Arménie-Azerbaïdjan : sortir de la tragédie

Publié le par Henri LOURDOU

Arménie-Azerbaïdjan : sortir de la tragédie
Arménie-Azerbaïdjan : sortir de la tragédie

Arménie-Azerbaïdjan : sortir de la tragédie.

 

En suivant avec accablement le dernier épisode de la guerre du Haut-Karabakh, je me suis souvenu de Kurban Saïd et de son roman "Ali et Nino", considéré comme LE roman national azéri.

J'ai découvert et lu ce roman en français après avoir lu la biographie de son auteur par un journaliste américain sous le titre "L'Orientaliste".

Kurban Saïd s'appelait en réalité Lev Nussimbaum (1905-1942), et était un juif d'Azerbaïdjan ayant fui Bakou au moment de la guerre civile de 1918-21. Réfugié à Berlin, c'est là qu'il écrit ce roman : une histoire d'amour romantique et impossible entre un musulman et une chrétienne. Comment ce roman en est-il venu à devenir une oeuvre de référence en Azerbaïdjan ?

Cela fait partie des paradoxes de la relation troublée entre Azéris et Arméniens.

 

L'article le plus sensible que j'aie lu sur la guerre récente est un article de Soulayma Mardam Bey dans le quotidien libanais "L'Orient-Le Jour" du 11-11-20, reproduit dans "Courrier international" du 19-11. Sous le titre "Une défaite qui réveille les douleurs du passé", il met bien en évidence la sensibilité toujours présente du génocide de 1915 subi par les Arméniens, paroxysme d'une longue tradition de stigmatisation et de persécutions.

C'est ce qu'il faut en effet mettre en balance avec les 200 000 réfugiés azéris  (selon le HCR) de la précédente guerre de 1994 gagnée par l'Arménie et chassés des territoires voisins du Haut Karabakh.

La revanche azérie actuelle, acquise grâce à l'aide turque, a des relents parfois douteux lorsque Recep Tayyip Erdogan qualifie les Arméniens de "restes de l'épée" en une allusion subliminale, mais transparente, à un génocide qu'il continue toujours de nier...

Il y a donc tout pour perpétuer peur et méfiance mutuelles...Et appétit de revanche !

 

Le statu quo imposé par Moscou est tout ce qu'il y a de fragile. Sortir de cette interminable vendetta entre peuples frères suppose, comme en Palestine-Israël, la prise en compte du point de vue de l'Autre. Hors de cela, il n'y a que du sang et des larmes à attendre, des deux côtés.

Publié dans Histoire, politique

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