Sortir de l'écologisme soft : oui mais comment ?
"Sortir de l"écologisme soft" : oui mais comment ?
"C’est à cela que nous devons nous atteler en priorité : redonner une dimension (osons le mot) spirituelle à notre engagement, ne plus courir après les échéances électorales, être les porteurs de valeurs comme la simplicité, l’autonomie, la sobriété, la proximité, le ralentissement, le refus de la société du spectacle, la conscience de notre vulnérabilité qui sont la trame de l’engagement écologiste. Soit : sortir de l’écologisme soft ou disparaître." ("Europe Ecologie Les Verts: sortir de l'écologisme soft ou disparaître", 22 août 2017 Par alain coulombel Blog : Le blog de alain coulombel, secrétaire national adjoint d'EELV, sur mediapart).
La tribune du secrétaire national adjoint d'EELV qui se conclue par ces belles paroles fait le double constat, qui me semble juste, d'une crise des partis de l'écologie politique en Europe, incapables de rayonner au-delà d'un cercle minoritaire, et d'une urgence écologique renforcée par la dégradation de tous les indicateurs concernant le changement climatique, l'épuisement des ressources et notamment de la biodiversité, et les dégâts sanitaires, sociaux et politiques du productivisme.
Elle n'en constitue pas moins une réponse qui me semble bien indigente à ce double constat.
La fausse bonne réponse du "repli identitaire"
Je constate que face à une situation qui semble bloquée, avec la grande confusion idéologique et politique qui l'accompagne; la tentation est grande de vouloir, comme semble le préconiser Coulombel, se replier sur des "fondamentaux" pour apparaître "plus lisibles".
Je ne disconviens pas de la nécessité de rester fermes et constants sur les enjeux écologiques qui me semblent plus que jamais fondamentaux : en particulier la question cruciale du changement climatique, qu'il importe de ralentir autant que possible.
Mais cela ne suffit pas à créer les conditions d'une action efficace.
Pour cela, quitte encore à hérisser quelques poils, il faut conquérir démocratiquement une place dans une majorité.
Il va bien falloir que l'idée s'impose parmi les écologistes que "faire de la politique" est, dans une démocratie, une nécessité.
Quelle politique pour l'écologie ?
Des partis écologistes indépendants reliés dans un réseau mondial sont une nécessité. Ceux qui existent ne sont certes pas parfaits. Mais ils constituent pour moi un acquis à ne pas galvauder inconsidérément.
Je me suis toujours battu depuis près de 30 ans pour préserver cet acquis.
Mais je me suis également battu, dans le même temps, pour une stratégie d'alliance à vocation majoritaire avec les partis de Gauche, partenaires naturels d'un courant politique défendant les idées de justice et de liberté dans un cadre mondial.
Actualiser cette double exigence à la lumière des dernières déconvenues signifie pour moi :
Rassembler à nouveau les écologistes autour de leurs fondamentaux, à travers des assises de l'écologie ouvertes à tous les écologistes historiques ou nouveaux;
Définir les conditions d'une nouvelle alliance à vocation majoritaire pour les prochaines échéances électorales.
Concernant ce 2d point, l'appel d'Alain Coulombel à "ne plus courir après les échéances électorales" me semble aussi dangereux que la volonté hégémoniste de La France Insoumise, toute imbue de son relatif dernier succès électoral, de représenter à elle seule l'alternative au gouvernement actuel.
Nos partenaires naturels doivent être tous les partis sans exclusive qui se réclament des valeurs de justice et de liberté, qui postulent à l'exercice des responsabilités gouvernementales dans le cadre démocratique, et qui intègrent l'enjeu écologique dans leur programme. A savoir le PS, LFI , Ensemble ! et le PCF, voire le PRG selon son évolution (il serait en pourparlers de fusion avec les radicaux valoisiens dans le cadre de la majorité macroniste). .
En particulier, l'exclusive prononcée par les trois derniers à l'encontre du premier nous semble hors de propos, après l'auto-épuration qu'a représenté la purge macronienne, et contre-productive si nous voulons construire une vraie majorité démocratique.
C'est en ayant en tête ces points que nous devons aborder sans complexes les prochaines échéances électorales, éléments incontournables dans une démocratie.