Pourquoi je voterai HAMON le 23 avril

Publié le par Henri LOURDOU

Pourquoi je voterai HAMON le 23 avril.

 

Dans cette élection hors-normes, un seul candidat incarne à mes yeux l'ensemble de 4 valeurs et principes qui me sont chers.

Tout d'abord la Justice

En mettant dans le débat public la question du revenu universel d'existence, Benoît HAMON est le seul candidat à donner chair à l'ambition qui présida en 1945 à la naissance de la Sécurité Sociale.

Fils, neveu, frère et cousin d'anciens et actuels employés de la Sécu, je suis particulièrement sensible à cela.

En effet la Sécu est aujourd'hui menacée, non seulement par le lobby des assurances privées, incarné par François FILLON et son conseiller DE CASTRIES, PDG d'AXA, mais aussi par ses dérives, depuis 50 ans vers la logique assurantielle.

L'empilement de dispositifs ciblés et de plus en plus complexes, encourage à la fois la fraude, mais surtout le non recours aux droits et la défiance généralisée.

En remettant l'universalité au coeur du système, Benoît HAMON y met également la question du "travail caché" et gratuit que chacun doit de plus en plus concéder au nouveau capitalisme numérique incarné par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Loin d'être une prime à la fainéantise, le revenu universel d'existence est un instrument de dé-stigmatisation des pauvres et de reconnaissance d e la participation de chacun à la société. Il est la Sécurité sociale du 21e siècle.

Quant aux chiffres fantasmagoriques exhibés par les adversaires de cette mesure, il suffit de se souvenir qu'on a assisté rigoureusement à la même chose en 1945 lors de la naissance de la Sécu. Il s'agit d'un choix politique : dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle des centaines de milliers de SDF et d'un apartheid social qui se renforce ? Ou une société solidaire où la richesse est un minimum partagée ?

Ensuite le Progrès

Aujourd'hui, le Progrès c'est de sortir de la société qui a transformé ce mot en obscénité. A savoir la société "thermo-industrielle" où la fabrication d'énergie est la base de tout.

Combattre le dérèglement climatique, le danger nucléaire, la perte de biodiversité, la destruction des sols, la pollution de l'air, les migrations forcées de populations entières, est un seul et même combat. C'est le combat de la maîtrise de la mondialisation par la transition écologique.

Il n'y aura pas de retour en arrière dans une souveraineté nationale vidée de toute substance : ce combat est mondial et doit nous projeter d'emblée à l'échelle européenne où une nouvelle souveraineté est à construire.

Benoît HAMON est le seul candidat à porter cette double exigence : la transition écologique et l'Europe du peuple européen souverain en construction.

 

Si ces deux valeurs de la Justice et du Progrès on fondé historiquement ce qu'on a appelé la Gauche, il faut à mes yeux y ajouter deux autres valeurs que certains à Gauche ont eu trop souvent le tort de négliger.

Et puis la Vérité

Je m'en réfèrerai à Jaurès : "Le courage c'est de chercher la vérité, et de la dire" (Discours à la jeunesse). La vérité aujourd'hui, c'est de dire, contre tous les populismes qui montent, y compris le "populisme de Gauche", théorisé par certains, que la démocratie ne peut fonctionner efficacemetn qu'avec des "corps intermédiaires" : partis, syndicats, associations, dont le rôle est fondamental. Ce sont eux, et seulement eux, qui peuvent co-construire la décision vraiment démocratique en construisant des consensus majoritaires réfléchis.

En effet, ceux-ci ne peuvent émerger directement d'un "peuple imaginaire" dont la parole spontanée ne demanderait qu'à être enregistrée par un leader bienveillant et attentionné.

Ce mensonge populiste, cultivé par de nombreux candidats, prétendant parler "au nom du peuple" ou incarner "la force du peuple", doit être combattu.

En mettant en oeuvre des négociations entre partis, et donc des compromis, Benoît HAMON a refusé le mensonge populiste.

Rendre aux partis leur rôle, et donc au citoyen le goût durable de s'engager, passe par une rénovation profonde du fonctionnement des partis et de nos institutions, non par leur suppression ou leur instrumentalisation par un démiurge soi-disant tout-puissant. Et notamment en supprimant le fiction présidentialiste de la 5e République, au profit d'une nouvelle République, clairement parlementaire et vraiment participative et inclusive.

La vérité c'est aussi de reconnaître que l'ignoble Trump a eu raison de frapper la base aérienne d'où sont parties les dernières attaques chimiques de l'encore plus ignoble Assad. Effaçant en partie la honte attachée à l'abandon de la révolution syrienne par Obama en 2013, il redonne ainsi une chance à une vraie négociation pour permettre aux dix millions de Syriens déplacés de pouvoir rentrer chez eux et reconstruire leur pays dans la dignité. C'est-à-dire après le départ de Bachar Al-Assad, principal obstacle à la paix.

La Liberté enfin

C'est de donner à chacunE la chance de pouvoir vivre sa vie comme il l'entend, et de stopper l'inflation des dérives sécuritaires et racistes qui grignotent nos libertés. C'est donc, en particulier, être solidaire, pleinement solidaire, de tous ceux qui luttent pour la liberté au Sud et à l'Est de la Méditerranée, et dont le lâche abandon alimente les deux forces réactionnaires qui s'y opposent : les dictatures en place et le djihadisme armé.

Un pseudo-pacifisme s'y oppose : c'est la réplique des "munichois" de la fin des années 30. Ils ont le choix entre le déshonneur et la guerre pour le Droit : ils choisissent le déshonneur, et ils auront la guerre...dans les pires conditions.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai pour Benoît HAMON.

Commenter cet article