La Fabrique Ecologique ou l'art d'enfoncer les autres...

Publié le par Henri LOURDOU

La Fabrique Écologique où l'art d'enfoncer les autres

et de péter plus haut que son cul

sans en avoir l'air...

Il vaut la peine me semble-t-il de revenir sur cette fameuse "Note", épinglée avec virulence par le secrétaire national d'EELV, David Cormand, car elle pourrait induire le lecteur en erreur, tant son style pseudo-objectif est vicieux et faux-cul.

Nous partirons pour cela d'une des phrases introduisant sa conclusion qui condense tous les vices et astuces de la méthode :

"La rupture écologique de 2017 laisse une place pratiquement vide. C’est donc l’occasion de repartir sur d’autres bases. S’il n’est pas dans la logique de cette note de définir la stratégie politique qui serait appropriée, nous pouvons indiquer certaines convictions, partagées par l’ensemble du groupe de travail, qui permettraient de ne pas se tromper de chemin."

Cette phrase en effet réalise l'exploit d'affirmer une chose et son contraire après s'être appuyée sur un soi-disant constat "pratiquement" faux.

Le "constat" tout d'abord : la place de l'écologie en politique après 2017 serait "pratiquement vide". Autrement dit, EELV serait un parti cliniquement mort.

Ce soi-disant constat repose sur des éléments de réalité : pas de candidat de ce parti aux présidentielles, aucun candidat de ce parti élu aux législatives.

Mais l'analyse qui en est faite (tout cela serait dû à la "vassalisation" d'EELV par le PS) est notoirement insuffisante (en plus d'être fausse, puisque, faut-il le rappeler, EELV a quitté le gouvernement en avril 2014, avec l'arrivée de Manuel Valls (le plus anti-écolo des socialos) à Matignon). Car cette éviction du champ électoral est étroitement circonstanciée et doit être expliquée de façon un peu plus approfondie que la "vassalisation" envers un PS qui en l'occurrence a complètement éclaté au printemps 2017.

Et donc les causes de son éclatement méritent d'être interrogées en priorité, puisque ce sont elles qui ont provoqué une crise générale du champ politique dans son ensemble.

Au surplus, affirmer que les candidats d'EELV ont subi aux législatives 2017 une quasi-disparition manque pour le moins de recul historique. Faut-il rappeler les élections de 2002 où les candidats des Verts avaient connu un résultat deux fois inférieur à celui de 2017 ? (Soit 2% des voix exprimées en moyenne contre 4% en 2017...).

Ce jeu de yoyo de nos résultats électoraux existe depuis la création des Verts en 1984, et a été amplement étudié et documenté.

Il traduit à la fois la jeunesse relative de notre parti, et le jeu des institutions qui donne la première place à l'élection présidentielle et au "vote utile" qu'elle génère.

Pourquoi donc cet "oubli" de la part des rédacteurs de cette "Note collaborative" ?

Tout simplement parce qu'ils veulent faire "place nette" : le "constat" qu'ils prétendent faire est en réalité un "souhait" comme le montre la suite, particulièrement hypocrite, de leur propos.

Une grosse hypocrisie : " il n’est pas dans la logique de cette note de définir la stratégie politique qui serait appropriée".

Ce gros mensonge est aussitôt démenti par la suite de la phrase : " nous pouvons indiquer certaines convictions, partagées par l’ensemble du groupe de travail, qui permettraient de ne pas se tromper de chemin". Mais cela n'a bien sûr strictement rien à voir avec une stratégie politique !

Et bien sûr, quand on lit ces "convictions partagées", on voit bien qu'il s'agit de construire autre chose à la place d'EELV : un parti écologiste plus "raisonnable" et qui ne s'inscrirait pas dans le clivage (dépassé) Droite/Gauche. Tout ceci bien évidemment dans l'écoute de la "société" et de façon "co-construite".

Mais par qui ?

Le mystère n'est qu'apparent si on relève vers la fin de cette conclusion les deux phrases suivantes : "S’agissant de la structuration politique possible de cette nouvelle écologie, il n’est pas de la responsabilité du groupe de travail de la traiter. Tout juste peut-on faire quelques constats, y compris à partir des caractéristiques de La Fabrique Ecologique, fondation pluraliste de l’écologie, de son développement et de sa réussite."

On relèvera tout d'abord le caractère répétitif du procédé de la "fausse négation" : "Nous n'avons aucune prétention", mais si, quand même...Et le démenti apporté à une apparence modestie : nous nous sommes puissamment développé et nous sommes une incontestable réussite. Auto-jugements qui restent à prouver. Car cette "Fabrique" n'a pas fabriqué grand chose à part des notes de synthèse de tout ce qui traîne déjà ailleurs...et qui a été fabriqué par d'autres.

Et donc se pose la question d'autres partenaires un peu plus "substantiels" de cette "co-construction". Ceux-là restent dans l'ombre. Mais, compte tenu de l'équation politique posée par les rédacteurs de la "note", on peut quand même conjecturer qu'ils se trouvent dans un espace politique qui serait "en même temps, et de Droite, et de Gauche" et dont le centre se situe du côté de l'Elysée. Surtout si l'on en croît cet écho relevé dans l'Obs du 5-4-18 sur une possible seconde liste écolo aux Européennes de 2020 autour d'écolos Macron-compatibles.

 

Au fond, cette "note" n'est rien d'autre qu'une "offre de service" au petit Machiavel de l'Élysée : vous avez réussi à dynamiter la Gauche et la Droite, on vous offre un outil pour dynamiter ce qui reste de l'Écologie politique...en échange de quelques strapontins soi-disant écolos dans votre Macron Circus.

Une offre qu'il serait maladroit de sa part d'accepter tant elle est peu crédible.

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