Etienne BALIBAR et le "populisme de gauche" : une étrange complaisance

Publié le par Henri LOURDOU

Etienne BALIBAR et le "populisme de gauche" : une étrange complaisance

 

Je pensais qu'on pouvait compter sur Etienne BALIBAR pour analyser sans complaisance l'impasse où nous entraîne cette idéologie. Il n'en est rien hélas comme le montre l'extrait de la tribune ci-dessous du 27 mars, à l'occasion des 60 ans du "traité de Rome" :

 

"Enfin, il faut crever l’abcès du «populisme». En vérité, ce n’est que l’envers de la question du démos européen, et celui-ci n’est que l’appellation symbolique qui recouvre le problème de l’élargissement des pratiques démocratiques. Le populisme n’est pas le nationalisme, même si par le biais du souverainisme il communique largement avec lui, à droite et à gauche. Il n’est pas non plus le fascisme, bien que les courants xénophobes à l’offensive dans presque tous les pays européens (et singulièrement chez nous) en colonisent le langage «antisystémique», sinon les objectifs institutionnels. Tout ce que l’establishment universitaire et médiatique compte d’experts et de porte-parole semble coalisé pour renforcer ces amalgames. Il faut au contraire les dénouer méthodiquement pour imaginer et constituer l’alliance entre l’exigence de souveraineté populaire et celle de dépassement des identités exclusives."Tribune : L’Europe à venir ? Par Etienne Balibar, Philosophe — 27 mars 2017 à 17:26 , http://www.liberation.fr/debats/2017/03/27/l-europe-a-venir_1558691

 

Il est bien beau de condamner "l'establishment universitaire et médiatique", en un raccourci qui relève du populisme le plus pur, encore faudrait-il argumenter qu'on pratique des "amalgames" en constatant que le discours populiste alimente en effet le nationalisme et la xénophobie...

Quant à les "dénouer" (ces "amalgames"), la seule façon à mon avis de le faire est de s'appuyer sur les valeurs et affects clairement de gauche et libéraux que sont la liberté, la tolérance et la modération alliés à la justice et au progrès. C'est ainsi, et ainsi seulement, que nous construirons l'identité d'un peuple européen à même d'exercer sa souveraineté sans céder à l'exclusivisme identitaire !

 

C'est pourquoi je voterai Benoît HAMON le 23 avril.

Commenter cet article