Pour la République européenne

Publié le par Henri LOURDOU

 

Pour la République européenne

 

L'Europe véritable enjeu de politique intérieure

 

Alors que seuls s'emparent du projet de traité européen sur le pacte budgétaire les organisations syndicales et les anciens tenants du « non de 2005 » des deux bords, il devient vital de mettre en avant des positions alternatives qui ne sont pour l'heure pas assez portées par les écologistes en général, et Eva Joly en particulier.

 

La solution à la crise financière, économique, sociale et environnementale globale que nous connaissons passe par un pas en avant, et non en arrière, dans la construction européenne.

 

Il s'agit bien de créer les conditions d'une transition écologique de l'économie et de la société par un pacte d'investissement européen et non par une politique d'austérité punitive et aveugle telle que préconisée par les droites européennes.

 

Créer un gouvernement européen démocratique est bien l'enjeu, en faisant de la BCE un instrument de cohésion sociale par l'investissement, avec un vrai budget européen, alimenté par un impôt européen, de vraies priorités européennes et donc un vrai débat politique européen.

 

Au lieu de cela on nous propose des négociations en catimini ou des référendums nationaux qui ne répondent pas au vrai enjeu : construire une vraie réponse à la crise.

 

De ce point de vue, reprendre la vieille recette du « non » de 2005 ne peut aboutir qu'au même résultat : un recul dans l'intergouvernemental frileux et nationaliste, au lieu d'une avancée vers le débat européen démocratique auquel nos peuples ont intérêt.

 

Sortons du pré carré national, faisons de l'Europe un vrai sujet de politique intérieure ! (avril 2012)

Non au TSCG : et après ?

Comment changer l'Europe pour sortir de l'austérité ?

 

Alors que la majorité du peuple allemand est tentée par le refus de toute nouvelle avancée européenne (70% contre « plus d'Europe »), voire par la sortie de l'euro et le retour au mark (à 51%), il ne suffira pas, comme tentent de s'en persuader certains, de refuser en France de ratifier le Traité budgétaire (TSCG) pour éviter l'austérité.

Nous avons tous besoin (les Allemands aussi, malgré ce qui précède) de solidarité européenne pour financer le retour à un plein emploi durable. Car celui-ci ne peut résulter des vieilles recettes de la mise en concurrence capitaliste et productiviste dans le cadre national.

La transition écologique est une nécessité de plus en plus ressentie à tous les niveaux. La rupture avec la course effrénée à la productivité à tout prix est donc à l'ordre du jour.

Mais pour financer cela seul le niveau européen est aujourd'hui pertinent.

Cela suppose de convaincre l'opinion de tous les pays concernés, et d'abord l'opinion allemande, de franchir un pas dans la mise en commun de nos ressources fiscales.

Pour cela, le TSCG, quelles que soient par ailleurs ses défauts, peut-il être un gage symbolique (qu'il faudra rapidement neutraliser ensuite) à apporter aux citoyens allemands (mais aussi finlandais notamment) que l'argent mis en commun ne sera pas dilapidé de façon irresponsable par des Etats corrompus et clientélistes ?

On a le devoir de se poser la question.

C'est pour cela que les élus EELV sont partagés sur le vote de ratification.

Ce sur quoi par contre ils n'ont qu'une seule voix, c'est pour dire l'ardente nécessité d'un pas en avant dans la mise en place d'un budget européen beaucoup plus conséquent pour relancer l'activité et l'emploi en Europe. Ce qui implique un contrôle démocratique qui passe par une véritable République européenne : les prochaines élections au Parlement européen devraient se faire sur des listes européennes, et nos Parlements nationaux se transformer en Chambre européenne des Etats.

C'est de ces perspectives dont nos dirigeants devraient résolument se saisir.

Le gouvernement Ayrault et le président Hollande sont au pied du mur : ils n'ont pas le droit de jouer « petit bras » sur l'Europe. Que le TSCG soit ratifié ou non, c'est sur la suite que l'Histoire et le peuple les jugeront. (septembre 2012)

 

Un budget pour la conversion écologique

 

Comme l'exprime le politologue Gérard Grunberg, le dilemme d'EELV est de savoir si nous voulons devenir un véritable parti de gouvernement ou non : voulons-nous rester englués dans la culture protestataire d'extrême-gauche au côté de Lénines d'opérette , ou voulons-nous construire véritablement quelque chose dans un partenariat conflictuel avec la social-démocratie ?

Dans ce second cas de figure, il convient d'assumer des positions pas forcément simples, difficiles à expliquer, mais porteuses d'une dynamique de progrès pour l'Europe et les peuples.

Voter "non" à la ratification du TSCG, peut-être, mais à condition d'expliquer pourquoi nous votons "oui" à la loi organique qui en est l'application : parce que la nécessité de sauver l'euro et la solidarité européenne et d'entamer notre désendettement est un impératif premier, auquel le caractère contre-productif des politiques aveugles d'austérité n'est pas nécessairement lié.

Austérité il y a et il y aura, mais celle-ci doit être mûrement réfléchie et bien ciblée.

Et c'est tout l'enjeu du débat sur la loi de finances 2013 : les amendements que porteront les parlementaires EELV auront tous pour but de favoriser les activités tounées vers la conversion écologique de l'économie et de la société en tournant la page de 200 ans de productivisme destructeur des ressources naturelles et du vivre ensemble.

Seul ce grand projet peut justifier les ponctions fiscales supplémentaires que ce projet de budget inflige aux classes moyennes comme aux classes supérieures.

(octobre 2012).

 

Pour la République européenne

 

Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt ont raison de crier : “Debout l'Europe !” (1). Le tournant qui est devant nous est celui soit du repli national, soit du pas en avant dans l'Europe post-nationale.

Au-delà des postures “anti-austérité”, là est le point véritable de débat à Gauche comme à Droite.

Les écologistes français auraient été mieux inspirés d'assumer plus clairement leur volonté d'avancer dans l'Europe post-nationale en refusant de faire du débat sur le TSCG un abcès de fixation; ce qui pourrait nous ramener aux fausses oppositions de 2005 divisant le camp des pro-Européens au profit des tenants du repli national.

Mais l'Histoire, heureusement, ne se répète pas : il est plus clair aujourd'hui que jamais que l'Union Européenne doit impérativement changer ou disparaître. Le pas en avant fédéraliste sera clairement l'enjeu des prochaines élections au Parlement européen de 2014 : les reclassements politiques se feront autour de lui.

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(1) “Debout l'Europe !”(Actes Sud-André Versaille éditeur, 160 p, 11,90€, sept 2012).

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