La démocratie dans l'Ecole

Publié le par Henri LOURDOU

Note de lecture :

Claire RUEFF-ESCOUBES

“La démocratie dans l’école - Une pratique d’expression des élèves.”

(Syros, 1997, 240p., 125F)

Sous ce même titre, un premier ouvrage paraissait il y a maintenant 10 ans. Il relatait les débuts d’une aventure qui s’est perpétuée : la mise en place d’une méthode d’expression collective des élèves à l’école.

Aujourd’hui, au moins 250 classes du secondaire de l’enseignement public ont expérimenté, sur une année scolaire

ce “dispositif d’expression collective des élèves”(DECE).

Celui-ci consiste pour les élèves d’une classe à se réunir une fois par trimestre pendant 2 heures en l’absence des figures d’autorité et de pouvoir que représentent pour eux les enseignants, mais dans le cadre d’un dispositif très précis où leur Conseiller d’Orientation-Psychologue (co-psy) joue le rôle de médiateur. Cette médiation est la condition et la garantie de l’élaboration vraiment collective de leur expression et de sa recevabilité. Le co-psy transmet en effet à l’équipe pédagogique de la classe, voire à l’administration les réflexions que les élèves souhaitent communiquer. Mais l’intérêt principal réside dans l’apprentissage de l’expression collective qui s’effectue en s’appuyant sur un vécu lui-même collectif.

Qui ne voit l’intérêt du DECE à l’heure où le thème de la socialisation est devenu incontournable dans tout propos sur les missions de l’école ?

Il est donc temps qu’il soit évalué officiellement dans la perspective de sa généralisation.

Qu’est-ce qui s’y oppose ? Entre autres un certain “air du temps” dont le texte de Jacques JULLIARD :”L’école de la tyrannie”, analysé avec rigueur et sérénité par Gérard MENDEL dans sa préface, constitue un symptôme exemplaire (ce texte, paru dans le “Nouvel Obs”, fut affiché dans mainte salle des prof’ et parfois sur le panneau d’un syndicat réputé de gauche...). Il montre que la nostalgie de l’autorité traditionnelle n’est plus aujourd’hui l’apanage de la droite extrême, mais s’insinue dans les milieux les plus inattendus de notre société en perte de repères. Reconnaître un droit à l’expression des élèves, même intégré dans un cadre bien défini, suscite donc de puissants fantasmes de peur.

Est-ce à dire que le chemin de l’expression collective des élèves soit un fleuve tranquille ?

Nullement. C’est ce que montrent les diverses expériences rapportées dans ce livre, et , depuis 1991, par le bulletin trimestriel de l’APECE, association regroupant praticiens et sympathisants du DECE. Ceux-ci sont encore trop peu nombreux : or, soutenir cette expérience c’est parier pour une école citoyenne face aux dangers bien réels de régression autoritaire.

APECE 16, rue C.Desmoulins, 18 000 BOURGES.

Henri LOURDOU.

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