Philippe SQUARZONI "Saison brune"

Publié le par Henri LOURDOU

 

Philippe SQUARZONI Saison brune Delcourt, 2012, 480 p, 29,90€.

 

"Dans le Montana, il existe une cinquième saison, un moment suspendu entre l'hiver et le printemps, entre le gel et le dégel. Une "saison brune", intermédiaire, où les glaces ont commencé à fondre... mais où le printemps n'a pas encore affirmé sa présence." (p 386)

 

Cette "saison brune" est la métaphore de notre situation planétaire actuelle concernant le réchauffement climatique : "Si la principale marge de manoeuvre dont nous disposons est la maîtrise de l'énergie, il va bien falloir se décider à mettre en place les politiques nécessaires. Et plus nous aurons de temps pour faire la conversion, plus tôt nos sociétés organiseront cette régulation volontaire, mieux nous pourrons atténuer les chocs à venir." (p 387)

 

Ce long ouvrage dessiné en noir et blanc fait de nombreuses références aux classiques du cinéma, dont il reproduit quelques plans célèbres (surtout des débuts et des fins : "Peter Pan", "La prisonnière du désert", "Ran",...). Mélange d'autobiographie et de documentaire savant, il multiplie les points de vue pour faire partager une réflexion personnelle menée sur plusieurs années (de 2006 à 2010) : la plupart des chiffres cités comme récents portent sur l'année 2005.

Cela commence par un prologue nostalgique sur les lieux d'enfance de l'auteur en Ardèche, suivi d'une enquête approfondie sur l'effet de serre et le réchauffement climatique.

 

Les mécanismes de base du climat et l'Histoire de la planète :

 

La quantité d'énergie reçue du soleil est le facteur principal, or il dépend de 3 paramètres astronomiques qui varient dans le temps. La modification de l'orbite de la Terre autour du soleil se produit tous les 100 000 ans, la variation de l'axe des pôles tous les 60 000 ans, l'inversion des hémisphères tous les 13 000 ans. Il en résulte, depuis au moins 1 000 000 d'années, l'alternance de période glaciaires (jusqu'à 100 000 ans) et interglaciaires (de 10 000 à 20 000 ans). Lors de l'apogée de la dernière période glaciaire, il y a 20 000 ans, le niveau des mers était 120 mètres plus bas qu'aujourd'hui. Nous sommes entrés dans une période interglaciaire depuis 11 000 ans, avec une différence de température moyenne de +5°C qui est restée très stable depuis 10 000 ans.

C'est à la faveur de ce contexte climatique que l'espèce humaine a inventé l'agriculture et s'est multipliée (passant en 8 000 ans de moins de 10 Millions à plus de 250 Millions, puis explosant en 2 000 ans de 0,25 à plus de 7 Milliards).

Mais d'autres facteurs interviennent dans l'évolution du climat : des facteurs internes à la planète qui interagissent et ont des effets rétroactifs.

 

C'est en particulier le cas de l'effet de serre : il intervient sur la mince enveloppe gazeuse de quelques dizaines de kms qu'est l'atmosphère. Celle-ci, essentiellement composée d'azote et d'oxygène, comporte aussi des gaz rares qui ont un rôle déterminant.Ceux-ci, vapeur d'eau (H2O), gaz carbonique (CO2), méthane (CH4), protoxyde d'azote (N2O) et ozone (O3) sont des Gaz à Effet de Serre (GES) : ils renvoient directement dans l'espace 30% du rayonnement solaire, puis piègent presqu'intégralement les 50% de ce rayonnement qui sont renvoyés par le rayonnement terrestre et qui ne sont pas absorbés par le reste de l'atmosphère . C'est donc grâce à eux que la Terre garde une température moyenne de 15°C qui permet à l'eau de garder son état liquide... et à la vie d'exister, contrairement à nos deux planètes voisines (Mars : - 63°C, Vénus : 400°C). Selon les historiens du climat, la variation de 5°C entre période glaciaire et période interglaciaire a dépendu pour 2°C de la variation de la quantité de GES dans l'atmosphère.

Or cette variation est restée faible : depuis 800 000 ans, le CO2 n'a jamais dépassé 300 PPMV (Partie Par Million en Volume) jusqu'en 1890.

C'est depuis cette date que les observateurs constatent une véritable explosion des GES : le CO2 a augmenté de 30% avec 380 PPMV contre 270 depuis 10 000 ans, le CH4 a été multiplié par deux et de nouveaux gaz ont fait leur apparition.

Le principal GES, la vapeur d'eau, s'autorégule par les précipitations; le second le CO2 se résorbe dans l'océan et la biomasse au bout d'un certain temps : ils représentent des puits de carbone. Mais les activités humaines ne respectent plus ce temps de résorption : l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) aboutit à une émission de CO2 croissante de façon exponentielle. De 500 M de TEP (Tonnes Equivalent Pétrole) en 1850, on est passé à 2 000 M de TEP en 1950, puis à 7 200 M de TEP en 2000. Or les puits de carbone ne peuvent absorber que 3 000 M de TEP par an : 1 000 par la végétation et 2 000 par les océans.

Les plus de 4 000 M de TEP supplémentaires par an vont se stocker dans l'atmosphère où leur durée de vie est de plusieurs centaines d'années.

Parallèlement, le méthane (CH4) est en quantité beaucoup moindre que les deux premiers GES, sa durée de vie est beaucoup plus courte que celle du CO2, mais son pouvoir d'interception du rayonnement infrarouge est 73 fois supérieur. Or sa teneur est passée de 0,35 à 0,7 PPMV depuis 150 ans, en raison d'activités humaines : exploitation des combustibles fossiles, mais aussi élevage bovin (les fameux pets de vache !), culture du riz, culture sur brûlis, décharges et compostage à l'air libre.

Le protoxyde d'azote (N2O) également peu présent, a néanmoins vu sa concentration exploser (pour 50% par la fabrication d'engrais azotés), avec une durée de vie de 120 ans et un pouvoir d'interception des rayonnements 250 fois supérieur à celui du CO2.

L'ozone (O3), le plus rare des GES naturels, se concentre aux deux extrémités de l'atmosphère. Attaqué et réduit dans sa haute couche (stratosphère) par les CFC émis par l'homme (interdits depuis 1987, ce qui a permis une réduction du fameux "trou dans la couche d'ozone" des régions polaires), il a vu par contre sa teneur multipliée par 7 dans la basse atmosphère en raison, là aussi, des activités humaines. Mais l'effet est difficile à mesurer en raison de sa grande volatilité et de l'absence de comparaison possible avec le passé.

Enfin, il faut à présent compter avec de nouveaux GES créés par l'homme : halocarbures et autres dérivés du carbone (CFC, HFC, PFC...). Faibles en quantité, leur durée de vie est longue et leur pouvoir absorbant énorme.

 

Le Giec et ses prévisions :

 

Face à ce constat inquiétant, la communauté mondiale a réagi en 1988 par la création d'un processus d'expertise, à l'initiative du Pnue (Programme des Nations Unies pour l'Environnement créé en 1972 à la suite du premier sommet mondial sur l'environnement de Stockholm) et de l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale).

Il s'agit du Giec (le Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution du Climat).

Son rôle est de collecter et synthétiser l'ensemble des recherches scientifiques mondiales à l'usage des gouvernements et des "décideurs"...mais à la disposition du public. Son organisation est fondée sur la recherche du consensus entre tous les chercheurs des différentes disciplines et des différents pays à partir des publications validées dans les revues scientifiques. Le rapport final doit être validé par les représentants des différents gouvernements composant l'Onu.

Donc les différents rapports parus du Giec (en 1990, 1995, 2001, 2007 et 2011) ont été validés par les gouvernements.

Le long travail effectué par les milliers de chercheurs qui participent au Giec a permis de construire différents modèles informatiques de plus en plus fiables du climat mondial; tous ont conclu au rôle déterminant des émissions de GES sur un réchauffement global qui risque de s'emballer rapidement.; la planète a atteint le niveau critique où l'atmosphère était encore capable de s'autoépurer dans les années 60-70 (p96), depuis on est entré dans une autre trajectoire.

Les constatations valident ces prévisions : "11 des 12 années les plus chaudes jamais enregistrées figurent parmi les 12 dernières années (1993-2005). Et la plus chaude a été 2005."(p 99)

Selon un rapport publié le 3 juillet 2013 par l'OMM, "la décennie 2001-2010 est la plus chaude qu'aient connue les deux hémisphères, que l'on considère les températures relevées à la surface des terres ou celles mesurées à la surface des océans. Cette chaleur record s'est accompagnée d'un recul rapide de la banquise de l'Arctique et d'une perte accélérée de masse nette des inlandsis du Groenland et de l'Antarctique et des glaciers de la planète. En raison de cette fonte généralisée de la neige et de la glace et de l'expansion thermique de l'eau de mer, le niveau moyen de la mer a augmenté au rythme de quelque 3 mm par an, soit environ le double de celui qui a été constaté au XXe siècle (1,6 mm par an). Moyenné sur la décennie, le niveau de la mer accusait une hausse d'environ 20 cm par rapport aux années 1880 selon cette étude.

Le rapport en question met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. La teneur de l'atmosphère, moyennée à l'échelle du globe, en dioxyde de carbone (CO2) a atteint 389 parties par million en 2010 (soit une augmentation de 39% depuis le début de l'ère industrielle, en 1750)."(rapport complet disponible à www.wmo.int)

 

Ce constat valide hélas les pires prévisions du Giec : dans l'éventail de scénarios présenté dan ses rapports successifs, la fourchette se resserre de plus en plus vers le haut.

Or, au-delà d'un réchauffement de 2°C "le changement climatique pourrait devenir incontrôlable" (p 109) Le haut de la "fourchette" est à 6°C pour 2100 : 1°C de plus d'ici 20 ans est "déjà dans les tuyaux"(JM Jancovici, cité p 110) et 1°C supplémentaire déjà calculé dans le "commitment scenario" du Giec, le scénario le plus bas, pour 2100.

Donc,2°C est déjà un minimum.

Encore faut-il se donner les moyens de l'atteindre : cela suppose de diviser par 3 nos émissions de GES entre le début des années 2000 et 2050, et de continuer après. Pour stabiliser la teneur de l'atmosphère en CO2 il faudrait diviser nos émissions par 4 d'ici 2050.

Le consensus discuté au G8 est d'une division par 2 pour 2050 : cela permettrait de limiter le réchauffement à 2.5°C.

Si l'on reste sur la trajectoire actuelle, on atteint les 500 PPMV de CO2 en 2050 et donc un réchauffement de 3 à 4 °C minimum qui pourrait continuer ensuite.

Par ailleurs, la baisse de la teneur de l'atmosphère en CO2 ne peut se faire que lentement.

Enfin les effets du réchauffement sur le climat restent incertains : l'idée de seuil au-delà duquel les conséquences seraient catastrophiques est encore discutée. La seule probabilité, de plus en plus certaine, est qu'à partir de 2 ou 3°C l'impact devient plus fort.

Chaque sous-système naturel (glacier, massif forestier...) a son propre seuil de rupture, ce qui complique le pronostic global.

Reste que des mécanismes globaux d'accélération sont déjà prévisibles : le rôle des océans par exemple pour stocker le carbone sera minoré par le réchauffement...ce qui va accélérer le réchauffement; celui de la photosynthèse des végétaux terrestres également (p125-126). Et ce ne sont pas les seuls...

 

Finalement que sait-on ?

 

Le réchauffement est inéluctable. Il se produit de façon inégale selon les régions du globe : plus fort dans les régions polaires Nord, il s'y accentuera encore plus qu'ailleurs.

Incertitudes relatives sur Amérique du Nord et Europe (réchauffement plus sensible en hiver avec un enneigement plus court), sur Asie, Australie et Amérique du Sud et bassin méditerranéen (réchauffement plus sensible en été ), sur Afrique (réchauffement toute l'année avec Sahel plus touché que la zone intertropicale).

Ce réchauffement produit une augmentation des précipitations : +3% pour 1°C, mais avec une répartition de plus en plus inégale. Hausse au Nord de l'Europe, de l'Amérique et de l'Asie et dans la zone intertropicale, mais baisse dans les zones subtropicales : Sahel, Australie, Sud de l'Afrique, bassin méditerranéen, Asie de l'Est et du Sud. Résultat : la population en état de stress hydrique est en 2005 de 1.7 Mds (sur 7 Mds) et elle pourrait monter en 2100 à 5 Mds (sur 10 Mds).

 

Les émissions humaines de GES en 2005 sont de 14 Gigatonnes équivalent carbone (Gigatec) par an dont 7.8 Gigat de CO2. Leur quantité va doubler d'ici 2030 si les tendances actuelles se prolongent.

Un Etatsunien émet 7 tec par an, un Français 2.7 tec, un Mexicain 1 tec, un Chinois 0.6 tec, et la plupart des Africains moins de 0.1 tec...

Les sources d'émission par ordre décroissant :

Production d'énergie (32.6% du CO2) :basée à 87% sur énergies fossiles (20% du pétrole extrait part en fumée avant d'arriver au consommateur), c'est la production d'électricité qui émet le plus de CO2 (spécialement les centrales à charbon). Au cours du XXe siècle la quantité d'énergie utilisée par l'humanité a été multipliée par 16 et les émissions de CO2 par 17 (le nombre d'hommes par 4,5).

Au passage : un 4X4 émet 4 fois plus de CO2 qu'une voiture ordinaire...

Production industrielle (16.8% du CO2) : émissions dues à 80% à la production de matériaux de base (métaux, verre, ciment, papier...) Un produit manufacturé émettrait 1 à 2 fois son poids en GES. Au cours du XX e siècle la production industrielle a été multipliée par 40.

Transports (14% du CO2) : émissions qui ont augmenté de 120% depuis 30 ans.

En gep (gramme équivalent pétrole)/passager/km, la consommation (et donc l'émission subséquente) est inégale selon le moyen de transport : maximale pour la voiture et l'avion (avec une augmentation conséquente pour les courtes distances), minimale pour le train.

Or les trafics automobile et aérien augmentent le plus.

Bâtiment (10.3% du CO2) : émissions essentiellement dues au chauffage, à la production d'eau chaude et à la climatisation.

Agriculture (12.5% du CO2) : l'agriculture émet également beaucoup d'autres GES (CH4 et N2O : 33% des émissions dues aux engrais de synthèse. Production de viande (rouge surtout) : 33% aussi). Les échanges agricoles augmentent plus vite que la production, parfois de façon étonnante : au Royaume Uni par exemple,on exporte 270 M l de lait, mais on en importe 126 M l...Est-ce bien utile et rationnel ?

Déforestation (10% du CO2) : maximale dans les pays occidentaux au XIX e siècle, elle concerne aujourd'hui les pays du "Sud". Son % cependant décline.

 

Le facteur 4

 

Pour atteindre le facteur 4 (réduction par 4 de nos émissions de CO2), il faudrait pour un Français passer de 2.7 tec à 0.5 tec par an : cela correspondrait à 2 t de béton, 1000 m3 de gaz naturel, 22 000 Kwh d'électricité, 6 mois de conduite en ville avec une petite voiture, 1 aller/retour Paris-New York en avion...

Mais si nous passons à 10 Mds d'humains, ce plafond descendrait...

 

Le niveau des océans

 

Au cours du XX e siècle, le niveau des océans s'est élevé de 17 cm, mais à la fin des années 90 le rythme s'est accéléré : on est passé de 1.7 à 3 cm par an.

La moitié de cette hausse est due à la dilatation de l'eau par la chaleur, l'autre moitié à la fonte des glaciers et des calottes polaires.

En 2001 le Giec prévoyait une hausse de 9 à 88 cm d'ici 2100 , mais la fonte du Groënland notamment est plus rapide que prévue, ce qui a amené à réviser les prévisions de 30 à 200 cm...

100 cm d'élévation signifie un recul de 100 m du trait des côtes : soit une inondation de 20% du Bangladesh, 12% du Vietnam, de l'Indonésie et de la Malaisie.

200 cm signifie 250 M de réfugiés. 1 cm c'est environ 1 M de réfugiés. On compterait déjà 25 à 50 M de ces écoréfugiés.

 

La difficile perception du danger

 

On ne peut gérer à titre personnel cette perception : le danger reste virtuel à cette échelle. Surtout dans les pays riches et aux latitudes tempérées.

Le changement climatique tue déjà, mais surtout dans les pays pauvres et aux latitudes tropicales et par amplification de problèmes préexistants : sècheresses, inondations, maladies non transmissibles (cardiovasculaires, calculs rénaux, maladies respiratoires), maladies à vecteur (transmises par des animaux : paludisme, fièvre jaune, dengue, maladie de Lyme, qui pourraient s'étendre aux latitudes moyennes). Cela représente 300 000 morts par an selon l'ONU.

Faut-il faire des choix de vie radicaux à titre individuel dans nos pays riches ? La contradiction est que cela génère une frustration sans entraîner forcément de changement. Inversement, ne rien faire est aussi une frustration quand on sait à quoi s'en tenir.

 

La 6e extinction des espèces

 

Les espèces disparaissent à un rythme 100 fois supérieur à précédemment : 1/4 des mammifères, 12% des oiseaux, 1/4 des reptiles, 1/3 des poissons sont déjà menacés. 97% des coraux disparaîtront avec un réchauffement de 2°C. L'ensemble des écosystèmes sont déstabilisés de façon accélérée par le réchauffement. Or la biodiversité est un facteur de résilience face aux chocs.

 

La négation du danger

 

Nos habitudes et nos envies de consommateurs s'opposent à la prise en compte du danger climatique. Il importe donc de se rassurer en "verdissant" nos habitudes pour se donner bonne conscience : la publicité s'est engouffrée sur ce créneau.

Plus largement, nous pratiquons la schizophrénie : notre main gauche ignore ce que fait notre main droite.

 

Le jour du dépassement global

 

D'après les universitaires canadiens qui ont mis au point le concept d'empreinte écologique, la consommation de ressources naturelles par l'humanité a commencé à dépasser les capacités de régénération de la Terre dans les années 80; le jour où la consommation globale excède les ressources renouvelables de la planète était en novembre en 1996, il est passé au 7 octobre en 2007, et au 21 août en 2010.(D'après "Marianne" du 24-8, cette date est passée au 23 août en 2012 (grâce à la récession ?) , et au 20 août en 2013.)

 

La crise financière dissimule et stimule la crise écologique

 

C'est un système global qui renforce les inégalités tout en détruisant la planète : le capitalisme financiarisé est entièrement basé sur la croissance indéfinie. La seule réponse au chômage est pour lui la croissance. La plupart des élites communient dans cette croyance.

 

Le pire est-il probable ?

 

Après 4 ans passés sur le sujet et des rencontres avec les meilleurs spécialistes, l'auteur conclue en 3 points :

-il existe une porte par laquelle passer

-cette porte n'est pas très large et se referme chaque jour un peu plus

-je ne crois pas qu'on la prendra. (p 463).

 

A cela on ne peut que rétorquer : qu'en sais-tu ? Car si on a bien sûr affaire à un puissant système construit sur un imaginaire consumériste anesthésiant et euphorique, il y a une montée des prises de conscience, à laquelle son livre contribue. Et, malgré le temps qui nous presse, on ne sait pas à quelle vitesse celle-ci peut se propager : qui imaginait le "printemps arabe" en 2010 ? Les printemps turc et brésilien en 2012 ? Et jusqu'où iront-ils ?

En France en tout cas, la mobilisation contre le projet de nouvel aéroport du Grand Ouest à Notre Dame des Landes a remis la question à l'ordre du jour : prochaine étape le "village climatique" édifié à Bayonne les samedi 5 et dimanche 6 octobre 2013.

Publié dans écologie

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