Le Sgen 79 et les retraites : décembre 95 et après

Publié le par Henri LOURDOU

Le Sgen 79 et les retraites

(Positionnement en décembre 95... et après)

“ECHO DE L’ECOLE” n°260 du 14/12/95

 “RETRAITE : un dossier trop tôt refermé :
Le statu quo ne répond pas aux interrogations et ne remet pas en cause la réforme de 93 pour le régime général.”(p2)

“NOS OBJECTIFS : NEGOCIER.(...) Remise en discussion de la réforme Balladur de 1993 sur les retraites et mesures négociées sur l’avenir de l’ensemble des retraites.”(p3)

Intervention du Sgen (H.LOURDOU) au débat intersyndical sur le bilan du mouvement à Thouars (réunion publique appelée par CGT, FSU, SE-FEN et Sgen-CFDT le 5/2/96) :

Or, le débat public sur l’avenir des retraites, il faudra bien l’avoir si on ne veut pas se retrouver dans la situation du 15 novembre dernier : c’est-à-dire une mise à l’index des fonctionnaires désignés comme des privilégiés. Il ne suffira pas de s’en tenir au mot d’ordre incantatoire du retour aux 37,5 annuités pour le régime général. On voit déjà fleurir, y compris dans la Fonction Publique, les systèmes d’épargne-retraite individuels qui montrent bien la méfiance qui s’est installé chez les salariés par rapport à l’avenir des retraites. Il faut couper court à ce début de sauve-qui-peut général en ayant le courage de poser le problème des sacrifices financiers nécessaires à la survie de notre système de solidarité entre les générations : si l’on veut que les actifs de l’avenir continuent à payer pour les retraités de l’avenir, il faudra bien en évaluer le coût et en répartir équitablement la charge.

Le mouvement syndical a là une responsabilité à laquelle il ne peut se dérober.(...)

Questionnaire aux adhérents Sgen79 sur le mouvement de décembre (Synthèse parue dans “l’Echo de l’école”n°278 du 24/10/96, p7): 

“Opinions (...) mitigées sur les retraites : si 52% estiment que la norme des 37,5 annuités devrait être maintenue, y compris dans le privé, 48% pensent qu’il aurait fallu en discuter de façon approfondie.”

Les items proposés dans le questionnaire étaient les suivants :

La modification des retraites des fonctionnaires ne peut être dissociée de l’ensemble des carrières

Le passage à 40 annuités est inévitable

Les régimes de retraite du secteur public sont des acquis de la fonction publique qu’il faut défendre par principe

La question des retraites aurait due être posée conjointement avec celle de l’emploi

La retraite après 37,5 annuités devrait être la norme y compris dans le privé.

Intervention du Sgen 79 au 7e Congès URI-CFDT Poitou-Charentes des 22 et 23 mai 1997 à La Rochelle :  “(...)si nous nous sommes investis dans ce mouvement, c’est que(...)nous avons senti des aspirations positives chez les salariés. Cela s’est traduit très précisément dans notre section syndicale de la cité scolaire J.Moulin par la mise en avant dès le 1er jour d’une demande de négociation d’ensemble sur tous les régimes de retraite et pas seulement les régimes dits spéciaux. La réforme autoritaire du régime général de l’été 93 est le type-même de ce que nous refusons : une décision imposée d’en haut, sans concertation et sans débat public

(...) “La ligne de conduite que nous avons adoptée a été d’accompagner la révolte des salariés en tenant un discours de vérité : le plan Juppé comportait des points positifs mais aussi des points négatifs, la question des retraites de la fonction publique ne pouvait être posée indépendamment de celle des retraites du régime général (et ceci sans préjuger des réponses à y apporter).

(...) Le trouble était réel. Si réel que le rapport Notat au Conseil National de janvier 97 l’a enfin pris en compte.

Nous entendons bien que cette prise en compte se répercute à tous les niveaux de l’organisation.

A cet égard nous avons des inquiétudes. Lorsque nous lisons dans le rapport d’activité (p13) “qu’il n’était pas possible, au regard des diktats gouvernementaux, et de la riposte immédiate des syndicats, de proposer un débat public (sur les retraites) dans des conditions qui auraient pu faire avancer les points de vue”, nous trouvons l’analyse un peu courte.

De quels points de vue s’agit-il ? Celui du gouvernement ? Celui des salariés ? Pourquoi aurait-il fallu qu’un débat public débouche immédiatement sur un accord ? Notre responsabilité n’était-elle pas, n’est-elle pas toujours de faire avancer d’abord le point de vue des salariés ? Nous n’avons pas joué à cette occasion dans le sens de la solidarité : au contraire, en nous abstenant, nous avons creusé l’écart entre public et privé. Comment allons-nous le gérer à l’avenir ? Une grande occasion de clarification a été perdue. Le débat risque de resurgir sous la forme dévoyée d’une opposition entre salariés du public et salariés du privé : est-ce bien ce que nous voulons à la CFDT ?

Il n’est pas trop tard pour redresser la barre : nous attendons des propositions pour, à l’interne, construire une démarche revendicative commune privé/public sur les retraites qui serait une contribution à notre positionnement confédéral sur le sujet (...) ”

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