Vers un nouveau Front populaire ?
Éléments pour un positionnement du Groupe Local Les Écologistes 65
sur les législatives des 30-6 et 7-7 dans le département.
La décision aberrante de Macron :
En choisissant de dissoudre l'AN Macron fait un pari particulièrement stupide : selon toute apparence il spécule sur l'effet de surprise et la peur de l'inconnu pour rejouer "De Gaulle en 68"; or aucun effet rassembleur autour de lui ne va de toute évidence se produire.
Il prend le risque de devoir entrer en cohabitation pour 3 ans avec un gouvernement RN (éventuellement élargi à Reconquête et LR).
Les conséquences pour le pays et ses habitants risqueraient d'être redoutables. C'est l'existence-même de notre État de droit qui est menacé. La majorité menait déjà une politique dictée par l'agenda de l'extrême-droite, mais au moins elle respectait l'indépendance des juges et les lois. Ce ne sera plus le cas : les violences policières ne seront plus seulement tolérées mais encouragées, le pouvoir administratif va primer sur les lois et les décisions de justice. Pensons en particulier aux exilé-es, mais aussi aux militants environnementalistes déjà réprimés systématiquement.
Notre score fruit de l'écolobashing
Ici il faut souligner le rôle de l'écolobashing systématique qui s'est installé au plus haut sommet de l'État, notamment avec le nouveau vocable d'"écoterroriste" inventé par le ministre Darmanin. Et à sa diffusion dans la société, sous l'impulsion de l'extrême-droite, de la droite, mais aussi du centre et d'une bonne partie de la gauche.
La répression des luttes environnementales ne date pas d'aujourd'hui (souvenons-nous de Malville 1977), mais elle s'était calmée avant de connaître une recrudescence depuis 2012 : Notre Dame des Landes, Sivens, où c'étaient les prédécesseurs de Darmanin, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve , qui officiaient. Après la courte accalmie de 2017-2018 (abandon du projet d'aéroport de NDDL), cette politique a repris avec les nouvelles mobilisations autour du climat.
Nous avons été bien seuls dans les années récentes à maintenir notre priorité sur l'urgence climatique et ses impératifs, en soutenant les luttes de terrains et en faisant des propositions argumentées de bifurcation socialement soutenable.
Malheureusement ces propositions n'ont pas eu beaucoup d'écho. Il faut en analyser les raisons : elles sont au coeur de notre recul électoral, mais chacun doit aussi balayer devant sa porte. Combattre l'écolobashing doit être le combat de toute la gauche.
La nécessité du rassemblement
C'est déjà dire l'importance du rassemblement. Celui-ci doit dépasser les intérêts boutiquiers de chacun et se centrer sur le fond : la nécessaire préservation de l'État de droit, sans laquelle rien n'est possible, et les urgences à traiter, en premier lieu l'urgence climatique. A cet égard, il faut arrêter les faux procès sur le nucléaire : si en sortir nous semble toujours une nécessité, nous admettons parfaitement la priorité de décarboner et de réduire notre ébriété énergétique, ce qui passe par le maintien temporaire de nos centrales en activité.
Se rassembler à gauche suppose un accord de fond sur ces deux priorités :
-Défense de l'État de droit
-Urgence climatique et sociale.
Les modalités possibles
Dans le temps très compté qui nous est imparti, l'accord doit se faire localement. Il nous paraît incontournable qu'il prenne en compte deux réalités :
-L'existence d'une députée sortante LFI élue avec les voix de toute la gauche et des écologistes
-Les scores réalisés par les uns et les autres le 9 juin.
Il en découle une candidature Ferrer dans la 65-01, avec la nécessité d'un affichage unitaire au niveau de son suppléant, et une candidature PS dans la 65-02 avec le soutien de toutes les composantes qui se matérialiserait également dans le choix du ou de la suppléante.