Pourquoi la lutte contre le changement climatique est si difficile

Publié le par Henri LOURDOU

Pourquoi la lutte contre le changement climatique est si difficile

 

"M, le magazine du Monde", n°424 du 1er -11-19, p 20 : "Le converti de la dernière heure".

Présentation de David WALLACE-WELLS, rédacteur en chef du bimensuel culturel "New York Magazine", dont l'article "La Terre inhabitable" en juillet 2017 est devenu l'article le plus lu de l'histoire du magazine , avec plusieurs millions de lecteurs après sa mise en ligne.

Il ne s'agit pourtant que d'un résumé de ce que le Giec et les scientifiques de la biodiversité serinent depuis des années dans l'absence de réaction générale autre que d'affichage de la part des décideurs.

Dans son entrevue à "M", à l'occasion de la publication en français (éditions Robert Laffont) du livre tiré de son article, il nous livre sans doute, "hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ", la clé de cette redoutable inertie : "Même si vous avez une voiture électrique et que vous ne mangez pas de viande, en étant le citoyen privilégié d'un pays du Nord, vous bénéficiez de l'économie fossile. Nous faisons tous partie d'un grand récit, qui ne se limite pas à la conspiration de cinq compagnies pétrolières, mais est la saga de notre addiction aux conforts bon marché du consumérisme."

Cette limite-là, aucune radicalité du discours ne l'abolira. Ni aucun discours moralisateur nous accusant de "culpabiliser le peuple innocent".

Elle demande une rupture personnelle avec tout un mode de vie dans lequel nous avons grandi et vieilli. Qui est prêt à l'assumer ?

On peut toujours rechercher la pierre philosophale de la transition écologique sans sacrifice, genre "prospérité sans croissance" ou "société post-croissance", "planification écologique" et autres contes de Père Noël, il n'en demeure pas moins que pour limiter la catastrophe nous devrons renoncer à bien des éléments de notre confort actuel.

Cette vérité qui dérange, il faut la dire.

Cela passe notamment par la diminution drastique de notre consommation de produits importés :

"L’empreinte carbone des Français a augmenté de 20% entre 1995 et 2015 (1995 et 2017 étant les dates de début et de fin des données).Depuis 1995, les émissions liées aux importations ont doublé quand celles liées à la production intérieure (hors exportations) ont diminué d’un cinquième. Le poids des émissions de GES liées aux importations de la France est croissant. Elles sont devenues plus élevées que les émissions domestiques (hors exportations) depuis 2010. En 2015, l’empreinte carbone des français atteint 11 tCO2e par habitant, en comparaison les émissions nationales sont évaluées à 6,6t CO2e par habitant."

(Extrait du premier rapport du Haut Conseil pour le Climat, juin 2019 -www.hautconseilclimat.fr)

Interrogeons-nous donc pour commencer sur notre consommation et sur sa provenance.

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