Partage de l'eau : pour une réelle concertation

Publié le par Henri LOURDOU

Partage de l'eau : pour une réelle concertation
Partage de l'eau : pour une réelle concertation
Partage de l'eau :
Pour une réelle concertation
sur un bien commun devenu rare.

 

Il y avait du monde ce dimanche 5 mars à Bagnères de Bigorre pour l'après-midi "Pour la défense de l'eau" coorganisé par la Confédération paysanne, le Gab 65, Bassines non merci, l'UCL et la Zad de l'Orchidée.

La première partie assurée par la présidente de FNE Midi-Pyrénées, Cécile Argentin, nous a tracé avec clarté et objectivité le cadre de la ressource et de sa gestion sur notre département, ainsi que les problèmes posés par le changement climatique à l'oeuvre.

Le problème est posé : la baisse de la ressource disponible appelle à des choix politiques profonds. Sachant que le cadre règlementaire existant donne la priorité à l'eau potable et à la préservation du milieu naturel, la conséquence logique serait d'engager une profonde transformation, axée sur la sobriété, du modèle agricole et industriel en vigueur.

Cette transformation ne peut se décréter du jour au lendemain et de façon autoritaire comme l'a rappelé l'intervenant suivant, Pierre-David Brocard, agriculteur gersois de la Confédération paysannne qui cultive une soixantaine d'hectares en bio, la majorité en grandes cultures, dont une partie de maïs, et qui recourt donc à l'irrigation dans le cadre d'une retenue collinaire qui ne suffit plus à la demande, et fait donc appel à un complément d'eau en provenance du lac du Gabas (lac de barrage créé au début des années 2000).

Il conclut cependant son intervention en plaidant pour une transition agro-écologique s'appuyant sur quelques principes forts :

-La relocalisation des productions et les circuits courts

-La valorisation des productions économes en eau

-La promotion et l'accompagnement par les pouvoirs publics de ces orientations.

Le président de la FDSEA 65, Christian Fourcade est intervenu pour plaider en faveur d'agriculteurs étranglés par la baisse de la ressource en eau, en évitant, compte tenu du public, d'attaquer comme d'habitude "les écolos". Cécile Argentin avait il est vrai auparavant rappelé l'agression dont a fait les frais le local régional de FNE à Toulouse (dépôt de fumier à l'entrée) et posé la question d'une véritable concertation entre tous les usagers de l'eau.

Dans la seconde partie de l'après-midi, Julien Le Guet de Bassines non merci, a mis les points un peu plus brutalement sur les i en nous rappelant le contexte de plus en plus tendu de la lutte du Marais poitevin contre les mégabassines. Il a rappelé le tabassage en règle dont a été victime le 18 novembre dernier un membre de son collectif par deux inconnus masqués

 

Rappelé également tous les recours juridiques gagnés contre les projets de mégabassines...en pure perte, puisque l'Etat, par la voix de ses préfets, continue à les valider en autorisant le début des travaux

 

Or ces projet, issus d'une mission de conseil de la CACG nous a-t-il rappelé, sont de pures aberrations écologiques et économiques. Au bout de 15 ans pour les plus anciennes bassines, les inconvénients en deviennent de plus en plus évidents, et sont encore augmentés par le changement climatique

 

La mise à l'arrêt de ces projets s'impose donc. C'est le sens de la pratique de désobéissance civile qui se développe dans le Marais poitevin (deuxième zone humide de France en voie d'assèchement accéléré par ces pratiques) et de la grande manifestation internationale appelée par Bassines non merci et quelques 150 associations, syndicats et groupements divers pour le week end des 24-25 et 26 mars.

 

 

 

Publié dans écologie

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