réforme Allègre : courrier du 8-11-98 au "Monde"

Publié le par Henri LOURDOU

Face au mouvement des lycéens : les limites de la protestation.

Encore une fois, on a les adversaires que l’on mérite . Au simplisme d’un ministre répond, comme en écho, le simplisme d’une dénonciation qui se garde bien d’avancer la moindre piste de solution aux problèmes qu’elle soulève.

La tribune de C.Charles et B.Geay (Le MONDE du 5-11) a beau jeu de dénoncer la démagogie ministérielle : qui ne voit en effet que Claude Allègre a , encore une fois, botté en touche ?

Pour autant, cela ne dédouane pas ces auteurs du devoir de proposition de toute critique intellectuellement responsable.

Or que font-ils sinon jeter aux ordures tous les efforts de ceux qui depuis des années s’investissent dans les lycées pour faire évoluer leur fonctionnement quotidien dans le sens d’une vraie démocratisation ? Et cela au motif qu’ils ne feraient ainsi que participer à “renforcer l’anomie du système”. Ce faisant nos bons auteurs ne font qu’apporter un peu plus d’eau au moulin de ceux qui s’accrochent aux ruines du lycée napoléonien.

Nous avons au Sgen-CFDT d’autres ambitions : réussir une vraie démocratisation du lycée en tenant les 2 bouts de la chaîne. Réforme des structures, telles que celles proposées par le rapport Meirieu, et dégagement des moyens nécessaires sont les 2 aspects indissociables d’une démocratisation effective.

Apparemment désespérée, face à la radicalisation des 2 simplismes qui les séparent systématiquement, notre démarche a pour elle l’avantage de la cohérence intellectuelle. Nous parions sur l’intelligence face au déchaînement des passions idéologiques : des lycéens plus nombreux qu’autrefois l’ont compris en refusant l’impasse du radicalisme jusqu’au-boutiste. Il reste à construire le large front d’une réforme réussie contre l’austérité budgétaire. Au travail !

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