Dans quelle mesure faut-il se fier aux sondages ?

Publié le par Henri LOURDOU

Dans quelle mesure faut-il se fier aux sondages ?

Dans quelle mesure

faut-il se fier aux sondages ?

 

En cette période de prolificité des sondages, une enquête approfondie du grand reporter du "Monde" Luc BRONNER, publiée dans le n° daté 5-11-21, a établi les conditions dégradées dans lesquelles ces sondages sont de plus en plus souvent réalisés.

Les paramètres qui y conduisent sont la forte concurrence sur les prix entre instituts, et le recours accru aux réponses en ligne "auto-administrées" par des "panélistes" volontaires et rémunérés, dont le recrutement n'est soumis à aucune vérification de fiabilité. Ainsi le reporter du "Monde" a pu s'inscrire sous dix identités factices auprès des "plus prestigieux instituts opérant en France."

Ces nouvelles façons de faire se substituent aux enquêtes menées par téléphone ou en face-à-face par des professionnels. Ainsi les 69 sondages déjà publiés (début novembre donc) sur les présidentielles ont jusqu'à présent tous été conduits en ligne, selon la nouvelle procédure.

"Les entreprises qui gèrent les stocks de panélistes affirment garantir la qualité (des données) en mesurant leur temps de réponse et en éliminant les données de ceux ou celles qui semblent cliquer trop rapidement par rapport à la moyenne des autres répondants (...) Les sociétés de sondage affirment également être protégées d'éventuels robots, utiliser les empreintes numériques et les adresses IP des ordinateurs afin d'éviter des formes de "bourrage des urnes" numériques venant de l'étranger, notamment. Elles ont aussi mis en place des questions pièges censées vérifier la concentration des répondants." Elles prétendent également solliciter les panélistes "avec parcimonie" afin d'éviter qu'ils deviennent des "professionnels des études- un biais considéré comme absolument majeur." Luc BRONNER a pu vérifier que cette dernière prétention était fausse.

Bref, la fiabilité des enquêtes ainsi menées est sujette à caution. Malgré le "redressement" des résultats bruts et notamment en matière électorale, l'absence de transparence sur la méthode utilisée (chaque sondeur garde jalousement ses "recettes") ne permet pas d'en mesurer la pertinence.

D'où les biais importants de plus en plus souvent constatés entre sondages et résultats électoraux. Les derniers cas étant les élections européennes de 2019 (où par exemple la liste Europe Ecologie, créditée de 9% par les sondages est sortie à 13,5% dans les urnes), puis les municipales de 2020 et les régionales de 2021...

 

Une petite note positive pour terminer : des études comparatives conduites "pour la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme ont montré que, sur des sujets sensibles comme l'immigration ou l'islam, il pouvait y avoir vingt points d'écart, pour les mêmes questionnaires passés au même moment, entre un échantillon de citoyens interrogés en face-à-face et un autre, composé de répondants en ligne. Les seconds apparaissant bien moins tolérants que les premiers, en particulier sur l'immigration."

 

Réponse réelle dans les urnes, au soir du 10 avril.

 

Publié dans Immigration, politique

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