Le syndicalisme et la transition écologique

Publié le par Henri LOURDOU

Le syndicalisme et la transition écologique :

un enjeu encore difficile à assimiler.

 

Lors du congrès constitutif de l'Union Régionale Interprofessionnelle(URI) CFDT Occitanie, le 2 juin 2017, un débat fort éclairant a eu lieu à l'occasion d'un amendement à la résolution d'orientation posé par l'UTR (Union Territoriale des Retraités) des Hautes-Pyrénées, dont je fais partie.

Cet amendement visait à souligner la cohérence de l'orientation affichée en faveur du "développement durable", en précisant que notre engagement dans une politique industrielle devait être "compatible avec les mutations écologiques".

Et ce sur deux plans, explicités dans l'intervention de présentation de l'amendement : la décarbonation de l'économie (lutte contre le changement climatique), et la santé (évitement des agents pathogènes). Nous donnions comme exemple sur ce second aspect la question de l'amiante : dénoncée dès 1906 dans un rapport d'Inspecteur du Travail, et interdite seulement en 1996, après avoir été défendue longuement "au nom de l'emploi" par un "comité amiante" regroupant patrons...et syndicalistes ! D'où l'importance d'être cohérents dans nos engagements.

A notre grand étonnement, l'intervention du syndicat opposé à notre amendement a argumenté comme si celui-ci était une manifestation d'opposition de principe à toute activité industrielle... S'appuyant ainsi sur une image caricaturale des "écologistes baba cool" seulement préoccupés d'un retour à la nature naïf et dogmatique.

L'amendement était également refusé par le Conseil de l'URI, au motif qu'il était "inutile" car redondant avec le reste du texte affichant les "mutations écologiques" comme l'un des enjeux de notre action.

Résultat : l'amendement est repoussé par 73,71% des mandats contre et 26,29% pour.

 

Ce débat et ce résultat montrent à mon avis deux choses.

La première est que la sensibilité à l'enjeu écologique a enfin pénétré le mouvement syndical. En effet, le simple fait que ce débat ait lieu aurait été impensable il y a quelques années encore.

Par ailleurs, le fait que l'amendement recueille 26% des voix malgré le tir de barrage qu'il a subi, avec l'artillerie lourde en ce qui concerne le syndicat opposé, et l'avis défavorable du Conseil de l'URI, montre que de nombreux militants syndicaux sont gagnés pleinement à l'importance de cet enjeu.

 

Par contre, la seconde chose que ce résultat montre est que l'affichage d'une prise en compte de cet enjeu ne suffit pas. La fausseté et la pauvreté des arguments utilisés pour le contrer témoigne d'une méconnaissance encore largement répandue de ce que représente la transition écologique. A ce titre, l'argument du conseil de l'URI sur l'inutilité de cet amendement tombe à plat. Au contraire de cette affirmation, le débat et le résultat du vote montrent bien que ce débat était utile pour mesurer où en est encore le mouvement syndical : au début d'une prise de conscience qu'il va falloir approfondir et élargir.

Publié dans écologie, syndicalisme

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