Economie sociale et solidaire

Publié le par Henri LOURDOU

 

Rencontre-débat du 14-12-05 à TARBES :

« L’Economie Sociale et Solidaire dans les territoires »

 

 

Cette rencontre était à l’initiative de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS), et avait pour but de faire un « état des lieux » dans la région. Elle s’inscrivait dans un cycle de 3 rencontres : les 2 premières ayant eu lieu à Toulouse et à Rodez dans les jours précédents.

Un secteur encore en voie de structuration :

L’économie sociale et solidaire ne date pas d’aujourd’hui, mais sa reconnaissance institutionnelle a été très progressive, puisque, par exemple, la création d’une Chambre régionale en Midi-Pyrénées ne date que de 2003. Aujourd’hui, les 22 régions métropolitaines en sont dotées, ce qui va faciliter la visibilité nationale et européenne du secteur.

Une structure en 4 collèges :

Si les valeurs communes aux différentes entreprises du secteur sont assez claires (priorité au facteur humain sur le facteur financier), les réalisations sont assez diverses, ce qui a amené à ce mode de représentation.

-collège des associations 

-collège des coopératives 

-collège des mutuelles

Ces 3 collèges sont définis par le statut juridique des structures qu’ils regroupent

-collège de l’économie solidaire : il a la particularité de regrouper toutes les initiatives qui ne rentrent pas dans les 3 premiers cadres, donc toutes les initiatives innovantes qui n’ont pas forcément encore trouvé le cadre juridique adéquat : c’est le cas des SCIC, coopératives d’activités ou d’emplois, « hébergées juridiquement » par les Scop du 2e collège, les Groupements d’employeurs…

Contenu résumé de la rencontre :

Après une brève présentation de Joseph Réveillère, président de la CRESS Midi-Pyrénées, la parole est laissée à Anne Aguiléra, du cabinet In Situ consultants, pour résumer l’étude quantitative et qualitative réalisée sur l’ESS en Midi-Pyr à la demande de la CRESS .

Quantitatif (d’après fichier Sirene de l’INSEE) :

Il en ressort que l’ESS représente 32 000 établissements, soit 13,2% du total, au 1er-1-03 ; et 100 000 salariés, soit 13% du total, sachant que par ailleurs les 2/3 des éts n’ont pas de salariés (ce qui est aussi le cas du total).

Les Hautes-Pyrénées sont légèrement sous-représentées en nombre d’éts (2856, soit 12% du total déptal), avec une prépondérance du secteur associatif (77% contre 70% en Midi-Pyr) sur le secteur coopératif (17% contre 26%) ; les activités les plus représentées sont les services collectifs, sociaux et à la personne avec une forte présence de l’hôtellerie-restauration ; c’est ici qu’on trouve le plus d’éts avec salariés, et not dans la tranche 20 à 49 salariés.

Qualitatif (d’après une quinzaine d’entretiens avec des « acteurs locaux ») :

Organisation démocratique des éts ; entreprendre autrement ; ancrage territorial (opposition avec la polarisation toulousaine des autres types d’éts).

Puis, il est demandé à chaque collège local de se présenter.

Associations : H.Lourdou souligne le challenge que représente le mandat de parler au nom d’un collège non structuré : la seule raison de l’accepter est que personne n’ayant plus de légitimité à le faire que les autres, il suffit peut-être de revendiquer sa non-représentativité.

Quelques réflexions générales sur la spécificité de l’associatif : le bénévolat, ici au service de valeurs que l’on pourrait résumer par « mettre l’économie au service de l’homme », donc chercher quelque chose entre le capitalisme sauvage et l’économie administrée par l’Etat, vieille idée présente dès les origines du mouvement ouvrier, et à laquelle on peut associer le nom de Proudhon.

Le bénévolat basé sur l’initiative individuelle amène à une réflexion sur le temps et la disponibilité : on peut remarquer le paradoxe que la montée du temps « libre » est parallèle à la baisse du militantisme, comme si le temps devenait en fait une denrée rare. Le paradoxe repose sur le fait que nous sommes dans une société qui est devenue une société de consommateurs où les sollicitations à consommer sont croissantes. D’où l’importance d’une consommation réfléchie : aujourd’hui, l’action des consommateurs est de plus en plus déterminante dans la situation et le devenir des producteurs. C’est le point de départ et la raison d’être de notre association ACE 65 que je vais donc vous présenter (cf texte livret d’engagement citoyen + évocation d’un développement encore à définir).

 

Les autres collèges se présentent à leur tour :

 

Mutualité française par Marcel Carrère : 76 mutuelles dans les HP, 77 000 familles et 157 000 personnes protégées. 6 centres d’optique, 5 centres d’audition, 2 centres d’accueil pour personnes en situation de précarité.

 

Coopératives par Michel Beaufort : pas d’organisme fédérateur, puisqu’on peut distinguer not les coopé agricoles des banques telles que le Crédit Mutuel ou le Crédit Coopératif, etc

Point commun : entreprises agissant dans le domaine économique. La loi de 1901 sur les assoc a ouvert la porte à leur création, mais ce n’est qu’en 1947 qu’un statut spécifique a vu le jour : la loi portant statut des coopé qui établit les critères = au bénéfice de leurs membres, sociétés de personnes et non par actions :1 homme = 1 voix.

Economie solidaire par une sympathique toulousaine (secrétaire genérale de la CRESS) dont je n’ai pas relevé le nom et qui nous présente l’Adepes(Agence pour le développement et la promotion de l’économie solidaire) qui sert de « tête de réseau » à ce collège.

Puis une initiative par collège est présentée :

<La difficile situation de Récup’actions est présentée par sa présidente, Arlette Dubalen : assoc d’utilité sociale créée il y a 10 ans, Récup’actions se situe dans le champ de l’insertion par l ‘économique et fédère différents chantiers d’insertion :

-collecte papier-cartons

-récup’vêtements

-récup’livres

-mob 65 (qui s’est autonomisée récemment)

-D 3 E (récup matériels électriques et électroniques) récemment créé.

Cela représente en fait 6 associations et 500 personnes.

La préparation du budget 2006 a posé problème, car la substitution des nouveaux emplois aidés CAE(Contrats d’Accompagnement à l’Emploi) aux anciens CES (Contrats Emploi Solidarité) se traduit par un coût supplémentaire. Il a donc fallu ramener les 80 CES à 20 CAE et se résoudre à la fermeture de récup’vêtements. Quant aux 10 permanents de l’association, leur licenciement est envisagé.

 

<L’analyse critique de la Mutualité française sur la Loi de Financement de la Sécurité Sociale est présentée par Christian Tisné.

Le non-traitement des causes du déficit structurel de la Sécu (assiette des cotisations basée uniquement sur les rémunérations ; rémunération des professions de santé à l’acte et non au forfait ; organisation hospitalière) se traduit par des mesures d’économies ciblées sur les plus faibles : restriction de l’accès à la CMU ; institution de la franchise de 18€.

<Les coopératives du 65 sont présentées par Pierre-Yves Salvagnac, secrétaire général de l’Union des Scop Midi-Pyrénées : il existe 8 Scop en HP sur les 100 de Midi-Pyrénées. Une perspective de développement se dessine avec la convention sur la transmission d’entreprises en Scop signée avec le CDDE 65 ; à côté de bureaux d’études, il existe aussi des entreprises industrielles en Scop, telle la Scopelec (téléphonie) qui vient de reprendre l’entreprise Teixeira de Maubourguet comme filiale.

<Les Cuma du 65 sont présentées par Mireille Fraysse, secrétaire de la fédé 65. Il y a 108 Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole (Cuma) en HP, comptant 2600 adhérents , soit 1 agriculteur sur 2. Elles s’organisent en « banques de travail » qui répartissent les plages d’utilisation du matériel acheté en commun. Le partage du risque à l’achat a favorisé l’innovation technique. Les Cuma emploient 30 ETP (Equivalents Temps Plein) sur le dépt.

 

Le temps consacré au débat bien que limité a permis de faire souligner que le secteur de l’économie sociale et solidaire représente 100 000 emplois sur la région, ce qui constitue une réalité à valoriser en rendant notre secteur plus visible.

La représentante du Conseil Régional, MP Vieu, a rappelé les orientations définies dans son budget 2006 :

Aide à la structuration et à la mise en place des projets sur 4 axes :

-services de proximité

-circuits courts

-coopération décentralisée dans le cadre du commerce équitable

-visibilité de l’économie solidaire.

 

Henri LOURDOU, pour ACE 65 .

Publié dans politique

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