Retraites : ce n'est pas fini !

Publié le par Henri LOURDOU

Retraites : ce n'est pas fini !

 

La plupart des organisations syndicales de salariés sont représentées au COR, Conseil d'Orientation des Retraites, créé en 2000 pour servir de lieu de réflexion, d'échanges et de propositions sur l'avenir des retraites.

Or, régulièrement, certains feignent de « découvrir » au dernier moment, lors des projets de lois gouvernementaux, les propositions discutées dans cette instance.

On accordera à la CFDT le fait de ne pas procéder de la sorte.

Ainsi, le n°3226 du 17 juillet 2009 de « Syndicalisme hebdo » accorde 2 pleines pages à la question « Une retraite par répartition plus juste est-elle possible ? »

C'est que le COR s'est saisi, à la demande du Parlement (lui aussi représenté au sein du COR par 3 députés et 3 sénateurs) d'une réflexion sur une évolution du système actuel vers un « système par points » ou « en compte notionnel ».

Ceci en préviision du prochain rendez-vous de négociation prévu tous les 4 ans par la réforme de 2003.

On sait que celui de 2008 a été largement phagocyté par le passage en force du gouvernement aux 41 annuités. Et on nous annonce déjà que celui de 2012 serait avancé à 2010 par « le fait du Prince ».

Un constat critique du système actuel à faire partager

L'article débute par un rappel de critiques déjà partagées par tous ceux qui se sont intéressés de près à l'organisation actuelle des retraites en France...mais qui sont souvent refusées par les salariés et certains militants parce qu'elles sont associées aux reculs de droits déjà subis ou redoutés.

Et pourtant c'est bien une réalité : le système actuel fonctionne souvent à l'envers de la solidarité. Ceux qui profitent le moins de leur retraite sont ceux qui cotisent le plus (les “carrières longues” ont la plus faible espérance de vie).

Par ailleurs la multiplicité des règles rend le système illisible et rigide : on ne peut vraiment comparer les régimes entre eux, et la mobilité professionnelle est découragée par le passage d'un régime à un autre, car on ne sait quels sont les droits acquis au bout du compte. C'est aussi une réalité.

Une piste de réforme : un système universel par compte notionnel

Le système en question a déjà été mis en place en Suède et va l'être en Italie. Il a été présenté en France par un texte de l'économiste de gauche Thomas Piketty qui avait fait un peu parler de lui il y a 2 ans.

De quoi s'agit-il ? D'introduire de la transparence et de l'équité en instituant un système universel dans lequel chaque salarié acquiert des droits, sur un compte personnel transférable en cas de changement de statut, en fonction de ses cotisations.

Le système reste par répartition : ce sont bien les actifs qui financent les retraités. Il introduit de plus une dimension de pondération des droits par l'espérance de vie de la génération concernée et de la profession concernée.

Par contre, il n'intègre pas les “droits non contributifs” : avantages familiaux, périodes de chômage, minimum vieillesse. Dont le financement doit être clairement séparé des “droits contributifs”...et décidé politiquement (fiscalité spécifique).

Il permet aussi d'introduire une logique de “retraite à la carte” affranchie des obligations d'âge de départ, et donc sortir des histoires de “décôte-surcôte” et de nombre d'annuités obligatoires...du moins en ce qui concerne les “droits contributifs”.

 

En réalité, comme le rappelle Jean-Louis Malys, un des 2 représentants de la CFDT au COR : “Il n'y a pas de recette miracle”. Mais certains sont-ils prêts à l'entendre ? Au vu des expériences passées, on en doute ...

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