Pour l'honneur de la police et de la gendarmerie

Publié le par Henri LOURDOU

Pour l'honneur de la police et de la gendarmerie républicaines,

 

il faut mettre fin aux bavures racistes à répétition.

 

La France a le triste privilège de ne tenir aucun compte officiel des "bavures" policières. Contrairement à beaucoup de pays européens.

Du coup d'autres chiffres circulent, comme dans l'appel ci-après :

"Un par mois. C'est, en moyenne, le nombre de pères, de frères, de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes : des techniques de pliage qui conduisent à l'asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de Taser qui, dans les pires des cas, s’avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de 40 ans, les nôtres sont ainsi tués par l’État Français, aux mains de ceux que l'on appelle ironiquement les "gardiens de la paix". Régulièrement depuis plus de 40 ans, c’est l'impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts." https://www.change.org/p/france-fin-de-l-impunit%C3%A9-et-des-violences-d-%C3%A9tat


 


 

"L'incident" d'Aulnay sous Bois, le 2 février dernier, n'est que le dernier d'une longue liste.

Ceci dans un contexte très bien décrit par la journaliste Florence Aubenas après une "immersion" de 10 jours au commissariat de Sarcelles en décembre dernier (http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/12/29/plongee-au-c-ur-du-malaise-policier-florence-aubenas-relate-le-quotidien-du-commissariat-de-sarcelles_5055209_1653578.html ).

 

Que révélait-il ? Une grande misère matérielle du commissariat, condamné à fonctionner avec des "bouts de chandelle" d'une part. Ainsi qu'un sentiment profond de dévalorisation et de victimisation.

 

Mais aussi, d'autre part, et même si c'est, comme à son habitude seulement décrit et non commenté, un état d'esprit malsain. Celui-ci est révélé par le fait qui ouvre et qui ferme le reportage : l'interpellation chez lui du jeune Kévin. Visiblement ce n'est pas la première ("Encore !" commente sa mère en ouvrant la porte aux policiers). II aurait "pris rendez-vous avec une dame sur Leboncoin pour lui acheter son portable et le lui aurait arraché. Mais avant, il avait envoyé une adresse mail avec son nom pour la facture." "Qu'il est bête !" recommente la mère.

Kévin, interrogé au poste, nie : à l'heure du vol il suivait un cours d'auto-école. Scepticisme goguenard du fonctionnaire de police : il croit lui aussi à la bêtise de Kévin.

D'autant que la victime, convoquée, et malgré que dans sa plainte elle ait "signalé un grain de beauté à gauche sur le menton de son agresseur" ("Il n'y est pas") ,elle, "est sûre quand même que c'est Kévin, elle le reconnaît pendant le "tapissage" et la confrontation." Elle demande aux policiers : "Il va être condamné ?" Tout le monde hoche la tête en riant : "C'est sûr".

Et on apprend en fin de reportage que "l'employée de l'auto-école a formellement identifié Kévin. Elle a montré le résultat du test qu'il a passé exactement à l'heure du vol pour l'examen du code. Un ami, peut-être, aurait utilisé son e-mail ? Le magistrat a libéré Kévin."

 

Que nous révèle cette histoire ? Un racisme latent qui traverse toute la société (cette bonne dame du boncoin qui reconnaît si facilement son agresseur : ces "bronzés" se ressemblent tous !), et qui imprègne aussi la police (Kévin est noir donc bête, et ce cliché est lui-même intégré par sa propre mère).

C'est ce racisme qui crée ce sentiment à la fois de vulnérabilité et de toute-puissance de certains policiers et gendarmes. Ils se sentent en "terre étrangère" et "incompris" dans leurs commissariats et gendarmeries "bunkérisés" et miséreux. Ils résistent à leur façon à ce sentiment de dévalorisation en en rajoutant dans le sécuritaire et l'autoritarisme de façade. Et l'étape suivante, pour certains, est l'endoctrinement fasciste et raciste qui permet de justifier et sécuriser les comportements hors des clous. D'où la demande d'un "droit à la légitime défense élargi".

 

Aujourd'hui, "le ver est dans le fruit". Il n'est plus temps de se contenter de poursuites épisodiques sur les bavures les plus scandaleuses.

Il faut prendre le problème à bras-le-corps.

En finir avec la misère matérielle des forces de l'ordre et de leurs conditions de travail. Mais pour que cela ait un sens, il faut épurer la police et le gendarmerie de tous les éléments fascisants qui les gangrènent depuis des années. C'est la condition indispensable pour leur rendre leur honneur et leur crédibilité.

Que ceux qui n'hésitent pas à fermer les mosquées salafistes, n'hésitent pas non plus à épurer les fascistes des commissariats et gendarmeries !

C'est une nécessité pour l'avenir de notre démocratie.

 

 

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