Actualité de Jaurès pour les écologistes

Publié le par Henri LOURDOU

A l'occasion du cent-cinquantenaire de sa naissance, ses très lointains héritiers tentent parfois de se ressourcer à sa pensée.

S'ils le lisent très attentivement et dans l'esprit, ils comprendront très bien à quel point il trace le portrait de ce que doit être aujourd'hui l'écologie politique :

 

 

Discours à la jeunesse (juillet 1903, lycée d'Albi) :

Dans ce discours de distribution des prix prononcé par Jaurès en tant que député, celui-ci fait une parenthèse pour évoquer son engagement socialiste. Cependant ill s'impose un devoir de réserve relative, en se refusant à argumenter sur le fond :

« Je veux seulement dire deux choses, parce qu'elles touchent non au fond du problème, mais à la méthode de l'esprit et à la conduite de la pensée.

D'abord, envers une idée audacieuse qui doit ébranler tant d'intérêts et tant d'habitudes et qui prétend renouveler le fond même de la vie, vous avez le droit d'être exigeants. Vous avez le droit de lui demander de faire ses preuves, c'est-à-dire d'établir avec précision comment elle se rattache à toute l'évolution politique et sociale, et comment elle peut s'y insérer. Vous avez le droit de lui demander par quelles séries de formes juridiques et économiques elle assurera le passage de l'ordre existant à l'ordre nouveau. Vous avez le droit d'exiger d'elle que les premières applications qui en peuvent être faites ajoutent à la vitalité économique et morale de la nation. Et il faut qu'elle prouve, en se montrant capable de défendre ce qu'il y a déjà de noble et de bon dans le patrimoine humain, qu'elle ne vient pas le gaspiller, mais l'agrandir. Elle aurait bien peu de foi en elle-même si elle n'acceptait pas ces conditions.

En revanche, vous, vous lui devez de l'étudier d'un esprit libre, qui ne se laisse troubler par aucun intérêt de classe. Vous lui devez de ne pas lui opposer ces railleries frivoles, ces affolements aveugles ou prémédités et ce parti pris des négations ironique ou brutale que si souvent, depuis un siècle même, les sages opposèrent à la République, maintenant acceptée de tous, au moins en sa forme. »

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