En attendant les alternatives au système pénal : combattre ses dérives

Publié le par Henri LOURDOU

Abolitionnisme pénal ?

Où sont les alternatives ?

 

Après les violences policières de Sainte-Soline et des dernière manif retraites, le trimestriel libertaire aveyronnais-occitan "L'empaillé" donne la parole à la sociologue "actuellement professeure en justice criminelle à la California State univesrsity à Chico" Gwenola RICORDEAU sous le titre "En finir avec la police" ("L'empaillé" n°9, printemps 2023, pp 6-7).

Elle nous est présentée comme représentante du courant de l'abolitionnisme pénal, ainsi défini : "né dans les années 1970, l'abolitionnisme pénal est un mouvement intellectuel et militant qui s'est principalement développé dans les pays occidentaux et qui consiste à remettre en question le système pénal dans son ensemble (tribunaux, police, prisons) et à imaginer des alternatives."

 

Le hic est que dans toute son interview, la critique du système existant et du réformisme pénal occupent l'intégralité du propos : pour les alternatives, on est prié de patienter.

Dans les fameuses années 70, on avait parfois l'habitude d'interpeller ceux qui prenaient le micro en leur demandant : "D'où tu parles ?"

En ce qui concerne Gwenola RICORDEAU, la chose est claire : de sa chaire de professeur d'université d'Etat en Californie, avec tout ce que ce statut implique.

Pas besoin en effet pour elle de bénéficier d'alternative au système pénal existant : elle risque peu d'être victime de violences, comparativement à d'autres plus exposés en raison de leur précarité ou de leur statut de minorité stigmatisée.

Cela permet déjà de mettre en perspective son propos "radical".

 

Concernant la critique du système pénal existant, on peut facilement tomber d'accord avec elle. Inutile donc d'y revenir longuement.

Le biais raciste, sexiste, pauvrophobe et validiste des institutions pénales a été souvent démontré.

 

Par contre, la place prise dans son propos par la critique du réformisme doit être mise en rapport avec la totale absence des alternatives promises.

On se demande si la vigueur de l'anti-réformisme ne doit pas être mesurée à la faiblesse, en réalité à l'absence, de toute proposition alternative au système pénal.

Absence qui concerne avant tout les victimes quotidiennes de la violence et de l'injustice banales.

Aussi, j'en conclurai pour ma part à la validité au contraire de l'hypothèse réformiste en matière pénale, et à la nécessité de se mobiliser au contraire pour des réformes urgentes et importantes, telle que l'interdiction des armes moins létales dans le maintien de l'ordre, la meilleur formation des policiers et l'augmentation de leurs effectifs... car, n'en déplaise à nos "révolutionnaires", "tout le monde déteste... la violence"et particulièrement les plus faibles et les démunis.

Donc deux pétitions à signer pour commencer :

Celle lancée par la Ligue des Droits de l'Homme contre l'escalade répressive

https://www.change.org/p/retraites-stop-%C3%A0-l-escalade-r%C3%A9pressive?recruiter=101431865&recruited_by_id=bc909b66-7ae1-4a27-b0cb-996b656f77f4&utm_source=share_petition&utm_campaign=share_petition&utm_medium=copylink&utm_content=cl_sharecopy_35809389_fr-FR%3A5

Celle à l'Assemblée nationale, centrée sur l'interdiction des Brav-m

Les signatures se font en utilisant France connect sur le site

<https://petitions.assemblee-nationale.fr/initia.../i-1319...>

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article