Pierre RABHI et la métamorphose nécessaire

Publié le par Henri LOURDOU

 

Pierre RABHI et la métamorphose nécessaire

 

J'ai découvert Pierre Rabhi avec son premier livre autobiographique "Du Sahara aux Cévennes" que j'ai trouvé par hasard. Il était alors à peu près inconnu.

Son émergence médiatique a commencé me semble-t-il avec le livre qu'il a co-signé avec Nicolas Hulot en 2005 : "Graines de possibles". Ce livre m'avait beaucoup plu.

On le connaît beaucoup mieux à présent par le mouvement des "Colibris" qu'il a lancé. Fondé sur la belle histoire du petit colibri qui face à l'incendie de la forêt "fait sa part" en portant sa goutte d'eau, il est un puissant stimulant à agir sans attendre.

De même son interview au dernier "Siné mensuel" (juillet-août 2014) contient quelques formulations particulièrement pertinentes.

Ainsi quand il répond à la question : "Vous êtes contre le progrès ?"

"Je ne dénigre pas radicalement les progrès. Mais aujourd'hui quand on regarde l'épuisement des ressources de la mer, la dégradation des forêts, quand on voit qu'1 milliard d'êtres humains meurt de faim, qu'il y en a 3 milliards qui survivent à peine, qu'1/5 de la population mondiale consomme les 4/5 des ressources produites sur la planète en générant de la famine et du désastre et que, même à l'intérieur des sociétés dites prospères, la pauvreté grandit, on se dit que ce schéma ne mène nulle part."

 

Et, un peu plus haut, à la question "Vous êtes optimiste, mais le monde danse sur un volcan, croyez-vous qu'une prise de conscience soit possible ?"

"Le terme de "prise de conscience" suggère l'électricité. Je vais me brancher, comme s'il y avait une conscience qui circule quelque part (...) Pour moi c'est une élévation de la conscience, pas une prise de conscience."

 

Ce qu'il ne dit pas par contre, c'est comment cette élévation peut s'opérer. J'interprète donc en disant qu'il s'agit d'un travail qui prend du temps et demande de l'investissement intellectuel : lire, voir, écouter, sentir et réfléchir.

Au cours de ce processus, on s'installe peu à peu dans la modération comme alternative à la croissance économique, car "La croissance économique c'est "plus, toujours plus" mais pour des clubs restreints. La puissance de la modération, c'est d'arriver à l'équilibre en préservant l'équité."

C'est ainsi qu'au fil des ans j'ai progressivement changé ma façon de me déplacer, de m'alimenter et de consommer en général, en utilisant de moins en moins ma voiture, en devenant adepte du bio et de l'équitable et "locavore" puis végétarien, en passant d'EDF à Enercoop, en choisissant des habits en lin de préférence au coton... Et apparemment, je ne suis pas le seul à avoir suivi ce chemin, de plus en plus emprunté.

 

Et, pour venir à la politique : "Ségolène Royal a proposé un plan pour la nouvelle transition énergétique, qu'en pensez-vous ?"

"C'est la politique des rustines. C'est le modèle qui est à remettre en question. Tant qu'on continuera à dire "croissance économique, croissance économique !" alors qu'elle génère des malheurs, des drames et des disparités fantastiques, je ne pourrai absolument pas croire à tout ça."

 

Et nous, donc ! Mais il reste à inventer la politique économique qui va avec ce choix de la modération et de l'équité. Cela ne peut plus attendre.

Publié dans écologie

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