Goliarda SAPIENZA : L'art de la joie

Publié le par Henri LOURDOU

 

Goliarda SAPIENZA « L'art de la joie », 1998, traduit de l'italien par N.Castagné en 2005; collection « Pocket » n° 13 510, février 2008, 836 p.

Ce roman d'apprentissage a pour héroïne une femme, et pour cadre la Sicile, de 1900 aux années 70.

L'auteur (1924-1996), actrice et romancière, appartenait à une famille de militants socialistes et libertaires. Sa mère en particulier, Maria Giudice, figure marquante du PSI des annnées 1910 et 1920. Inutile donc d'ajouter que ce roman a une forte dimension idéologique et autobiographique.

Il règle son compte à la misère d'où sort l'héroïne, puis au couvent et au catholicisme par lesquels, une fois orpheline, elle passe son adolescence. Et enfin au machisme ambiant, dont elle se libère par un mariage de convenance avec un aristocrate trisomique.

Traversant l'époque de la domination fasciste en militant avec les premiers communistes, elle règle aussi leur compte à ces deux idéologies en cultivant tout au long de ses péripéties « l'art de la joie ».

Mère biologique et adoptive de nombreux enfants, amoureuse toujours sincère et sans complexes d'hommes et de femmes successifs, elle met au jour toutes les hypocrisies et les faux-fuyants pour mettre en valeur l'essentiel : la recherche du bonheur.

C'est un parcours rafraîchissant qui fait un contrepoint à tous les malheurs historiques qui lui servent de toile de fond.

On peut ajouter que son manuscrit a été refusé pendant 20 ans par tous les éditeurs, et qu'il doit sa publication posthume à son dernier ami (et compagnon ?) Angelo Maria Pellegrino qui signe une éclairante postface.

A noter également un lexique présentant oeuvres et personnages réels évoqués dans le roman, parmi lesquels de nombreuses personnalités plus ou moins oubliées de la gauche italienne du début du XXe siècle.

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