Ecoutons les voix de l'Afrique nouvelle

Publié le par Henri LOURDOU

De Léonora Miano à Chimamanda Ngozi Adichie

Contre la persistance du racisme colonial,

écoutons les voix de l'Afrique nouvelle.

 

Tout le confirme : la prise de conscience collective de la persistance du traumatisme colonial, et de ses effets, progresse, à la fois chez les peuples colonisés et chez les peuples colonisateurs.

C'est ainsi que M le magazine du samedi du "Monde" du 28-7-18 titre sur Chimamanda Ngozi Achidie.

Cette jeune auteure nigériane me fait fortement penser à la camerounaise Léonora Miano. En particulier lorsqu'elle évoque ainsi la récente visite d'Emmanuel Macron à Lagos : "Dans son discours, il a insisté sur le fait que la plupart des Nigérians d'aujourd'hui n'avaient pas vécu le colonialisme. Mais on n'a pas eu besoin d'avoir vécu physiquement quelque chose pour qu'elle vous affecte. Aux États Unis, ils viennent de célébrer l'Independance Day, ce moment déterminant où les États-Unis ont rompu avec l'Angleterre, c'était il y a plus de deux siècles. Et en France, je suis sûre que vous parlez encore de l'impact de la Révolution sur le cours des choses. Le colonialisme c'était il y a cinquante-cinq ans et nous devrions oublier ?!"

Voilà qui remet bien les pendules à l'heure. Surtout au moment où "Libération" de ce même week-end (28 & 29-7) publie une enquête accablante sur le racisme anti-noirs dans le football français.

Sortir du colonialisme : cela reste en partie à faire, tant pour les uns que pour les autres.

Et, comme pour le climat, l'Occident a une dette à payer au reste du monde. Les idéologues de "l'anti-repentance" peuvent ranger leur rhétorique haineuse au magasin des antiquités : le mouvement est entamé, et rien ne l'arrêtera.

L'Afrique féministe et décoloniale de Léonora Miano et Chimamanda Ngozi Achidie nous montre le chemin.

Publié dans Immigration

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