Vivre et consommer autrement

Publié le par Henri LOURDOU

 

« Vivre et consommer autrement :

un impératif de santé publique »


Trois informations, prises sur 1 seul mois de 2008, établissent clairement en quoi certains produits répandus sans précaution ni discernement contribuent à la dégradation de la santé publique...et accessoirement au creusement du fameux déficit de la Sécurité sociale.

Le 13 mars, le Tribunal correctionnel de Paris a débouté le Comité des Salines de France qui poursuivait le chercheur Pierre MENETON pour avoir affirmé : « Le lobby des producteurs de sel et du secteur agro-alimentaire industriel (...) désinforme les professionnels de la santé et les médias ».

Or, les études épidémiologiques ont clairement établie la corrélation entre l'apport en sel et la hausse de la pression sanguine. L'excès de sel représente, selon les pays, 15 à 20% du risque d'hypertension artérielle, derrière l'excès de poids, qui est le 1er facteur avec 20 à 25% du risque. En France, près de 47% des adultes (47% !) et 23% des enfants ont des apports journaliers en sel excédant la norme (haute) de 8 grammes, selon l'étude rendue publique en décembre 2007 par la Cnam et l'Institut de veille sanitaire. Résultat : 100 décès par jour dûs à un accident cardio-vasculaire, et surtout : près de 10 millions de personnes (sur 60 millions !) qui suivent un traitement contre l'hypertension. Coût estimé par l'Assurance maladie : 2,3 millions d'€ par an.

Un problème largement créé par les aliments transformés et les plats préparés.

On trouve du sel en grande quantité dans le pain industriel, les fromages, les charcuteries, mais aussi dans le chocolat, les confitures....

Le 4 avril, une étude française publiée dans l' « American Journal of Epidemiology » établit que le risque de cancer du sein est presque doublé chez les femmes ayant des taux sanguins élevés d'acides gras trans, provenant de graisses d'origine industrielle. Ces graisses (huiles végétales hydrogénées) sont présentes dans les pains industriels, viennoiseries, gâteaux, chips, pâtes à pizza...

Ces deux informations sont tirées du « Monde » du 16 avril.

Enfin, selon « le Nouvel Observateur » du 17 avril, le programme Interphone, à propos des effets des ondes électromagnétiques à hyperfréquence des téléphones portables, conclut, pour les 7 pays sur 13 qui ont achevé leur étude (dont la France) à un risque accru significativement de développer un gliome (tumeur cancéreuse au cerveau) en cas d'utilisation régulière pendant 10 ans.


Dans ces 3 cas, il est évident que la mise sur le marché de produits sans étude préalable sur leur dangerosité pour la santé est en cause.

Le problème est le même pour d'autres produits : des OGM aux nanotechnologies, la question ne peut plus être éludée. Au lieu de répéter mécaniquement que “le risque zéro n'existe pas” (ce dont tout le monde peut convenir ! ), les décideurs ont le devoir de faire preuve de vigilance et de discernement avant d'autoriser toute nouveauté.

Face à leur déficience manifeste en ce domaine jusqu'à présent, les citoyens ont raison de se tourner vers les produits, qui apparaissent commes sains et éprouvés, de l'agriculture biologique. Le surcoût apparent (de l'ordre de 20% en moyenne sur des produits de même type) peut être en grande partie compensé par une autre répartition de la consommation (moins de viande et plus de protéines végétales, moins de plats préparés). Quant au téléphone portable, usons-en avec modération, avec parcimonie et à bon escient !

Publié dans écologie

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