étroit des imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

Publié dans Histoire, voix libertaires

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V
Merci Henri de ton petit texte sur Rene Duran. <br /> René créait du sensible, du magique , avec peu de choses, dans des instants impropables. Il avait confiance dans ce peu de choses qui se présentait. Il valorisait le moment, le lieu qu'il avait créé . Une seule affiche dessinée, écrite et collée dans un coin de rue de Rodez et il créait l'attention et presque le débat. Il a osé, pris confiance et devenu un artiste. Il s'est considéré à partir d'un moment, un artiste. <br /> Il avait toujours des références littéraires, philosophiques, décalées, recherchées. qui m'étonnaient et me rejouissaient. Fondamentalement, il était un citoyen, un acteur du politique, un artiste avec beaucoup de richesses, de bonté, proches des autres, un être qui tentait de se tenir debout du côté de Rodez avec toute une communauté de personnes qui le reconnaissait .
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H
Je suis totalement d'accord avec ce que tu écris, et j'ai éprouvé les mêmes sentiments à son égard.