Garder le cap par temps de bourrasque

Publié le par Henri LOURDOU

Garder le cap par temps de bourrasque
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L'Etat de droit et la démocratie

 

Macron vient de s'exprimer ce mercredi 22 mars à 13h à la télévision : loin de calmer le jeu, il radicalise son immobilisme en le parant de divers prétextes, mensonges et omissions.

Face aux tentations de la radicalisation , gardons le cap de l'Etat de droit et de la démocratie. Macron ne nous aide pas, certes, mais ne lui cédons pas l'abandon de nos principes. Nous manifesterons pacifiquement demain et autant qu'il faudra pour qu'il finisse par entendre raison. Quant aux personnes faussement interpellées et gardées à vue le 16 mars, il faudra bien que la justice répare le préjudice subi. La démocratie est la solution.

 

La priorité climatique

 

Juste avant que Macron s'exprime, le Giec venait de publier son dernier rapport de synthèse, un exercice de plus en plus périlleux et problématique dans un monde où les décideurs freinent de tout leur pouvoir les décisions nécessaires pour éviter la catastrophe climatique.

Le temps presse, et les politiques tardent. Il devient de plus en plus urgent que les citoyens se tournent vers les écologistes, les seuls à avoir pris la mesure de l'enjeu.

 

Un patriotisme européen ?

 

"On devrait développer une identité européenne, ce qui jusqu'ici n'a pas réussi. Quand tous les enfants comprendront ce que cela signifie d'être des Européens, alors il y aura une Europe. Sinon, il n'y en aura pas."

( Ágnes HELLER La valeur du hasard. Ma vie, édition établie par Georg Hauptfeld, 2018, traduit de l'allemand par Guillaume Métayer, Bibliothèque Rivages, juin 2020,p 265)

 

J'ai repensé à cette citation de la philosophe hongroise récemment disparue en lisant un article récent du "Monde" qui parle de la Géorgie et qui commence ainsi : "La séquence vidéo dure quelques dizaines de secondes. On y voit une femme agiter le drapeau européen face au puissant jet d'un canon à eau. Elle est trempée et vacille, mais tient tête à la police, vite rejointe par d'autres manifestants venus faire bloc autour d'elle. Mardi 7 mars à Tbilissi, aucune image n'incarnait mieux l'aspiration des Géorgiens à rejoindre l'Union Européenne (UE), mais aussi leur rage contre le gouvernement qui menaçait de réduire cet espoir à néant en adoptant un projet de loi sur les "agents de l'étranger"." (Le Monde, 18-3-23, p 4)

 

Mais peut-on imaginer un tel attachement au drapeau aujourd'hui dans un pays de l'UE ?

L'abstention massive aux élections du Parlement européen a enfin commencé à reculer en 2019 : un signal faible du début d'adhésion des peuples de l'UE à ces institutions encore vécues comme lointaines.

L'identité européenne, comme toute identité collective, ne se décrète pas. Elle se construit au fil des expériences vécues ensemble.

Il reste à l'UE à faire vivre à ses citoyen-ne-s des expériences communes suffisamment puissantes pour les faire adhérer à son drapeau.

Et d'abord à faire converger sur des valeurs communes la grande majorité d'entre eux-elles.

Cela en faisant reculer les tendances aux replis nationaux d'une forte minorité nostalgique polarisée par le populisme d'extrême-droite.

 

Etat de droit, démocratie, climat, autant de causes de nature à construire l'identité européenne, ce qui passe aussi par la résistance à l'agression militaire russe en Ukraine qui met à mal la prise en charge de ces causes.

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