Michel ONFRAY : le crépuscule d'une idole

Publié le par Henri LOURDOU

 

Michel ONFRAY : le crépuscule d'une idole.

 

Soyons clair : Michel ONFRAY n'a jamais été mon idole. Mais ce n'est apparemment pas le cas pour tout le monde si l'on en croit le palmarès des ventes de livres. Et il s'apprête à frapper un grand coup avec son livre sur Freud et la psychanalyse.

Je ne lirai sans doute pas plus ce livre que ses précédents : il me suffit de lire le compte rendu très convaincant qu'en fait Elisabeth ROUDINESCO dans « Le Monde des Livres »du 16 avril 2010 pour me persuader de son inintérêt.

Cela étant il sera intéressant d'en mesurer l'impact : il s'inscrit en effet dans le courant réactionnaire ascendant actuellement à l'oeuvre dans le champ de la pensée. Au côté de Claude Allègre, Elisabeth Badinter, Marcel Gauchet et des divers néo-réac, fort justement pointés par Daniel Lindenberg il y a déjà quelques années dans « Le rappel à l'ordre ».

Leur point commun est de venir de la Gauche et de justifier le conservatisme, anti-écolo pour les 2 premiers, anti-pédago pour les 2 derniers. Quant à Michel Onfray, très bien vu dans le camp « anti-libéral » et « altermondialiste », chroniqueur à « Siné hebdo », il signe avec ce livre son entrée dans le camp des fouriers du fascisme : ceux qui agitent haut et fort leur antifascisme pour mieux stigmatiser ceux qui nous ont donné les meilleures clés de compréhension du fascisme !

En prétendant démolir la psychanalyse à travers son fondateur, il ne fait en effet que justifier l'évitement de toute la riche tradition de pensée qu'il a créée. Et dans laquelle se range celui qui reste pour moi un vrai maître à penser, qui n'a jamais, quant à lui, traité Freud comme une idole : je veux parler bien sûr de Gérard Mendel, dont je vais donc relire « La psychanalyse revisitée » qui constitue une lecture critique de Freud autrement plus consistante que le dernier best-seller de M.Onfray.

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