L'irrésistible ascension de Manuel Valls ?

Publié le par Henri LOURDOU

 

Pour tous ceux qui ne se résignent pas à

l'irrésisitible ascension de Manuel Valls et à tout ce qu'elle entraîne

 

La fameuse page "Facebook" de "soutien au bijoutier de Nice", a aussi suscité un débat national de grande ampleur. Ce débat permet de remettre en jeu tout ce qui constitue la base du pacte républicain : la primauté de la loi et du droit sur la force, la nécessité de dépasser les affects négatifs pour assumer le "vivre ensemble" sans sombrer dans la violence du tous contre tous...et l'existence d'affects positifs manifestant "la puissance de la douceur", cet élan spontané vers la solidarité que George Orwell appelait la "common decency".

Le clivage Droite/Gauche reste à cet égard tout-à-fait pertinent entre ceux qui surfent sur les affects négatifs en cultivant les peurs et la méfiance, et ceux qui s'appuient sur la solidarité et le refus de la violence.

Face à la soumission de nombreux élus PS à la montée des affects négatifs pour cause "d'efficacité électorale", et qui font appel à Manuel Valls comme "produit d'appel" pour son soi-disant "parler vrai", il n'est pas inutile de rappeler ces quelques préceptes d'Albert Camus.

Dans un de ses ultimes éditoriaux du « Soir républicain » qui aurait dû paraître le 25 novembre 1939 à Alger, il pose 4 préceptes au journaliste soumis à la censure (qui est devenu aujourd'hui une auto-censure) :

Exercer sa lucidité, c'est-à-dire voir plus loin que les fausses évidences en refusant la haine et le désespoir. Ce premier conseil s'adresse à tous les extrêmistes qui cherchent toujours un bouc émissaire unique à tous les malheurs du monde, et ce faisant augmentent d'autant la difficulté à y faire face (pour changer la moindre chose, il faudrait d'abord tout changer : c'est condamner la révolte au désespoir, en faisant fi de la complexité du monde).

Pratiquer le refus c'est pratiquer l'abstention volontaire à défaut de pouvoir agir selon ses voeux. A défaut de pouvoir faire le bien, éviter au moins de faire le mal, c'est déjà reprendre possession de son destin et refuser le désespoir. Qui ne voit qu'un tel pouvoir est à la portée de chacun ?

Recourir à l'ironie c'est forcer la communication là où elle est bloquée : un pas de côté permet de contourner certains refus d'entendre. C'est aussi ne pas renoncer à dire ce qui nous tient à coeur.

Il s'agit enfin de faire preuve d'obstination : devant l'échec, ne pas renoncer, et recommencer encore et encore, c'est le prix à payer pour être un jour entendu et reconnu. Un viatique pour tous les minoritaires d'aujourd'hui et de demain !

La défaite n'est pas fatale, messieurs les soi-disant réalistes !

Publié dans politique

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