EELV : quelle stratégie ?

Publié le par Henri LOURDOU

 

EELV : quelle stratégie ?

 

Fin décembre 2013, j'écrivais, à propos du dernier congrès d'EELV :

"Cette sainte alliance des nouveaux notables écolos deviendrait francheusement dangereuse si elle venait à s'opposer bloc contre bloc aux autres sensibilités dans lesquelle se sont reconnus plus de 45% des adhérents qui ont pris la peine de voter (seulement 50% de participation...il faut le rappeler).

Heureusement ce n'est pas encore le cas, comme l'a montré le vote pour les têtes de liste aux Européennes de 2014 lors de notre Conseil fédéral de décembre : les listes sorties des urnes ne sont pas celles préparées par les 2 courants majoritaires.

(...)Enracinés dans le mouvement associatif, nous ne devons pas faire l'impasse sur la présence dans les instances de la démocratie représentative. Pour cela, il convient de passer des alliances pour avoir des élu-e-s. Ce travail est aussi respectable que celui de militant associatif : encore faut-il ne pas opposer les deux, mais trouver la synergie qui leur permet de se renforcer mutuellement."

Depuis, nous sommes sortis du gouvernement en avril 2014, suite à la nomination de M.Valls à Matignon, et un débat médiatique s'est développé à partir de déclarations de quelques dirigeants auto-mandatés, tantôt sur une alliance privilégiée avec le "Front de Gauche", tantôt sur notre prochain retour au gouvernement.

Le point d'orgue de ce "débat" a été la rencontre organisée le 4 avril 2015 par JV Placé et ses amis avec des écologistes dits "hollando-compatibles" (C Lepage, JL Benhamias, A Waechter, Y Pietrasanta) autour de l'idée d'une "confédération des écologistes" qui pourrait se situer en opposition à EELV et sa "dérive gauchiste".

Faut-il rappeler que nous avons des instances élues en congrès, et une secrétaire nationale ?

En réalité, le débat doit effectivement avoir lieu sur notre stratégie politique, mais il doit avoir lieu collectivement et selon des formes respectueuses de la démocratie.

Ce qui se passe actuellement ressemble trop, et chacun le sent bien, à une forme de chantage exercé par quelques personnes aux ambitions personnelles un peu pressantes : cédez-moi sinon je casse tout (et d'abord l'image de notre mouvement) !

 

Définir clairement les conditions de notre participation au gouvernement

 

Notre secrétaire Emmanuelle Cosse l'a très clairement formulé lors de la réunion du 4 avril, à laquelle elle a eu parfaitement raison de participer : retourner au gouvernement suppose un contrat de majorité qui ne peut plus être l'accord PS-EELV de novembre 2011 (jamais reconnu officiellement par F. Hollande, mais sur la base duquel ont été élus nos députés en 2012).

Il faut quelque chose de simple et de porteur de sens sur une orientation.

Nous ne sommes pas des adversaires des économies sur les dépenses publiques en elles-mêmes (voir le programme d'Eva Joly en 2012), mais nous voulons des critères de choix clairs sur ces économies : ils doivent épargner les plus défavorisés et tailler dans des dépenses inutiles (force de frappe) ou contre-productives (nucléaire, tout-routier, tout-irrigation, ...).

Nous souhaitons qu'on parle un peu moins de transition énergétique, mais qu'on la pratique un peu plus de façon crédible, surtout à la veille du sommet mondial de Paris sur le climat (COP 21).

Nous souhaitons également qu'on cesse de cautionner les fantasmes xénophobes de l'extrême-Droite et que la France honore enfin ses engagements internationaux sur l'accueil des demandeurs d'asile et le respect du droit au logement pour les Roms.

 

Moyennant ces clarifications, notre retour au gouvernement n'est pas, comme elle l'a rappelé, un tabou. Encore faut-il les faire : F Hollande y est-il prêt ?

Publié dans Verts et EELV

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