Jean-Louis MOYNOT S'émanciper. Une vie de recherches. Une aventure industrielle, syndicale et politique

Publié le par Henri LOURDOU

Jean-Louis MOYNOT

S'émanciper. Une vie de recherches

Editions du Croquant, juillet 2017, 560 p.

Préface de Christian DELLACHERIE, postface d'Etienne BALIBAR.

 

Ces mémoires d'une personnalité remarquable sont précieux à plus d'un titre.

Le principal cependant est l'engagement syndical de l'auteur, membre du bureau confédéral de la CGT de 1967 à 1981, sur une ligne réformatrice et unitaire qu'il n'a jamais reniée.

Mais je découvre également une personnalité atypique et riche, à l'expérience multiforme et à l'ouverture d'esprit rare.

Bien qu'ils ne soient pas strictement chronologiques, je reprendrai une présentation de ce type en ce qui concerne l'engagement syndical et politique de l'auteur, car elle me semble éclairante sur les évolutions ultérieures et un présent qu'il considère de façon pour le moins perplexe, tant les perspectives s'avèrent peu claires. Mais le sont-elles pour grand monde aujourd'hui ?

 

1953-1967 : les racines d'un engagement

 

Venu d'une famille bourgeoise catholique, JL Moynot a commencé son engagement social par le scoutisme dans la banlieue Nord de Paris (Asnières-Gennevilliers). C'est là qu'il rencontre de jeunes militants algériens et, dès 1953-4, la réalité du colonialisme. Il se positionne très tôt, avec d'autres, pour l'indépendance de l'Algérie. Position alors très avant-gardiste.

Cette remise en question des idées dominantes de son milieu ne le pousse cependant pas à rompre radicalement avec lui. En fait, lycéen et étudiant consciencieux (jusqu'à la réussite du concours d'entrée à Sup'Aéro, dont il sort ingénieur), il a profité de certaines rencontres dans ce milieu scolaire pour se forger de solides amitiés qui ont fondé et renforcé ses prises de conscience critiques. Mais celles-ci passent d'abord par le prisme de son engagement à la Jec (Jeunesse étudiante chrétienne). Devenu élève-ingénieur, il prolonge cet engagement par son investissement syndical à l'UGE (Union des Grandes Ecoles) et à l'Unef -que l'UGE finira par rejoindre. Il nous rappelle au passage que l'Unef comptait alors "80 000 adhérents sur un nombre d'étudiants inférieur à 150 000" (p 42). Et sa majorité est alors passée, au termes de débats où jécistes et communistes se sont alliés, de la droite pro-coloniale à la gauche anti-coloniale. Son congrès de 1958 se prononce en effet "à une large majorité contre la torture et toutes les formes d'exaction en Algérie (prélude au congrès de 1960 qui s'est prononcé pour l'indépendance de l'Algérie)." (p 45)

Dans ce débat, chrétiens "radicalisés" et laïques se battent au coude-à-coude.

Or, contrairement à la plupart de ses amis jécistes, JL Moynot choisit dès cette époque de se syndiquer plus tard à la CGT, plutôt qu'à la CFTC en voie de déconfessionnalisation sous l'impulsion du courant "Reconstruction".

Ce choix va accompagner sa prise de distance croissante, puis sa rupture, avec la foi religieuse. Mais, contrairement à d'autres dans le même cas, il ne troque pas une foi pour une autre : "En premier la liberté", se prononce-t-il avec un autre grand syndicaliste, italien, Bruno Trentin (p 31). Plus précisément : "Marx et Spinoza, mariage philosophique anti-dogmatique"(ibidem).

Cette prise de distance commence avec la rencontre, en 1957, de l'équipe de "Jeunesse Camping" de Nice (qui donnera plus tard le Claj -Comité loisir et action de la jeunesse). Formée d'anciens militants de la Joc en rupture d'Eglise, elle travaille avec la fédération de France du FLN algérien.

Fédérée aux "Jeunes Amitiés Internationales", cette équipe agrège des jeunes venus d'horizons divers, "dont Tiennot Grumbach, neveu de Pierre Mendès-France, qui était encore aux jeunesses radicales, mais a rapidement parcouru un itinéraire politique beaucoup plus à gauche. Il est devenu plus tard un grand avocat du travail, très reconnu dans toute la profession, avant de mourir pendant l'été 2013 des suites d'une maladie orpheline. Nous sommes toujours restés amis." (p 56) Pour apprécier pleinement la portée de cette dernière remarque, il faut préciser qu'avant de devenir avocat, Tiennot Grumbach établi en usine comme ouvrier à Flins, a fait partie d'un groupe maoïste proche de Vive La Révolution au début des années 70, au moment où JL Moynot adhère au PCF , qui à cette époque vitupérait les "gauchistes" (et réciproquement).

 

Avant de choisir de faire son service militaire, comme officier, en Algérie, en août 1960, JL Moynot a donc de solides contacts dans les milieux indépendantistes.

Ses convictions, connues de l'Armée, retardent son affectation "sur le terrain" : personne ne veut de lui. Finalement expédié dans une Base Aérienne isolée au Sud d'Alger, il profite de son temps libre pour créer, avec son contact algérois de "Jeunesse camping", une lettre ronéotée destinée à une centaine de jeunes appelés en Algérie ciblés, et expédiée depuis la France, pour "les aider à garder le moral grâce aux nouvelles de ceux qu'ils connaissaient et à préserver leur conscience de citoyens."(p 59-60)

Il obtient cependant sa mutation dans un PC Aérien moins isolé, à Bou Saada, ce qui lui permet de faire venir son épouse et son jeune fils de 6 mois et de loger avec eux "en ville".

Mais au bout de six mois (en avril 61), il est brutalement muté à la 25e Division Parachutiste en Kabylie, dans un état-major "installé sous la tente, tout près de la côte et à une dizaine de km de Djidjelli."(p 66) Et c'est là que le surprend le "putsch des généraux" du 21 avril. Son unité, le PC Aérien, composée d'appelés, refuse de se joindre aux régiments de paras qui, soutenant le putsch, décident d'aller prendre Constantine. La tentative tourne rapidement court comme on sait.

A noter, durant toute cette période, le refus de JL Moynot de s'engager directement auprès du FLN. Bien qu'acquis à l'idée de l'indépendance, il se pose en défenseur scrupuleux de la légalité républicaine dans le cadre d'une paix négociée. Soit, peu ou prou, la position du PCF ...que la plupart des ancêtres du "gauchisme" post-68 lui ont reproché.

Cependant, ce n'est qu'en 1970 que JL Moynot adhère au PCF, après une rupture philosophique avec le christianisme et une adhésion au marxisme.

 

Entretemps, il y a son entrée dans le monde du travail et son adhésion à la CGT aux chantiers navals de La Ciotat en 1962. Il n'y reste que deux ans, victime d'une forme de discrimination syndicale larvée (description très fine du climat de l'époque dans le milieu des ingénieurs et cadres de production et des effets contradictoires du passage de la Reconstruction nationale à la Guerre froide).

Spécialisé dans "l'organisation de la production", JL Mpynot se lance dans l'informatique, alors balbutiante, et retourne à Paris, où il travaille chez Carnaud-Basse Indre le leader des fabricants de boîtes de conserve. Il y découvre une nouvelle forme de complexité dans l'organisation de la production, liée aux contraintes de commercialisation. Promu à la coordination de la production des 3 usines de l'ouest du groupe, il s'installe à Nantes.

Contrairement à La Ciotat, il a gardé secret son engagement syndical, mais il fait alors partie du Conseil du Syndicat national des Ingénieurs et Cadres de la Métallurgie (SNICM)CGT, et aussi d'une commission départementale Ingénieurs et Cadres de la Loire-Atlantique. A ce titre, il anime une rencontre à Saint-Nazaire lors de la grève des "mensuels" (techniciens, dessinateurs, agents de maîtrise et chefs d'atelier) des Chantiers navals de 1967.

Parallèlement, il est l'objet de propositions de promotion dans son entreprise, ce qui le gêne. Il en fait part à un cadre de la Fédération des Travailleurs des Métaux CGT. Or, il se trouve que la Confédération est à la recherche d'un remplaçant à Pierre Le Brun, démissionnaire du Bureau confédéral. "Un(e) ingénieur(e), jeune, non communiste, diplômé(e) d'une Grande Ecole, travaillant si possible dans l'industrie privée." (p 127)

Diverses possibilités ayant été écartées, JL Moynot est proposé par le SNICM son syndicat, et par l'Ugic (Union générale des ingénieurs et cadres), ce qui fait consensus.

C'est ainsi qu'au congrès confédéral de juin 1967, il intègre le nouveau Bureau confédéral : "Ce congrès amorçait un renouvellement important; Georges Séguy devenait secrétaire général et Benoït Frachon, âgé de 74 ans, devenait président de la CGT. En outre, deux nouveaux entrants, René Buhl et moi, préfigurions la nouvelle équipe qui allait se constituer lors des congrès suivants. (p 131-2)

 

1967-1981 : une tentative inaboutie de rénovation de la CGT

 

Cette période fut décisive dans le retard pris, tant par la CGT que par le PCF, dans leur leur prise en compte des nouvelles aspirations apparues en Mai 68 et dans le nécessaire bilan des échecs du "socialisme réel" des pays soviétiques.

Or ce retard a lourdement pesé dans leur perte d'influence respective, et dans les divisions de la gauche politique et syndicale.

JL Moynot fut, avec Georges Séguy, l'un des principaux artisans d'une première tentative d'aggiornamento à la CGT, avec le 40e congrès confédéral de 1978. En même temps, plus timidement, il participe à la tentative "eurocommuniste" de rénovation du PCF, dont il ne comprend rétrospectivement tout l'enjeu que lors de la rupture de l'union de la gauche provoquée par Georges Marchais et son entourage. Les effets induits de cette rupture dans la CGT vont provoquer la démission de JL Moynot du Bureau confédéral en 1981, et son départ du PCF en 1982.

 

Il est capital de rappeler aujourd'hui, le plus factuellement possible, ce qui s'est passé durant ces années décisives 1968-1981, tant la tentation de réécrire l'Histoire est forte pour tous ceux qui se réfugient dans des positions "identitaires".

 

Le Mai de la CGT :

Pour tous ceux, dont je suis, qui sont revenus des illusions gauchistes sans pour autant renier "l'esprit de Mai 68", il est revigorant de voir combien cet "esprit de Mai" a marqué quelqu'un comme JL Moynot, pourtant peu suspect de "sympathies gauchistes".

Il s'est en effet passé en 68 quelque chose de fondamental. Pour la première fois, la direction de la CGT a osé s'émanciper partiellement de la tutelle du bureau politique du PCF, en soutenant jusqu'au bout la dynamique gréviste.

Par contre, et c'est un apport inédit de JL Moynot, qui faisait partie des négociateurs des "accords de Grenelle", le BP du PCF a bel et bien sabordé une avancée revendicative possible en poussant à l'accélération de la conclusion du "relevé de négociations " qui aurait pu comporter, avec une séance de plus, le retour à l'élection des CA des caisses de Sécurité sociale, abolie par les ordonnances de 1967. Et cela par crainte d'une récupération politique du mouvement par la FGDS à l'occasion du meeting de Charléty organisé par le PSU, l'Unef et la CFDT. (p 171-172)

Son analyse est que Benoît Frachon et Georges Séguy ont néanmoins imposé, contre l'opinion du BP, la poursuite du mouvement partout où c'était possible.(p 173-176)

Il n'en reste pas moins que "la CGT a très largement manqué en mai 68, le rendez-vous de l'Histoire avec les jeunes et les étudiants."(p 177)

Une incompréhension culturelle autant que politique, selon JL Moynot, qui aurait pu être levée par un dialogue approfondi si "les militants syndicalistes dans une large proportion" avaient été "culturellement prêts à considérer un tel dialogue comme une de leurs priorités."(p 178)

Pour compléter ce tableau de Mai vu du sommet de la CGT, je noterai également l'échec de la tentative de manifestation unitaire du 29 mai, du fait du blocage de l'Unef (où Jacques Sauvageot avait été mis en minorité sur ce point) (p 179).

Après Mai : quand la CGT signait...

"La fin de l'année 1968 et les six premiers mois de 1969 ont été particulièrement denses."( p 180)

En effet JL Moynot est de toutes les grandes négocations interprofessionnelles qui suivent Mai 68, "après de longues années de refus de telles négociations." (p 181)

La première est celle ayant pour objet de concrétiser le droit syndical à l'intérieur de l'entreprise. Et ici, JL Moynot omet de signaler que la présence de ce sujet de négociation est due à la réflexion et aux propositions de la CFDT, auxquelles il faut rattacher le nom de Hubert Lesire-Ogrel. Ce n'est malheureusement pas la dernière fois qu'il est pris en flagrant délit de méconnaissance de la CFDT, j'aurai l'occasion d'y revenir. Mais ce fait est significatif des oeillères qui restent à ôter dans le mouvement syndical français. Oeillères présentes dans tous les syndicats, faut-il le préciser ?

En tout cas, cette première négociation, qui débouche sur la loi du 27 décembre 1968, voit le point de vue patronal, minimaliste, prévaloir dans la loi : seul un délégué syndical, doté d'heures de délégation, est reconnu comme représentant la section syndicale d'entreprise. Mais "quoi qu'il en soit, c'était un grand progrès." (p 180)

Les deux autres grandes négociations interprofessionnelles auxquelles participe JL Moynot sont celle sur l'emploi, et celle sur la formation professionnelle.

 

Sur la première, "les dispositions finales de l'accord peuvent paraître fort limitées aujourd'hui et nous les avons ressenties comme telles à l'époque. Mais l'important est que ces dispositions ont introduit une logique qui s'est progressivement enrichie des actuelles dispositions du Livre III et du Livre IV du Code du Travail, surtout à partir des lois Auroux."(p 182) (NB lois Auroux votées en 1982 par la majorité socialiste.)

Cette remarque est à relever pour aujourd'hui encore : la qualité d'un accord ne se juge pas seulement par son contenu, mais par la dynamique qu'il crée ou qu'il peut créer.

 

Quant à la seconde, elle est l'occasion pour JL Moynot de dépasser un préjugé. Il s'agit ici du rôle joué par Jacques Delors, conseiller social du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas. Il nous dit sans ambages : "dans ma vision encore trop simple des itinéraires politiques, je considérais qu'un ancien syndicaliste de la CFDT (...) commettait une sorte de trahison en allant jouer un grand rôle dans le cabinet du Premier ministe d'un gouvernement de droite."(p 185-6)

"Mais, dès la négociation de l'accord interprofessionnel sur la formation continue (de l'automne 69 au printemps 70), j'ai pu constater, quelles que soient les différences et divergences, que la réalité était différente de l'idée que je m'en étais faite." (p 186)

"Nous entrions à l'Hôtel Matignon par une porte dérobée et, avec notre interlocuteur, la discussion était précise et efficace. Il nous demandait ce qui était positif à nos yeux, mais plus encore ce qui ne nous convenait pas dans l'état provisoire des dispositions envisagées. Il nous faisait part de son propre point de vue et enfin, il demandait des précisions sur le s points de blocage avec le patronat, afin d'intervenir à bon escient. Généralement, lors de la séance suivante de négociation, il y avait au moins un déblocage partiel.

L'accord étant signé en 1970, la loi d e1971 s'en est largement inspirée comme le gouvernement s'y était engagé. Elle porte fortement la marque de cette coopération discrète mais constructive entre le gouvernement et les organisations syndicales (car, bien entendu, nous n'étions pas les seuls visiteurs du soir)." (p 186)

Si j'ai choisi de largement citer ce passage, c'est qu'il illustre largement la portée et les limites du "dialogue social à la française". La portée : il est possible d'arriver à des compromis sociaux acceptés par tous. Les limites : nécessité d'un médiateur étatique, bilatéralisme des discussions sans entente intersyndicale préalable.

La prise en compte de Mai : le 40e congrès de 1978 de la CGT et ses limites

Ici , il nous manque quelques jalons chronologiques, car le plan thématique retenu par JL Moynot ne met pas les conditions de préparation de ce congrès, pourtant historique, au centre.

La raison en est l'interférence du facteur politique, qui a cassé la dynamique syndicale alors en cours, tant à la CGT qu'à la CFDT.

Dans les remarques dispersées de JL Moynot sur ce 40e congrès, on peut retenir : "On pouvait conclure de toutes les difficultés rencontrées que deux exigences se sont manifestées dans cette période :

1- Encore plus d'indépendance syndicale, encore plus de capacité autonome de la CGT vis-à-vis du changement en profondeur du travail et de la société;

2- Beaucoup plus de démocratie de masse dans la vie de ses organisations.

 

C'est ce que j'ai fait dans un article intitulé "Entre hier et demain", paru dans "Le Peuple" du 1er au 15 mai 78, qui n'a pas plu à tout le monde, mais qui a contribué à jeter les bases de la préparation du 40e congrès." (p 202)

 

Cela aboutissait à "faire tourner la courroie de transmission à l'envers" : au lieu que le PCF dicte sa conduite à la CGT, ce serait la CGT qui inspirerait le Parti.

Or, un élément nouveau était intervenu dès 1977. La volonté de l'URSS d'empêcher l'accession au pouvoir de l'union de la gauche en France, et donc de casser cette union à titre préventif.

Cette volonté fut relayée au sein du PCF par le groupe dirigeant constitué autour de Georges Marchais.(p 203)

Ainsi, alors que les orientations portées par JL Moynot, avec le soutien plein et entier de Georges Séguy "et d'une large majorité du bureau confédéral et de la CE" (p 204) l'emporte lors de la préparation et de la tenue du 40e congrès de Grenoble en novembre 1978, "si l'on considère la suite jusqu'au congrès suivant, cette période a été particulièrement contradictoire et éprouvante au sein de la CGT." (ibidem)

En particulier, "Les discussions qui ont suivi avec la CFDT, jusqu'au début de l'année 1979, ont montré que ces orientations auraient pu conduire à de grandes avancées si elles avaient pénétré en profondeur dans la CGT et si le contexte politique n'avait pas conduit inévitablement à une divergence radicale entre le recentrage de la CFDT et un retour en arrière de la CGT." (p 205)

(Voir aussi p 238 sur les rapports syndicat-parti et la question de l'unité d'action intersyndicale)

"Cette situation a beaucoup nui à la dynamique sociale qu'aurait pu engendrer l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981." (ibidem)

 

"Il a fallu longtemps, à partir des années 90, pour revenir sur les bases du 40 e congrès et les développer dans un nouveau contexte."(ibidem)

 

La postérité de la tentative : Louis Viannet, Bernard Thibault et le "syndicalisme rassemblé".

 

C 'est dans le chapitre intitulé "CGT-CFDT : unité d'action et conflits, dialogues discrets et amitiés" (p 285-306) que je retire des éléments. JL Moynot ayant démissionné du Bureau confédéral en 1981, ce n'est plus à travers ses responsabilités syndicales qu'il aborde la période ultérieure.

Il fait état des contacts discrets noués par Louis Viannet avec Nicole Notat après décembre 95, qui débouchent sur la levée du veto CFDT à l'adhésion de la CGT à la CES (p 305). Puis des échanges toujours aussi discrets , sous le mandat suivant de Bernard Thibault, à propos du dossier très chaud des retraites. Ici, JL Moynot montre un léger défaut d'information quand il renomme Jean-Marie Toulisse ...Robert. Bien qu'en effet, comme il l'écrit, ce même Toulisse (Jean-Marie donc...), chargé du dossier retraites à la CE confédérale CFDT, ait co-édité avec son homologue de la CGT Jean-Christophe Le Diguou, un ouvrage intitulé "L'avenir des retraites" (L'Atelier, novembre 99, 154 p ). Bien que JL Moynot ait "accompagné", nous dit-il , "Chrisitan Dellacherie mandaté par Bernard Thibault pour conduire l'équipe CGT", son jugement me semble bien rapide lorsqu'il conclut que ces échanges "se sont enlisés et surtout sont devenus sans objet lorsque la CFDT a lâché en 2003 le front commun de la lutte contre le projet gouvernemental de "réforme" des retraites et signé un texte qui trahissait les objectifs communs des syndicats rassemblés, le comble étant que ce fut Toulisse qui en a convaincu François Chérèque, secrétaire général tout frais émoulu." (p 306)

Ayant participé à l'époque au débat interne fort intense qui a traversé la CFDT, je puis témoigner que les choses ne sont pas aussi simples qu'il l'écrit.

Il est bien évident que cet épisode fut une catastrophe pour les tenants du "syndicalisme rassemblé" (dont je suis).

Pour autant les responsabilités sont à établir de façon beaucoup plus nuancée. En particulier les "objectifs communs des syndicats rassemblés" sont largement une vue de l'esprit. Les points mis en avant dans les mots d'ordre intersyndicaux ne constituaient en aucune manière une plateforme de négociation : et là était la principale limite de ce rassemblement.

De plus, chaque organisation avait son propre agenda : pour la CGT il s'agissait avant tout d'afficher le "rassemblement" et de créer un rapport de force, pour la CFDT il s'agissait d'obtenir des avancées concrètes par rapport à la catastrophique réforme Balladur de 93 sur les retraites du régime général, en particulier pour les bas salaires, les carrières incomplètes et les carrières longues, pour FO et la FSU d'obtenir le statu quo sur le code des pensions des fonctionnaires.

 

C'est ici que l'on voit le décalage qui s'était créé au fil des ans entre une CFDT rompue à la négociation, et une CGT qui en avait perdu l'habitude.

 

Pour autant, je maintiens quant à moi mon jugement de l'époque : François Chérèque a davantage fauté sur la forme que sur le fond. En mettant Bernard Thibault en difficulté, il a plombé pour de longues années le "syndicalisme rassemblé". Par contre le contenu de l'accord obtenu n'a rien d'une "trahison" : il aurait gagné à être partagé avec nos partenaires syndicaux avant toute prise de position publique; là fut la faute politique.

 

Nous en payons sans doute encore le prix. Car la reconnaissance accrue qu'en a tiré in fine la CFDT, et sa première place récemment acquise dans la représentativité des salariés du privé s'est accompagnée d'une régression des relations intersyndicales à l'âge de pierre ou peu s'en faut. Avec une crise indéniable d'orientation de la CGT. Et de cela, tous les salariés en pâtissent.

Comme l'écrit à un moment JL Moynot, lorsque la division l'emporte, chacune de ces deux organisations est tirée vers ses pires défauts : la cogestion raisonnable pour la CFDT, la lutte pour la lutte pour la CGT. Leur unité d'action est la clé pour corriger mutuellement ces défauts...et susciter l'espoir et la mobilisation chez les travailleurs !

 

Or de nouveaux enjeux s'offrent à l'action syndicale. Des enjeux qui, comme JL Moynot et quelques autres l'avaient perçu dès les années 70, nécessitent de raisonner au niveau européen et mondial.

On retiendra, pour finir cette très incomplète recension, ce jugement porté par Bruno Trentin sur le Programme Commun de Gouvernement des Partis de Gauche à la fin des années 70 : "Je comprends que ce programme a été utile pour rapprocher les composantes de la gauche, mais son contenu m'apparaît complètement en dehors de l'espace et du temps." (p 206) Et JL Moynot commente : "je n'étais pas encore parvenu à cette conclusion (...) Et (...) je pense aujourd'hui qu'il avait raison." (ibidem)

 

Et ce jugement sur les nouveaux enjeux : "c'est aux générations suivantes qu'il revient de s'emparer des perspectives prometteuses, telle la transition énergétique vers des ressources renouvelables, ou le bon usage des applications du numérique, favorisant l'émancipation dans et par le travail et l'accès de tous à la connaissance." (p 547-8)

 

Malgré la grande perplexité affichée en conclusion, en particulier sur l'état présent de la CGT, ces différents apports historiques et réflexions tracent en creux le programme des générations qui viennent :

 

-Reconstruire une unité d'action intersyndicale basée sur la connaissance mutuelle des organisations et la construction de vraies plateformes revendicatives unitaires;

 

-Reconstruire une coalition de gauche à vocation majoritaire sur un vrai programme de gouvernement qui ne soit ni "hors de l'espace", ni "hors du temps".

 

Le témoignage très précieux de JL Moynot nous en démontre l'impérieuse nécessité.

 

Post Scriptum : Sur la démarche de "propositions industrielles".

 

Parmi les éléments de cette autobiographie que l'ai laissés de côté (notamment tout ce qui concerne l'action proprement politique de JL Moynot au PCF et après, ainsi que son investissement dans la recherche), il en est un qui, concernant spécifiquement l'action syndicale, me semble à relever. Et ceci d'autant plus que j'y ai consacré en 1981 un DEA d'Histoire, puis une partie de ma thèse de 3e cycle.

Cet aspect est abordé dans le chapitre "La bande à Moynot" (p 265-283) où est évoqué le travail accompli par le Centre Confédéral d'Etudes Economiques et Sociales de la CGT entre 1968 et 1978.

Il y est question des personnes recrutées qui ont joué un rôle fondamental dans l'essor d'une réflexion indépendante de la section économique du PCF, qui jusque-là importait ses analyses au sein de la CGT.

Le premier est Philippe Zarifian, recruté en 1973. "Nous le ressentions comme le cerveau théorique de l'équipe et, de fait, il a joué un rôle essentiel dans le passage des études descriptives à la recherche sur les changements d'organisation du travail induits par la crise du fordisme et ses conséquences dans les branches industrielles. (...) (Il) a travaillé en coopération avec les responsables des différentes branches industrielles dans les fédérations, particulièrement avec la FTM (métallurgie) qui était la plus "outillée" en la matière, et tout spécialement avec Jean-Claude Thénard, premier promoteur des "propositions industrielles", avec qui il a construit, en 1978, le mémorandum de la fédération sur la sidérurgie." (p 274)

Je reviendrai sur ce point.

Le second est Gilbert Dupin. "Secrétaire régional des cheminots à Tours, membre du comité régional confédéral, et représentant CGT au Conseil économique et social régional (CESR-région Centre). Passionné des approches économiques et industrielles, il suivait de près l'activité du secteur au niveau confédéral." (p 277)

Repéré par JL Moynot lors d'une journée nationale de rencontre des responsables économiques des fédérations et régions en 1978, il avait en perspective une "carrière politique" en raison de son score brillant aux législatives de 1973 sous l'étiquette PCF (23% contre 15% dans les élections précédentes dans la même circonscription pour les candidats du Parti). Il accepte cependant de remplacer "pour un an" Philippe Zarifian alors détaché à la FTM.

Il est cependant resté au-delà, et "a aidé, à leur demande, un nombre croissant de comités d'entreprises à s'approprier la démarche des propositions industrielles.(p 281)

 

Et c'est ici que je dois oser un témoignage personnel. Puisque c'est dans ce cadre que je l'ai rencontré, pour les besoins de ma thèse, et grâce à l'entremise de ma directrice de recherche, Rolande Trempé. Cette rencontre a eu lieu le 1er juin 1982 à Paris (p 457 de ma thèse "La crise et l'avenir du mouvement ouvrier : industrie et mouvement syndical en Midi-Pyrénées (1974-1981)", Université de Toulouse Le Mirail, novembre 1985).

Elle concerne le conflit de la CERAVER ("fabrication de tubes céramiques entrant dans le processus d'enrichissement de l'uranium", dépendant du groupe CGE, ibidem p 287). Or, "en raison des retards pris par les programmes nucléaires, notamment en Europe, le contrat qui liait depuis 1974 la CERAVER au consortium Eurodif ne sera pas renouvelé, d'où près de 1 300 licenciements sur 1 700 employés à envisager "fin 1980 – début 1981" dans les deux usines de Bazet et Bordères-sur-l'Echez dans la banlieue nord de Tarbes."(p 288) Ces éléments sont tirés de la synthèse mensuelle sur l'emploi de la Direction Régionale du Travail début 1980.

"La liaison entre ces licenciements et les programmes électro-nucléaires va donner lieu à une polémique intersyndicale à base essentiellement idéologique comme le mouvement ouvrier français en a le secret, entre CGT (majoritaire) et CFDT : la première s'appuyant sur l'idée d'un nécessaire développement du nucléaire, la seconde appuyant l'idée de reconversion des activités de l'entreprise sur la base du fait que "le nucléaire c'est fini !"

Ainsi le mouvement de grève qui paralyse les deux usines du 23 septembre au 17 novembre 1981 (avec 1 354 grévistes sur 1 404 employés selon les chiffres de l'Inspection du Travail) se déroule da s un climat très tendu. C'est la CGT seule qui décide la grève avec occupation après l'annonce d'une demande de 765 licenciements auprès de l'Inspection du Travail faite par la direction, et concernant principalement les ateliers de Bordères (construits en 1975 pour fabriquer les filtres destinés à l'enrichissement de l'uranium dans le cadre du programme Eurodif).

Malgré l'huile que tentent de mettre dan s les rouages de l'unité d'action les experts du CCES de la CGT descendus de Paris pour étudier le dossier économique, la radicalisation entre pro- et anti-nucléaires se double d'un clivage entre adversaires et partisans d'une reconversion des activités, sur l lequel joue la direction de la CGE, semble-t-il, pour proposer un plan "bidon."

Telle est du moins l'analyse de Gilbert Dupin, expert du CCES-CGT (entrevue avec l'auteur du 1er juin 1982). Pour lui il s'agissait là en effet d'une fausse polarisation. L'idée d'une diversification des activités (plutôt qu'une problématique reconversion à l'extérieur de l'entreprise) n'était pas à écarter, mais elle devait s'appuyer sur le potentiel technique et professionnel des établissements concernés. Les mesures sociales (pré-retraites, formation) ne devant venir qu'en complément d'un plan industriel de relance des activités. Malheureusement, il semble que l'état de radicalisation des positions respectives ait été déjà trop avancé au moment de l'intervention du CCES pour permettre une relance de l'unité d'action.

Enfermée dans une logique du tout ou rien, la CGT locale doit finalement entériner les licenciements, tandis que la CFDT s'avère bien incapable de porter seule des propositions crédibles de reconversion industrielle.

Ainsi, la proclamation triomphaliste de l'hebdomadaire confédéral de la CFDT commentant les résultats des prud'homales de 1982 doit être sérieusement nuancée. Ne lit-on pas en effet, dans "Syndicalisme hebdo" n° 1943 du 17 décembre 1982 : "Enfin, il faut souligner aussi que sur le grave problème de Ceraver à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, les travailleurs ont confirmé largement leur adhésion aux propositions de reconversion de l'entreprise, que la CFDT a portées seule, malgré une opposition farouche de la CGT. Au bureau de vote de Bazet, la CFDT gagne 10% et la CGT perd 12%." (p 16) Ce que le rédacteur de ces lignes omet de dire est que le bureau de Bazet a perdu 20% d'électeurs depuis 1979, mais surtout qu'à Bordères (- 48% d'inscrits) tous les courants syndicaux paient le prix de la polémique intersyndicale et que la défaite pour tous les travailleurs est déjà inscrite dans la montée en flèche de l'abstention." (p 288-9)

 

Trente-trois ans plus tard, je ne vois rien à retrancher à cette analyse. Tout au plus puis-je ajouter mes souvenirs sur ma rencontre avec Gilbert Dupin. En particulier celui d'un jugement très désabusé de sa part sur les militants CGT locaux, pas du tout acquis à l'idée de propositions industrielles...

Ajoutons les chiffres des élections prud'homales évoquées ci-dessus. Ils portent sur la "section industrie".

Bazet

Inscrits Abst Bl ou nuls CGT CFDT FO CGC CFTC (en %)

1979 809 15,1 1,1 59,6 15,7 3,4 2,5 2,6 =100

1982 645 20,4 3,4 38,1 24,5 4,9 6,5 2 =100

 

Bordères

Inscrits Abst Bl ou nuls CGT CFDT FO CGC CFTC (en %)

1979 1015 20,4 1,2 47,2 14,4 12,6 3,2 1,3 =100

1982 523 51,6 0,9 27,9 6,9 7,2 3,6 1,7 =100

 

Un dernier mot sur ce qui fut le moment-phare de la proposition industrielle : le conflit de la sidérurgie de 1979.

Ici nous retrouvons le poids de la division politique évoqué plus haut. Mais c'est la CFDT qui va en partie en partager la mise en oeuvre.

En effet, JL Moynot souligne la bonne entente avec Michel Rolant, responsable économique de la CFDT, mais sa marginalisation par le nouveau cours , dit de "recentrage", initié par le "rapport Moreau" de janvier 78, à l'initiative d'Edmond Maire.

"Nous avons sympathisé et, par la suite, nous avons entretenu un dialogue régulier, non dépourvu de complicité lorsque les enjeux le permettaient ou le réclamaient. J'ai évoqué cela au sujet de la marche de la sidérurgie du 23 janvier 1979 pour laquelle nos efforts de part et d'autre pour maintenir l'unité d'action ont été réduits à néant." (p 298)

Le contexte est en effet celui d'une rupture au plus haut niveau : malgré la mise au point par les "secteurs économiques" des deux confédérations d'un texte "qui satisfaisait les exigences des deux parties" sur les réformes structurelles, fin 1978 (?), "Hubert Prévôt, vivement déçu du message qu'il était chargé de nous transmettre,m'a appris qu'Edmond Maire avait décidé, avec l'accord du bureau national, de ne pas donner suite à cette démarche unitaire , considérant qu'il était trop tard pour espérer changer le cours des événements." (p 299)

Parallèlement, "l'année 1979 a été, par étapes, celle de l'abandon des ambitions démocratiques et unitaires du 40e congrès de la CGT." (p 250)

"La rupture de l'unité d'action avec la CFDT, qui n'est survenue au niveau confédéral qu'à l'automne 1979 est passée par la métallurgie dès le début de l'année. Une grande marche des sidérurgistes sur Paris était prévue pour le 23 janvier. Il apparaissait possible qu'elle soit unitaire et une rencontre était prévue pour en discuter. Beaucoup de précautions avaient été prises pour s'assurer que l'entente était probable. (...) Tout semblait donc au point, mais de suspensions de séance en rebondissements, la rencontre s'es t achevée par une rupture.

(...) du côté de la CGT, elle était suivie de près par Henri Krasucki qui était resté à cette fin dans les locaux confédéraux (NB la rencontre se tient dans les locaux de la CFDT). A répétition, il a provoqué des suspensions de séance en demandant à parler à André Sainjon pour s'informer du déroulement de la négociation interfédérale.(...) à chaque fois qu'il rentrait en séance, ses exigences montaient d'un cran, jusqu'à ce que la CFDT considère que c'était inacceptable. Apprenant par téléphone que la rupture était consommée , Henri Krasucki explosa bruyamment de joie dans les couloirs de la confédération. C'était son but. Je regrette encore que nous ne l'ayons pas compris avant la rencontre, ce qui aurait permis de mettre en place un dispositif élargi qui l'empêche d'aller jusque-là."(p 244-5)

Le résultat désastreux de cette ligne sectaire est que "Pour la sidérurgie, la négociation commencée sur la base du mémorandum de la fédération, n'a débouché que sur une convention sociale, dont l'essentiel était une opération massive de préretraites à 50 ans qui, expérience faite, a été le plus souvent très mal vécue par les travailleurs concernés et qui s'est traduite , pour les entreprises, par une perte de compétence s et de savoir-faire, faute de transmission de l'expérience acquise à de nouveaux embauchés. La ligne revendicative s'est muée en campagne politique à l'approche des élections européennes de juin 1979, avec la décision ahurissante d'occuper les usines sidérurgiques, ce qui, avec les forces réellement disponibles, ne pouvait être que symbolique." (p 248)

De fait, cette orientation s'inscrivait dans la préparation du 23e congrès du PCF (p 248).

Après l'élection présidentielle de 1981, qui initie l'effondrement électoral du PCF, la nécessité d'un débat de fond sur la crise du syndicalisme (effondrement des adhésions) pousse JL Moynot à s'accrocher à son poste, malgré sa mise à l'écart de fait. (p 256-9)

Mais un dernier CCN (Comité Confédéral National réunissant représentants des UD et des Fédérations) le 7 et 8 octobre 81, convainc JL Moynot et Christiane Gilles (qui partage ses orientations) que le débat n'est pas possible. Malgré un tiers "d'interventions critiques et convergentes", le CCN avalise en effet à l'unanimité les conclusions proposées par les porte-paroles officieux du Parti.

Ils démissionnent tous deux une semaine après du bureau confédéral.(p 259-260)

 

Il faudra attendre quinze ans pour que leurs positions redeviennent audibles au sein de la CGT... Mais seulement pour une dizaine d'années, ce qui est encore une autre histoire.

Parallèlement, la culture unitaire au sein de la CFDT est entrée en crise, au profit d'un discours narcissique d'auto-congratulation. Malgré de réelles avancées dans la réflexion et la pratique syndicales, le défaut majeur de la CFDT, la cogestion (trop) raisonnable n'a fait que s'amplifier au fil des départs des militants les plus revendicatifs, alimentant une stérile polarisation entre un "syndicalisme réformiste" et un "syndicalisme de lutte" autosatisfaits et sectaires, laissant sceptiques ou indifférents un nombre croissant de travailleurs.

Rompre avec cette dynamique mortifère est l'impérieux devoir de tous ceux qui, puisant au plus profond de son Histoire, croient à l'avenir du syndicalisme. Cela passe par un nouveau dialogue entre CFDT et CGT. Puisse ce livre y contribuer.

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