Outrance et mauvaise foi mélenchonistes
J'avais bien remarqué depuis quelque temps que votre chroniqueur Sébastien Fontenelle était un mélenchoniste inconditionnel. Libre à lui.
Je ne le lisais donc plus qu'en diagonale...Tant ses propos étaient outranciers et prévisibles. Et donc sans grand intérêt.
M'arrêtant sur sa dernière chronique "Neutralité bien ordonnée" (Politis n°1816) , je constate cependant qu'il a franchi les bornes du supportable et du simple respect des faits.
Abonné et lecteur assidu du "Monde", je ne peux, et il me semble que tout lecteur attentif de ce quotidien ne peut, lui laisser écrire sans réagir :
"Tout au long des deux dernières années, par exemple, il a renvoyé dos à dos, à longueur d'articles et de chroniques – et à l'unisson notamment, d'Elisabeth Borne, ex-première ministre d'Emmanuel Macron – la gauche antiraciste et l'extrême-droite xénophobe, en les présentant comme "les extrêmes". "
Sur quoi fonde-t-il un tel jugement ( et sa formulation tendancieuse : la seule "gauche antiraciste" serait donc représentée par LFI, puisqu'à l'évidence c'est de ce seul mouvement qu'il s'agit) ?
Rien, dans ma lecture quotidienne du "Monde" depuis deux ans ne me conduit à une telle perception des choses.
Par contre, j'ai été choqué par les propos de campagne de Jean-Luc Mélenchon, justifiant de la façon la plus hypocrite qui soit un antisémitisme débridé, qui n'est en rien le monopole de l'extrême-droite. Et je souscris à l'article de fond nuancé de Denis Sieffert dans ce même numéro. C'est bien la position que j'ai moi-même défendu dans mon blog de lectures politiques.
En persistant dans le déni, Fontenelle, comme tous les inconditionnels de Mélenchon, affaiblit la gauche dans son ensemble. En attaquant "Le Monde" et sa volonté d'objectivité, il alimente une vision paranoïaque et agressive de l'information qui nous renvoie à la pire époque du jdanovisme triomphant. Et au passage, il dédouane son idole de toute critique à sa volonté mégalomaniaque de faire place nette autour de sa supposée candidature aux présidentielles (que de toute manière il perdra).