CLIMAT : Les enjeux de la COP 26

Publié le par Henri LOURDOU

CLIMAT : Les enjeux de la COP 26
CLIMAT : Les enjeux de la COP 26

Climat : les enjeux de la COP 26

 

Quelques rappels tirés de l'excellent supplément du "Monde" daté 31-10/1er et 2-11-21.

Qu'est-ce qu'une COP ?

L'acronyme COP fait référence à la "Conférence des parties" (Conference Of the Parties) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), traité international adopté au Sommet de la Terre de Rio en 1992. Celui-ci reconnaît l'existence d'un changement climatique d'origine humaine, documenté par le Groupement Intergouvernemental des Experts sur le Climat (Giec), créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), et qui rassemble 195 États membres. Ce traité a été ratifié par 197 parties (196 Etats et l'UE).

Cette Convention-Cadre instaure les Conférences des parties, qui se réunissent chaque année lors d'un sommet mondial où sont adoptées par consensus les décisions pour lutter contre le dérèglement climatique. La première COP s'est tenue à Berlin, où siège le secrétariat permanent de la CCNUCC, en 1995. Les conférences ont lieu dans des villes différentes, selon un système de rotation des continents.

A noter qu'il existe deux autres COP, liées aux deux autres Conventions adoptées à Rio en 1992 : la Convention sur la biodiversité et la Convention sur la lutte contre la désertification.

Bref historique des COP Climat

Après la COP 1 de Berlin, la COP 3 organisée à Kyoto en 1997 a adopté le premier protocole juridiquement contraignant, dit de Kyoto, visant à réduire d'au moins 5% les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) de 55 pays industrialisés entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990.

La COP 15 de Copenhague visant à un nouvel accord incluant tous les pays émergents en 2009 a échoué sur fond de campagne médiatique du lobby climatosceptique financé notamment par les firmes pétrolières.

La COP 21 dite de Paris (Le Bourget en fait) en 2015 a donné l'accord de Paris, accord non contraignant, visant à limiter le réchauffement global en deçà de 2°C : il repose sur des contributions volontaires des Etats et a été ratifié par 192 parties.

La COP 24 de Katowice a précisé les règles d'application de l'accord de Paris.

La COP 26 de Glasgow

Elle devra s'appliquer à des sujets aussi techniques que politiques : la finalisation des règles d'application de l'accord de Paris : règles de transparence (afin que les pays fournissent des informations précises et comparables sur leurs réductions d'émissions ou leur soutien financier aux pays les plus pauvres et les plus impactés), calendrier commun des objectifs climatiques et mise en place du premier bilan mondial des Etats prévu en 2023, fonctionnement des marchés carbone internationaux afin qu'ils contribuent effectivement à la baisse des émissions de GES.

Son bilan portera donc sur une somme de décisions diverses et complexes à analyser.

 

Nous et la COP 26 : La façon de se positionner personnellement est très bien résumée par le climatologue américain Michael E. Mann dans son interview au Guardian reproduite dans "courrier international" n°1617 du 28-10 au 3-11, p 31 :

"Je ne mange pas de viande, mon électricité est produite par des énergies renouvelables, j'ai un véhicule hybride. J'ai fait ces choix, et j'encourage d'autres à en faire autant, mais je ne crois pas productif de jeter l'opprobre sur les individus qui n'en sont pas au même stade que vous. Mieux vaut aider tout le monde à faire un pas dans cette voie. Et c'est précisément le rôle des changements politiques et systémiques : mettre en place des incitations telles que même les individus qui ne se soucient pas de leur empreinte environnementale iront dans cette voie."

Et, ajoute-t-il, "le catastrophisme est une menace et une tactique désormais plus utilisée que la négation du dérèglement climatique.(...) Cela a ceci de pernicieux que cela retourne des personnes a priori acquises à la défense de l'environnement, qui auraient été en première ligne pour exiger des changements (...) Si les données scientifiques faisaient la démonstration objective qu'il est trop tard pour limiter la hausse des températures en dessous des niveaux catastrophiques, ce serait un fait, et nous, scientifiques, nous nous y tiendrions. Mais ce n'est pas ce que dit la science."

Publié dans politique, écologie

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