Pour la paix et la liberté des peuples, démocratiser l'ONU
Pour la paix et la liberté des peuples
démocratiser l'ONU.
La guerre en Ukraine semble nous tirer loin en arrière, vers un monde dominé par les rapports de force et la méfiance réciproque.
Encore une fois, l'ONU, née en 1945 pour éviter le retour de la guerre, a failli à sa mission et s'avère impuissante.
Faut-il donc s'en accommoder et se résigner à une "contradiction insurmontable : soit amplifier l'aide à l'Ukraine et entrer en situation de cobelligérance menant à un affrontement généralisé, soit laisser ce pays martyr dans le pourrissement d'une guerre et d'une occupation de son territoire qui peuvent s'éterniser" ? C'est la question que pose la juriste Monique CHEMILLIER-GENDREAU, qui propose une autre piste, empruntant ainsi le chemin tracé par sa collègue récemment disparue Mireille DELMAS-MARTY de la construction d'un Droit mondial effectif.
Il faut reconnaître qu'il ne manque pas de bons esprits pour nous suggérer le second terme de l'alternative "au nom de la paix" et en s'appuyant sur une analyse "anti-impérialiste" (anti-américaine en fait, comme s'il n'y avait qu'un seul impérialisme !) du conflit.
Le premier terme semble pourtant devoir l'emporter, tant l'idée de voir Poutine encore une fois détruire impunément un pays, après la Tchétchénie et la Syrie, révulse la décence commune.
Cependant, même si elle paraît peu probable, une troisième perspective existe.
Supprimer le droit de veto qui paralyse l'ONU
Les cinq vainqueurs de 1945, croyant éviter le défaut qui neutralisa la Société Des Nations dans les années 1930, s'étaient accordé un privilège exorbitant : le droit pour chacun d'eux, seuls "membre permanents", de faire échec à une décision du Conseil de Sécurité, organe exécutif de l'ONU en utilisant un droit de veto.
Ce droit était censé garantir que toute décision serait prise au consensus entre ces 5 Grandes Puissances : USA, URSS, Chine, France, Royaume Uni.
Hélas, il a surtout servi ces derniers temps à rendre impossible "pour le Conseil de sécurité de jouer son rôle de juge de paix" et à précipiter "le renoncement du monde entier au désarmement pourtant mis à la charge du Conseil de sécurité par l'article 26 de la Charte (des Nations Unies)" ainsi qu'à "la non-constitution des forces internationales collectives en cas de nécessaire intervention au nom de la communauté" et partant au "mélange des genres, impardonnable, avec la délégation donnée à l'OTAN de mener certaines interventions au nom de l'ONU, (à) l'infidélité des pays occidentaux aux valeurs défendues en théorie, et, à partir de là, (au) discrédit grandissant de l'Organisation aux yeux des peuples du monde."
"Mais le texte de la Charte bloque toute réforme démocratique de l'ONU, puisqu'il faut l'accord des cinq membres permanents, lesquels ne sont d'accord que sur le maintien de leur statut privilégié."
Un chemin pour avancer dans cette direction
Face aux perspectives dramatiques ouvertes par l'agression russe en Ukraine, "les peuples qui constituent la majorité du monde ont pris récemment (le 26 avril) une initiative audacieuse (résolution A/RES/76/262 de l'Assemblée générale) , en exigeant d'exercer leur contrôle sur l'usage du droit de veto par la tenue d'un débat à l'Assemblée générale après chaque usage de ce privilège."
Ce "premier pas dans le refus de la domination que les cinq Etats vainqueurs de la seconde guerre mondiale avaient conservé à leur profit" doit amener au défi du renoncement à leur droit de veto.
Il y a là une prise de conscience réelle et nouvelle qui s'appuie sur les enjeux aujourd'hui mondialisés auxquels l'humanité doit faire face : environnementaux, sociaux et démocratiques, ils irriguent les consciences et ne peuvent désormais plus être négligés par tous les pouvoirs impériaux, si dictatoriaux ou mercantiles qu'ils soient.
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